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Christian Rioux   17 novembre 2007  Europe
Photo : Christian Tiffet
Pratiquement inexistantes il y a une décennie, les lois d'intégration linguistique sont aujourd'hui légion non seulement en Europe du Nord, mais aussi en Allemagne, en France et en Grande-Bretagne. Les rares pays qui n'en ont pas, comme l'Italie et l'Espagne, songent à s'en donner. Regard sur des pratiques méconnues à l'heure où le Québec débat à son tour du sujet.

Paris — On y voit des femmes aux seins découverts et des homosexuels qui s'embrassent dans un parc. Difficile de faire plus explicite que cette petite vidéo coquine destinée aux candidats à l'immigration aux Pays-Bas. «Take it or leave it»: telle semble être la nouvelle devise d'un pays qui était, il n'y a pas si longtemps le paradis du multiculturalisme. La vidéo en néerlandais fait partie du matériel pédagogique destiné à préparer les candidats à l'immigration au test de langue et de culture néerlandaises qu'ils devront réussir avant d'être admis dans le pays. Une version moins explicite a cependant dû être réalisée pour des pays comme l'Iran, où la possession de telles images est passible de prison.

Sans aller jusque-là, la majorité des pays européens ne plaisantent plus avec les langues. La plupart jugent aujourd'hui nécessaire de tout faire pour en assurer le meilleur apprentissage possible par les nouveaux arrivants. À Bruxelles, l'acquisition de la langue du pays d'accueil est d'ailleurs un des onze principes de base communs de l'embryon de ce qu'on qualifie, un peu pompeusement, de «politique européenne d'intégration».

On pensait que l'insistance sur l'intégration linguistique se limitait aux nations minoritaires, comme le Québec, la Catalogne ou le Pays basque. Mais ce n'est plus le cas. «Évidemment, par de telles mesures, certains cherchent tout simplement à freiner l'immigration. Mais la plupart des pays ont compris que la méconnaissance de la langue nationale était un des principaux obstacles à une intégration réussie», dit Ines Michalowski, de l'université de Münster, en Allemagne.

Les attentats de Londres en juillet 2005 et l'assassinat aux Pays-Bas du cinéaste Theo Van Gogh par un extrémiste islamiste en novembre 2004 ont constitué des tournants. Ils ont été le prétexte à tous les extrémismes ainsi qu'à l'élaboration de véritables politiques d'intégration qui vont rester une fois l'émoi passé.

Selon Kees Groenendijk, président du Center for Migration Law de l'université de Nijmegen, aux Pays-Bas, il importe de distinguer les mesures qui ne visent qu'à bloquer l'arrivée d'immigrants de celles qui permettent de mieux les intégrer. «Les tests linguistiques que les Pays-Bas, le Danemark et l'Allemagne ont récemment décidé de faire passer à l'étranger aux candidats à la réunification familiale ne visent qu'à refouler les immigrants les moins instruits. Par contre, les mesures obligatoires destinées à permettre l'apprentissage de la langue nationale par les nouveaux venus représentent des facteurs importants d'intégration.» La preuve, dit-il, que ces nouveaux tests linguistiques imposés à l'étranger ne sont que des mesures d'écrémage, c'est qu'aux Pays-Bas, par exemple, les Canadiens, les Américains, les Australiens, les Néo-Zélandais, les Japonais et les Coréens en sont exemptés!

Est-ce parce que leur langue est très peu parlée dans le monde que les 5,5 millions de Danois ont été pratiquement les premiers Européens à se préoccuper de l'intégration linguistique des étrangers? Dès 1986, le Danemark fait de l'apprentissage du danois un droit pour les immigrants et un devoir pour l'État danois. Depuis 2005, les étrangers résidant au Danemark doivent même s'engager par écrit à assurer la formation linguistique des parents qu'ils font venir. Obligatoire pour les nouveaux arrivants qui ne parlent pas le danois, la formation peut s'étaler sur trois ans. Avec le temps, les Danois ont donné des dents à leur loi. Depuis quelques années, nul ne peut obtenir un titre de résident illimité et la naturalisation sans réussir un examen officiel.

