France - Les fonctionnaires entrent dans la danse
Photo : Agence France-Presse
Une manifestante à Caen, en Normandie. Les fonctionnaires sont venus prêter main-forte aux grévistes des transports, hier, en France.
Paris — La France vivait hier son septième jour de paralysie alors que les fonctionnaires sont venus voler la vedette aux grévistes des transports, dont le mouvement s'étiole lentement. À la veille de l'ouverture de négociations avec les cheminots, la protestation s'est étendue pour 24 heures aux services publics et aux écoles. Même les employés des messageries de presse se sont mis en grève, si bien qu'aucun grand quotidien n'était disponible en kiosque.
Le débrayage des fonctionnaires a été massif. Environ 30 % des fonctionnaires, dont près de la majorité des enseignants du primaire et du secondaire, ont débrayé 24 heures pour réclamer une amélioration de leurs salaires et protester contre les réductions d'effectifs. Les manifestations ont rassemblé 700 000 personnes dans le pays et 80 000 à Paris. Quelques rares employés du privé, comme les salariés de Yoplait, se sont joints au mouvement.
À la veille de l'ouverture des négociations, la grève des cheminots semblait par ailleurs en voie de s'effriter lentement. Hier, environ un train sur deux et un métro sur trois (à Paris) avaient repris le service. Une semaine après le début du mouvement, moins de 25 % des employés de la SNCF et de la RATP sont toujours en grève pour préserver leur régime spécial de retraite.
«Il faut savoir terminer une grève», a déclaré Nicolas Sarkozy, reprenant une formule de l'ancien leader communiste Maurice Thorez. Les négociations souhaitées de part et d'autre depuis plusieurs jours doivent s'ouvrir ce matin. Le gouvernement a préféré attendre que le mouvement se tasse pendant que les syndicats, comme la CGT, peinent à rappeler à l'ordre leurs membres les plus militants. Hier, les divergences syndicales ont d'ailleurs éclaté au grand jour. Le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, a dû quitter la manifestation parisienne sous les huées. La veille, il s'en était pris «aux syndicats qui ont fait croire aux cheminots qu'ils pourraient continuer à travailler 37 ans et demi» avant de prendre leur retraite.
Dès aujourd'hui, la SNCF est prête à proposer aux grévistes 140 millions de dollars par an sur les 15 prochaines années afin de compenser l'augmentation à 40 ans des cotisations obligatoires pour la retraite. La SNCF a aussi laissé entrevoir une augmentation de 5 % du salaire des conducteurs. Les négociations devraient durer un mois et consacrer la victoire de principe du gouvernement.
La rumeur courait hier que Nicolas Sarkozy, plutôt absent de ce conflit, pourrait faire une intervention télévisée demain ou vendredi, avant son départ pour la Chine. On s'attend à ce que le gouvernement annonce une série de mesures destinées à combattre l'effritement du pouvoir d'achat. Selon Le Monde, on songerait à lancer de grands travaux et à accorder de nouvelles réductions de charges sur les salaires. Il y a deux semaines, le président avait déjà annoncé des mesures pour les ménages qui se chauffent au fioul.
Coût de la vie trop élevé
Plus que le sort des régimes spéciaux de retraite, c'est la vie chère qui préoccupe en effet l'opinion publique. Selon les sondages, 53 % des Français ont de la sympathie pour les revendications des fonctionnaires alors que 60 % désapprouvent la grève dans les transports. «Les fonctionnaires ne gagnent pas bien leur vie», a reconnu le ministre de la Fonction publique, Éric Woerth, dans une déclaration à l'AFP.
Plusieurs observateurs se demandent si la protestation contre la réforme des régimes de retraite, dont la disparition semble acquise, n'est pas en train de se transformer en un mouvement pour la hausse des salaires. Le président de la Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC), Jacques Voisin, estimait sur Canal Plus que la revendication d'un meilleur pouvoir d'achat était «commune» aux manifestations des fonctionnaires et des cheminots.
Ces revendications voient le jour alors que l'Europe renoue avec une inflation qu'elle n'avait pas connue depuis longtemps. La Banque de France juge que la situation s'est «singulièrement dégradée» en octobre. La hausse de l'indice du coût de la vie a dépassé 2 % et les augmentations touchent principalement le carburant et les aliments.
En même temps, la marge de manoeuvre de l'État semble limitée. En juillet, il avait consenti 15 milliards d'euros pour réduire les impôts et défiscaliser les heures supplémentaires. Des mesures qui tardent à produire l'augmentation du pouvoir d'achat escomptée.
