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Ouverture de négociations sur les retraites en France

22 novembre 2007  Europe
Paris — Des négociations se sont ouvertes hier en France pour sortir de la grève dans les transports, entrée dans sa deuxième semaine, mais le climat a été alourdi par des actes de vandalisme dans les chemins de fer, soulignant les risques de dérapage.

La veille, le président Nicolas Sarkozy avait rappelé sa détermination à ne «pas céder» sur la réforme des régimes spéciaux de retraite, au coeur du conflit, et demandé une reprise rapide du travail.

Les premières discussions tripartites entre syndicats, gouvernement et entreprises, qui pourraient durer un mois, ont commencé hier matin à la Régie autonome des transports parisiens (RATP) — métro, autobus — et, dans l'après-midi, à la Société nationale des chemins de fer français (SNCF).

Plusieurs centaines de cheminots s'étaient rassemblés dans une ambiance tendue devant le siège de la SNCF, protégé par un important cordon de gendarmes mobiles, pour demander le «retrait de la réforme».

Parmi les mesures envisagées, des augmentations de salaire ou la création de retraites complémentaires pourraient compenser l'allongement de la durée de cotisations de 37,5 à 40 ans, une mesure sur laquelle le gouvernement refuse de revenir.

Les syndicats sont d'accord pour discuter: les usagers sont de plus en plus exaspérés et les responsables économiques multiplient les messages alarmants sur les conséquences de la grève. Mais ils sont confrontés à un noyau dur de grévistes qui souhaitent au contraire une radicalisation du conflit.

La tension est montée d'un cran hier matin avec l'annonce d'actes de vandalisme qui ont visé les voies des trains à grande vitesse (TGV), dont le trafic est supérieur à celui des autres trains.

La direction de la SNCF a dénoncé une «action coordonnée de sabotage» visant à «contrer la reprise observée des trafics». Des câbles ont été incendiés et des commutateurs de signalisation fermés. Au total, 18 plaintes pour «dégradations» de matériel ferroviaire ont été déposées.

Devant les députés, le premier ministre François Fillon a condamné des «actes criminels». «Les enquêtes sont en cours et les sanctions seront très sévères», a-t-il averti.

Le président Sarkozy a également fait savoir qu'il souhaitait que les coupables soient rapidement retrouvés et «punis avec la plus extrême sévérité».

Les syndicats ont unanimement dénoncé les exactions. Le premier d'entre eux, la Confédération générale du travail (CGT), à la pointe de la mobilisation, a condamné des «actes inqualifiables commis par des lâches».

Essoufflement

Marquant un essoufflement du mouvement, sur lequel table d'ailleurs le pouvoir, le taux de grévistes était à nouveau en baisse mercredi: 22,8 % à la SNCF, selon la direction, contre 64 % au premier jour du conflit, le 14 novembre.

La SNCF prévoyait un trafic encore «perturbé» aujourd'hui malgré une «reprise significative» avec notamment deux TGV sur trois en circulation. Le métro parisien devait encore tourner au ralenti avec un métro sur trois ou quatre.

Dans son bras de fer avec les syndicats, M. Sarkozy dispose a priori de l'appui de l'opinion: 68 % des Français jugent que la grève n'est pas justifiée, selon un dernier sondage. Mais il doit faire face à une mobilisation sociale de plus en plus large.

Des centaines de milliers de fonctionnaires s'étaient mis en grève mardi, notamment dans l'éducation, pour protester contre des suppressions de postes et la baisse de leur pouvoir d'achat.

Leur mouvement, soutenu par une majorité de Français contrairement à celui dans les transports, s'est accompagné d'importantes manifestations. M. Sarkozy en a tenu compte en promettant des «initiatives pour répondre à l'angoissante question du pouvoir d'achat, de la croissance et de l'emploi».






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