Très tôt, les Pays-Bas emboîtèrent le pas à leur cousin du nord. On sait que ce pays a radicalement tourné le dos aux politiques multiculturelles après l'assassinat du cinéaste Theo Van Gogh par un extrémiste islamiste en novembre 2004. Pourtant, cette remise en cause a des racines beaucoup plus anciennes. Dès 1994, un premier rapport révélait qu'à peine 25 % des immigrants avaient une connaissance de base du néerlandais. Les autres le baragouinaient à peine.

«Les Néerlandais ont vite pris conscience que l'apprentissage de leur langue était déterminant pour éviter que les immigrants ne se retrouvent à la charge de l'État, dit Ines Michalowski. Avec le temps, ils s'apercevront aussi que pour assurer l'intégration des enfants, il fallait enseigner le néerlandais aux parents. Au début, il s'agissait d'un simple calcul économique. Puis on a découvert que la langue transmettait des valeurs.»

Dès le milieu des années 90, les Pays-Bas créent donc un premier programme obligatoire d'apprentissage du néerlandais. Au départ, il ne s'adressait qu'aux prestataires de la sécurité sociale. Puis, il sera progressivement élargi à tous les nouveaux arrivants. La formation est fixée à environ 500 heures de cours de langue et 30 heures de cours d'éducation civique. Malgré tout, en 2002, on découvre que 60 % des participants ne parviennent toujours pas à atteindre un niveau convenable. On décide alors de porter à 800 le nombre d'heures de formation linguistique. Depuis le début, les immigrants qui reçoivent des prestations sociales peuvent se les voir retirer s'ils n'assistent pas à leurs cours. Aujourd'hui, l'arsenal des sanctions va des amendes au retrait de la carte de résident.

Mais Kees Groenendijk ne croit pas beaucoup à l'efficacité de ces sanctions. «Elles sont très difficiles à appliquer et ne donnent pas vraiment de résultats. Il est presque impossible de faire la preuve qu'un immigrant a volontairement refusé de suivre ses cours. Et puis, on n'apprend pas sous la menace. De toute façon, les classes sont pleines. Ce n'est pas l'absentéisme qui est inquiétant, mais le manque de cours, les soirs et les samedis par exemple.»

On se souvient que la ministre de l'Immigration, la libérale Rita Verdonk, connue pour son approche musclée, avait refusé la naturalisation accélérée au footballeur Salomon Kalou, qui devait jouer dans l'équipe nationale néerlandaise. La ministre jugeait que le joueur n'était pas en mesure de réussir les tests linguistiques demandés aux nouveaux arrivants.

En pleine surenchère populiste, son gouvernement a rompu avec dix ans d'une riche expérience qui commençait à porter des fruits. La dernière loi, qui date de 2006, donne trois ans aux immigrants pour obtenir leur certificat linguistique. Ils doivent s'inscrire dans des instituts privés et payer eux-mêmes le coût des cours en attendant un hypothétique remboursement de 70 % après la réussite de l'examen. «Le résultat, dit Groenendijk, c'est que les immigrants doivent emprunter pour payer leurs cours et que les classes, qui étaient autrefois pleines, sont maintenant vides.» La situation est un tel fiasco que la nouvelle ministre travailliste Ella Vogelaar a déjà annoncé une nouvelle loi d'ici l'été et le retour à une attitude plus ouverte.

L'Allemagne emboîte le pas

L'un des premiers pays européens à s'inspirer des Pays-Bas dans les années 90 a été l'Allemagne. Le pays était à peine mieux nanti puisque les études révélaient que seulement 36 % des immigrants qui y posaient le pied avaient quelques connaissances en allemand. En 2001, un rapport proposa d'adopter le modèle des Polders. Le débat a été long, car l'Allemagne était en pleine réforme de sa loi sur l'immigration. Il faudra donc attendre 2005 pour que les immigrants se voient enfin offrir 600 heures de cours d'allemand obligatoires. Les cours sont financés par l'État fédéral, mais chaque participant paie en principe un euro par heure de cours. Ceux qui échouent peuvent être obligés de rembourser le prix réel des cours. Une mesure destinée, dit-on, à réduire l'absentéisme.