Pendant que les fonctionnaires rentreront au travail ce matin, on estime que les transports devraient demeurer perturbés au moins jusqu'à samedi. Aux voix des usagers exaspérés s'est ajoutée celle des entreprises. La Confédération générale des PME a tenu à manifester son «exaspération» face à un «système d'organisation des transports en commun pouvant être bloqué par une minorité». Dans le commerce, la baisse des ventes oscille entre 10 et 40 %. La ministre de l'Économie, Christine Lagarde, a évalué le coût de la grève entre 450 et 600 millions de dollars par jour.
Correspondant du Devoir à Paris
Le débrayage des fonctionnaires a été massif. Environ 30 % des fonctionnaires, dont près de la majorité des enseignants du primaire et du secondaire, ont débrayé 24 heures pour réclamer une amélioration de leurs salaires et protester contre les réductions d'effectifs. Les manifestations ont rassemblé 700 000 personnes dans le pays et 80 000 à Paris. Quelques rares employés du privé, comme les salariés de Yoplait, se sont joints au mouvement.
À la veille de l'ouverture des négociations, la grève des cheminots semblait par ailleurs en voie de s'effriter lentement. Hier, environ un train sur deux et un métro sur trois (à Paris) avaient repris le service. Une semaine après le début du mouvement, moins de 25 % des employés de la SNCF et de la RATP sont toujours en grève pour préserver leur régime spécial de retraite.
«Il faut savoir terminer une grève», a déclaré Nicolas Sarkozy, reprenant une formule de l'ancien leader communiste Maurice Thorez. Les négociations souhaitées de part et d'autre depuis plusieurs jours doivent s'ouvrir ce matin. Le gouvernement a préféré attendre que le mouvement se tasse pendant que les syndicats, comme la CGT, peinent à rappeler à l'ordre leurs membres les plus militants. Hier, les divergences syndicales ont d'ailleurs éclaté au grand jour. Le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, a dû quitter la manifestation parisienne sous les huées. La veille, il s'en était pris «aux syndicats qui ont fait croire aux cheminots qu'ils pourraient continuer à travailler 37 ans et demi» avant de prendre leur retraite.
Dès aujourd'hui, la SNCF est prête à proposer aux grévistes 140 millions de dollars par an sur les 15 prochaines années afin de compenser l'augmentation à 40 ans des cotisations obligatoires pour la retraite. La SNCF a aussi laissé entrevoir une augmentation de 5 % du salaire des conducteurs. Les négociations devraient durer un mois et consacrer la victoire de principe du gouvernement.
La rumeur courait hier que Nicolas Sarkozy, plutôt absent de ce conflit, pourrait faire une intervention télévisée demain ou vendredi, avant son départ pour la Chine. On s'attend à ce que le gouvernement annonce une série de mesures destinées à combattre l'effritement du pouvoir d'achat. Selon Le Monde, on songerait à lancer de grands travaux et à accorder de nouvelles réductions de charges sur les salaires. Il y a deux semaines, le président avait déjà annoncé des mesures pour les ménages qui se chauffent au fioul.
Coût de la vie trop élevé
Plus que le sort des régimes spéciaux de retraite, c'est la vie chère qui préoccupe en effet l'opinion publique. Selon les sondages, 53 % des Français ont de la sympathie pour les revendications des fonctionnaires alors que 60 % désapprouvent la grève dans les transports. «Les fonctionnaires ne gagnent pas bien leur vie», a reconnu le ministre de la Fonction publique, Éric Woerth, dans une déclaration à l'AFP.
Plusieurs observateurs se demandent si la protestation contre la réforme des régimes de retraite, dont la disparition semble acquise, n'est pas en train de se transformer en un mouvement pour la hausse des salaires. Le président de la Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC), Jacques Voisin, estimait sur Canal Plus que la revendication d'un meilleur pouvoir d'achat était «commune» aux manifestations des fonctionnaires et des cheminots.
Ces revendications voient le jour alors que l'Europe renoue avec une inflation qu'elle n'avait pas connue depuis longtemps. La Banque de France juge que la situation s'est «singulièrement dégradée» en octobre. La hausse de l'indice du coût de la vie a dépassé 2 % et les augmentations touchent principalement le carburant et les aliments.
En même temps, la marge de manoeuvre de l'État semble limitée. En juillet, il avait consenti 15 milliards d'euros pour réduire les impôts et défiscaliser les heures supplémentaires. Des mesures qui tardent à produire l'augmentation du pouvoir d'achat escomptée.
Pendant que les fonctionnaires rentreront au travail ce matin, on estime que les transports devraient demeurer perturbés au moins jusqu'à samedi. Aux voix des usagers exaspérés s'est ajoutée celle des entreprises. La Confédération générale des PME a tenu à manifester son «exaspération» face à un «système d'organisation des transports en commun pouvant être bloqué par une minorité». Dans le commerce, la baisse des ventes oscille entre 10 et 40 %. La ministre de l'Économie, Christine Lagarde, a évalué le coût de la grève entre 450 et 600 millions de dollars par jour.
Correspondant du Devoir à Paris
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