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30 autres policiers sont blessés - Deuxième soir de violences dans une banlieue parisienne

Le président Nicolas Sarkozy a appelé au calme depuis la Chine

27 novembre 2007  Europe
Villiers-le-Bel — Des affrontements ont repris hier soir entre jeunes et forces de l'ordre dans une banlieue de Paris où 40 policiers avaient été blessés la veille dans des violences après la collision mortelle de deux jeunes avec une voiture de police, deux ans après les émeutes de 2005. Hier, une trentaine d'autres policiers ont été blessés par des tirs de grenaille.

Près d'une centaine de jeunes cagoulés jetaient des projectiles sur les forces de l'ordre qui répliquaient à coups de flashball et de gaz lacrymogène, à l'entrée d'une des cités de Villiers-le-Bel, commune située à 20 kilomètres environ au nord de Paris.

Plusieurs véhicules étaient en feu, dont une voiture de police et une benne à ordures, ainsi que des poubelles. Des débris de projectiles, notamment du verre, jonchaient la chaussée. Un autre véhicule de la police était saccagé, selon les journalistes sur place.

Par crainte de nouveaux affrontements, des renforts de police anti-émeute, 160 hommes au total, avaient été déployés hier soir sur cette commune secouée par six heures d'émeutes dimanche.

Le président Nicolas Sarkozy a appelé au calme depuis la Chine où il était en visite. Il faut «que chacun s'apaise et qu'on laisse la justice déterminer les responsabilités des uns et des autres», a-t-il dit.

Des policiers et des responsables locaux ont souligné que ces violences témoignaient de la fragilité de la situation dans certaines banlieues françaises, théâtre en 2005 d'émeutes sans précédent déclenchées par la mort accidentelle de deux adolescents qui fuyaient la police.

Dimanche, la mort de deux jeunes dont la mini-moto a heurté une voiture de police, a rapidement embrasé Villiers-le-Bel, les jeunes considérant qu'il s'agissait d'une «bavure» policière.

Parmi les 40 policiers blessés, selon la justice, un commissaire a été frappé à coups de barre de fer au visage et à la poitrine, ainsi qu'un pompier. Une trentaine de voitures et cinq bâtiments dont un poste de police ont été incendiés dans les violences de dimanche.

La justice a évoqué de «véritables émeutes», et a confié une enquête à l'inspection générale de la police nationale (IGPN), la «police des polices», sur les circonstances de l'accident.

Selon la procureure Marie-Thérèse de Givry, trois témoins ont confirmé la version des policiers qui disent avoir été percutés par la moto des deux adolescents. «Tout a été fait pour tenter de les sauver», a-t-elle affirmé.

Les familles des deux adolescents ont demandé que «justice soit faite, dans le calme et la sérénité».

Un syndicat de police a estimé hier que «les braises couvent sous les cendres» depuis 2005 et que la police ne pouvait à elle seule «répondre aux causes sociales de la situation dans les quartiers sensibles».

À l'automne 2005, trois semaines d'émeutes avaient secoué les banlieues défavorisées à forte population originaire d'Afrique sub-saharienne et du Maghreb, où le taux de chômage des jeunes atteint parfois jusqu'à 50 %, forçant le gouvernement à décréter l'état d'urgence.
 
 
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