Les étrangers déjà admis qui touchent des prestations de chômage et qui ne parlent presque pas l'allemand peuvent être mis en demeure de suivre des cours. Comme aux Pays-Bas, ceux qui ne se conforment pas à leurs obligations peuvent voir leurs avantages sociaux réduits, écoper d'une amende ou même se faire refuser le renouvellement de leur carte de résident.

«Mais on n'a pas vu de cas d'expulsion, dit Ines Michalowski. Il n'est pas facile d'expulser un immigrant qu'on a déjà admis sur le territoire, même si on peut l'empêcher d'obtenir une carte de dix ans.» Devant les piètres résultats aux examens, la chancelière Angela Merkel a récemment proposé de hausser à 900 le nombre d'heures de cours obligatoires. On a aussi découvert avec plaisir que de nombreux immigrants arrivés en Allemagne depuis longtemps s'y inscrivent. Jusqu'à 56 % des participants peuvent être des immigrés arrivés dans le pays il y a plusieurs années. «On a créé une demande, dit Ines Michalowski. Et c'est très positif.»

Comme dans la plupart des pays européens, l'Allemagne a aussi décidé d'imposer un test d'allemand pour l'obtention de la citoyenneté. Mais les immigrants qui ont réussi leurs cours en sont dispensés. Ces derniers peuvent aussi demander la citoyenneté après sept ans de résidence au lieu des huit ans réglementaires, un incitatif qui vise à récompenser l'immigrant au lieu de le punir.

Même l'Angleterre et la France

Un peu partout en Europe, les expériences néerlandaises et allemandes ont fait des petits. On ne compte plus le nombre de pays qui se sont donnés des programmes plus ou moins semblables. L'Irlande offre jusqu'à 1000 heures de cours facultatifs d'anglais aux immigrants qui le désirent.

Même l'Angleterre, jusque-là peu encline à ce genre de mesures, a résolument emprunté cette direction. L'anglais a beau être la langue internationale par excellence, la naturalisation des immigrants est l'objet d'un test d'anglais depuis 2002. Depuis le mois d'avril, même les candidats à un permis de long séjour au Royaume-Uni doivent passer un examen de langue et de connaissance du pays. Le test coûte 70 $ et le livret qui permet de réviser se détaille 25 $. «Il est essentiel que les immigrants souhaitant vivre au Royaume-Uni de manière permanente reconnaissent les responsabilités que cela entraîne», a déclaré le secrétaire d'État à l'immigration Liam Byrne. Les associations de défense des immigrants soupçonnent le gouvernement de vouloir ainsi favoriser les immigrants les plus riches et les plus instruits.

En France, c'est en 2002, sous Jacques Chirac, que fut posée pour la première fois la question de l'apprentissage du français pour l'intégration des immigrants. Dès lors, on proposa aux nouveaux venus un contrat d'intégration qui offrait un apprentissage minimum de la langue et une sensibilisation au mode de vie. À l'époque, sur 100 000 étrangers arrivant légalement chaque année, 8000 seulement faisaient l'objet d'un soutien linguistique. Depuis 2006, un étranger admis pour la première fois au séjour en France et qui souhaite s'y établir doit signer un «contrat d'accueil et d'intégration» qui lui permet de recevoir entre 200 et 600 heures de cours de français plus une trentaine d'heures d'initiation aux spécificités de la société française. Comme le Royaume-Uni, la France fait pourtant partie des rares pays qui ont la chance d'accueillir une majorité d'immigrants qui parlent déjà leur langue. «Acquérir une langue, c'est aussi acquérir les valeurs du pays, dit Patrick Butor, directeur de la Direction de la population et des migrants. Ces cours dorénavant obligatoires permettent notamment de rejoindre des populations isolées, comme certaines femmes musulmanes ou analphabètes qui, autrement, n'apprendraient pas le français.»

La France n'a pas opté pour un arsenal répressif et les cours y demeurent gratuits. Mais, les immigrants qui n'ont pas une connaissance de base du français se verront dorénavant refuser la carte de séjour de dix ans, l'équivalent de la résidence permanente.

