Le roi des Belges a recours à un informateur
Le premier ministre sortant est chargé de trouver une issue à la crise qui perdure depuis 176 jours
Bruxelles — Le roi Albert II de Belgique a demandé hier au premier ministre sortant, Guy Verhofstadt, chargé d'expédier les affaires courantes, de trouver une issue à l'impasse dans laquelle le pays est plongé.
Le libéral flamand, qui dirige depuis 1999 une coalition composée de sa famille politique et des socialistes (les grands perdants des élections du 10 juin), se voit donc investi d'un rôle totalement inédit qui illustre le désarroi des dirigeants du royaume 176 sjours après le scrutin.
Dans un bref communiqué publié hier soir, le palais annonce que le roi a demandé à M. Verhofstadt «de l'informer à très court terme sur la manière de sortir de l'impasse actuelle, et de prendre tous les contacts nécessaires à cet effet».
Samedi, le démocrate-chrétien flamand Yves Leterme, qui avait été chargé de former un gouvernement entre sa famille politique et les libéraux, a donné sa démission au roi après avoir estimé qu'il était impossible de mettre d'accord Flamands et Wallons sur une nouvelle réforme de l'État.
Il s'agit d'une belle revanche pour l'actuel premier ministre qui, malgré une très bonne image personnelle dans l'opinion, particulièrement dans la partie francophone du pays, n'a pas pu empêcher la défaite électorale de son parti.
Pendant huit ans, M. Verhofstadt s'est ingénié à apaiser les tensions entre les deux communautés, mettant entre parenthèses les revendications de la Flandre pour plus d'autonomie, ce qui explique aussi son piètre score dans sa région.
M. Verhofstadt a dit vouloir d'abord «régler certains dossiers urgents qui dépassent le cadre des affaires courantes»: il devrait demander que son gouvernement, qui ne dispose pas des pleins pouvoirs, puisse prendre les mesures qui s'imposent, comme l'adoption d'un budget pour 2008. Il devra bénéficier de l'appui d'autres partis, puisqu'il ne dispose pas d'une majorité à la Chambre, et les écologistes n'ont pas exclu hier de faire l'appoint.
L'équipe sortante pourrait également préparer le terrain à la réforme de l'État voulue par les Flamands, par exemple par la mise en place d'une Convention chargée d'y réfléchir. Certains évoquent même la possibilité que M. Verhofstadt gère le pays jusqu'aux élections régionales
de 2009.
Mais l'actuel premier ministre ne pourra se contenter de s'accrocher à son poste, et sa mission d'informateur l'obligera à écouter tous les points de vue pour sortir de la crise, quitte à s'effacer s'il trouve une porte de sortie.
Une bonne partie de la classe politique ne goûte guère une solution qui verrait les socialistes prolonger leur bail au gouvernement malgré leur défaite électorale, et Guy Verhofstadt a lui-même dit qu'il faudrait une réforme de l'État.
Pour les libéraux et les démocrates-chrétiens, la piste privilégiée reste une coalition Orange bleue, mélange des couleurs traditionnelles de ces deux familles politiques. Le président des libéraux francophones, Didier Reynders, a jugé possible hier de former rapidement une coalition de ce type axée sur le socio-économique tout en mettant la Convention en place. «C'est tout à fait possible», a-t-il déclaré à la télévision publique RTBF.
Son parti a en effet répondu positivement aux dernières propositions d'Yves Leterme afin de débattre des revendications flamandes dans le cadre de la Convention. Mais les démocrates-chrétiens francophones (CDH) les ont rejetées, estimant qu'il n'y avait pas assez de garanties. Le CDH craint que le mécanisme proposé, qui permettrait d'adopter les réformes exigées par les Flamands même si une majorité de députés francophones s'y opposent, n'aboutisse à un coup de force flamand dommageable aux intérêts wallons.
Le libéral flamand, qui dirige depuis 1999 une coalition composée de sa famille politique et des socialistes (les grands perdants des élections du 10 juin), se voit donc investi d'un rôle totalement inédit qui illustre le désarroi des dirigeants du royaume 176 sjours après le scrutin.
Dans un bref communiqué publié hier soir, le palais annonce que le roi a demandé à M. Verhofstadt «de l'informer à très court terme sur la manière de sortir de l'impasse actuelle, et de prendre tous les contacts nécessaires à cet effet».
Samedi, le démocrate-chrétien flamand Yves Leterme, qui avait été chargé de former un gouvernement entre sa famille politique et les libéraux, a donné sa démission au roi après avoir estimé qu'il était impossible de mettre d'accord Flamands et Wallons sur une nouvelle réforme de l'État.
Il s'agit d'une belle revanche pour l'actuel premier ministre qui, malgré une très bonne image personnelle dans l'opinion, particulièrement dans la partie francophone du pays, n'a pas pu empêcher la défaite électorale de son parti.
Pendant huit ans, M. Verhofstadt s'est ingénié à apaiser les tensions entre les deux communautés, mettant entre parenthèses les revendications de la Flandre pour plus d'autonomie, ce qui explique aussi son piètre score dans sa région.
M. Verhofstadt a dit vouloir d'abord «régler certains dossiers urgents qui dépassent le cadre des affaires courantes»: il devrait demander que son gouvernement, qui ne dispose pas des pleins pouvoirs, puisse prendre les mesures qui s'imposent, comme l'adoption d'un budget pour 2008. Il devra bénéficier de l'appui d'autres partis, puisqu'il ne dispose pas d'une majorité à la Chambre, et les écologistes n'ont pas exclu hier de faire l'appoint.
L'équipe sortante pourrait également préparer le terrain à la réforme de l'État voulue par les Flamands, par exemple par la mise en place d'une Convention chargée d'y réfléchir. Certains évoquent même la possibilité que M. Verhofstadt gère le pays jusqu'aux élections régionales
de 2009.
Mais l'actuel premier ministre ne pourra se contenter de s'accrocher à son poste, et sa mission d'informateur l'obligera à écouter tous les points de vue pour sortir de la crise, quitte à s'effacer s'il trouve une porte de sortie.
Une bonne partie de la classe politique ne goûte guère une solution qui verrait les socialistes prolonger leur bail au gouvernement malgré leur défaite électorale, et Guy Verhofstadt a lui-même dit qu'il faudrait une réforme de l'État.
Pour les libéraux et les démocrates-chrétiens, la piste privilégiée reste une coalition Orange bleue, mélange des couleurs traditionnelles de ces deux familles politiques. Le président des libéraux francophones, Didier Reynders, a jugé possible hier de former rapidement une coalition de ce type axée sur le socio-économique tout en mettant la Convention en place. «C'est tout à fait possible», a-t-il déclaré à la télévision publique RTBF.
Son parti a en effet répondu positivement aux dernières propositions d'Yves Leterme afin de débattre des revendications flamandes dans le cadre de la Convention. Mais les démocrates-chrétiens francophones (CDH) les ont rejetées, estimant qu'il n'y avait pas assez de garanties. Le CDH craint que le mécanisme proposé, qui permettrait d'adopter les réformes exigées par les Flamands même si une majorité de députés francophones s'y opposent, n'aboutisse à un coup de force flamand dommageable aux intérêts wallons.
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