«Le multiculturalisme est mort»

Les changements radicaux survenus aux Pays-Bas et au Royaume-Uni ont amené de nombreux observateurs à conclure que les deux principaux piliers européens du multiculturalisme s'étaient effondrés. Dès 2006, l'ancien conseiller municipal travailliste proche de Tony Blair, Trevor Phillips, était catégorique: «Le multiculturalisme est mort!» Originaire de Guyana, Phillips dirige la commission britannique pour l'égalité et les droits humains. Il a pourtant longtemps défendu la politique officielle du multiculturalisme britannique.

Comme l'avait déjà noté le sociologue Rogers Brubaker, de l'Université de la Californie à Los Angeles, les années 80 et 90 ont été celles des idéologies «différentialistes» valorisant les «communautés culturelles» les plus diverses. Dès 2001, Brubaker notait pourtant un certain retour à une conception plus traditionnelle de l'intégration selon laquelle les immigrants ou leurs descendants ont pour vocation de s'assimiler à terme au groupe culturel majoritaire.

Avec les nouvelles politiques d'immigration européennes, «l'accent est mis sur ce que tous les citoyens doivent avoir de commun», écrivait récemment le politologue du CNRS Jean-Claude Monod. Les nouveaux programmes «insistent sur les devoirs comme réciproques des droits, sur la loyauté attendue en contrepartie de l'accueil», même si certains pays poussent cette conception à l'extrême en exigeant pratiquement que les immigrants s'intègrent avant même de fouler le sol du pays d'accueil. Par ailleurs, précise Monod, une certaine «accommodation pragmatique» de la diversité, notamment religieuse, s'est aussi produite dans les pays comme la France, qui n'ont jamais communié au multiculturalisme.

Bref, si l'assimilation est peut-être devenue un peu plus accueillante qu'autrefois, le multiculturalisme, lui, est à l'agonie.

Correspondant du Devoir à Paris






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  • ethan solal
    Inscrit
    vendredi 16 novembre 2007 22h48
    Retour à l'intégrationnisme... Ce n'est pas trop tôt!
    « Je salue ce changement de courant, s'il est avéré, car revenir à des bases plus traditionnelles du modèle d'intégration me semblent ici au Québec ou ailleurs au Canada, impératif. Nous sommes, comme c'est souvent le cas, allés trop vite et trop loin.

    Cela étant dit, j'invite mes amis québécois à s'ouvrir et à encourager les immigrants à mieux s'intégrer. Je crois que la route est longue, quand on sait que le taux de chômage chez les immigrants et trois fois supérieur à celui des québecois de souche.

    Et puis ces mots, qui ne disent pas leur violence et leur cruauté ; ça m'exaspère. Des "ethniques", des "purs-laines"... Et pourquoi pas des "Sauvages" ou les "Peaux-rouges" en parlant des Indiens?

    Donc, ouverture à l'autre, changement des mentalités au Québec, mais respect des valeurs de la société d'accueil et effort linguistique minimum des immigrants.

    Et avec ça? Un café et l'addition. »

  • André Hemlin
    Inscrit
    samedi 17 novembre 2007 06h31
    Langue et politique
    « Et, si l'on commençait par interdire aux partis politiques , d'utiliser une autre langue que le français ou l'anglais dans leur propagande ? En utilisant l'italien, l'arabe ou le grec, les partis ne cherchent qu'à acquérir des votes. »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    samedi 17 novembre 2007 08h32
    On recoud sa chemise ?
    « Toutes les vierges offensées qui ont déchiré leurs chemises au sujet des récents projets de loi de Mme Marois du PQ sur la citoyenneté et la constitution québécoises qui privilégie la langue française, vont tenter de les recoudre après avoir lu cet article qui va dans le sens : Quand on se regarde, on se désole mais quand on se compare, on se console. »

  • jacques noel
    Inscrit
    samedi 17 novembre 2007 08h35
    Éclairer nos beaux esprits
    « Dire qu'icite nos intellos du Plateau étaient gênés du Code d'Hérouxville...

    Merci à Christian Rioux d'éclairer un peu nos beaux esprits sur les nouvelles réalités européennes. »

  • Yvon Montoya
    Abonné
    samedi 17 novembre 2007 09h49
    Ce qui s'entend dans les zozores ou les cages à miel...
    « C'est Sabino de Arana (1865-1903), en aspirant à un État catholique et ethniquement « pur », qui se mit à tricoter sec une nation du début jusqu'à... Il fit un patchwork, un assemblage, à partir de différents dialectes basques, pour créer une langue officielle et ensuite il composa un hymne national. Il alla même jusqu'à épouser une paysanne pour préserver la « pureté' » de la race. Il baptisa sa jeune nation Euskal Herria, « Le pays où on parle basque ». Le nationalisme basque est un mouvement typiquement paysan. C'est aussi une accusation portée contre un âge moderne et matérialiste, contre tout ce qui est nouveau et annonciateur de progrès. Une langue inventée pour une lutte d'intérêt et non justifiée historiquement puisque le brassage « ethnique » fut si considérable que l'on ne sait plus du tout s'il y a encore des basques dits « purs » ou de « souche »?

    Les Catalans, eux, disent que le français c'est du catalan mal parlé (par ex le fromage en catalan se dit formatje; la paix, la pau; au revoir, Adéu. A reveure). Jusqu'au Moyen Âge, le catalan et l'occitan (en France) ne faisaient qu'une seule et même langue. En France, l'aire catalane comprend une partie du département des Pyrénées-Orientales (dans le Languedoc-Roussillon), appelée aussi la «Catalogne du Nord», alors qu'en Italie le catalan est parlé dans la ville d'Alghero dans l'île de la Sardaigne. Nos belles manières de parler l'amour provient des troubadours (de l'occitan trobador) grâce aux poètes chanteurs, durant le Moyen Âge. Trobador signifie « trouver » parce que les musiciens devant leur belles essayaient de trouver les vers les plus doux et les plus à même de célébrer leur « blonde ». Oui, ces belles aimaient être sur des terrasses afin de faire dorer leurs cheveux au soleil. C'etait du flirt avant l'heure. Le mot français flirter signifie « conter fleurette ».

    Alors « acquérir une langue, c'est aussi acquérir les valeurs du pays » comme dit dans l'article Patrick Butor, cela n'est pas aussi certain. Les valeurs françaises et profondément laïques de la société française n'ont rien à voir avec les valeurs de la société québécoise qui, elle, comme le disait dernièrement J-F Lisée, a encore des relents catholiques/chrétiens très forts, très prononcés (ex : les mots tabarnak, ciboire, crise etc.). La difficulté est que si nous devons faire apprendre aux immigrants la langue française au sens du français tel qu'il est parlé internationalement, ce ne sont pas les valeurs de la société québécoise que ces immigrants vont apprendre mais celles de la société française. Si on leur enseigne le québécois tel qu'il est parlé aujourd'hui oui, mais cela suppose qu'ils ne connaitront pas la langue française. La difficulté est celle de la langue vécue quotidiennement et elle n'a rien à voir avec le français. Imaginez un Sri-lankais qui apprend les français dans la bible traduite en argot par Pierre Devaux (1960) et saluée par Jean Cocteau où on peut lire par exemple : « J'veux qu'ça tourne tourne rond, misère à poil! », se fit notre vénéré Daron. Alors, il harpigna la Terre, et de ses pognes formidables, il la pétrissit et l'arrondissit en forme de boule.» En France, il risque d'être compris facilement mais au Québec, il aura quelques difficultés. Surtout s'il est marié et a deux gosses (enfants).

    Il faudrait définir quelle langue nous devons parler au Québec puisque parler le français reste exotique pour beaucoup de québécois encore de nos jours. Je suis un partisan convaincu du parlé français et je ne me gène pas pour « exiger » qu'à Montréal nous nous devons de parler le français comme il se doit même s'il m'est arrivé de parler français à un anglophone et anglais à un québécois dans la région. « To be, or not to be French, that is the question". Je vous souhaite une belle journaille. »

  • Jean-Pierre Audet
    Abonné
    samedi 17 novembre 2007 10h42
    L'intégration des immigrants
    « Contre le multiculturalisme et pour l'interculturel. C'est pourtant simple. Trudeau avait donc tout faux et a ainsi donné au Canada une retard marqué sur l'ensemble de l'Europe. Nous étions au Québec, officieusement s'entend, déjà en train de débattre de ce sujet brûlant, alors que l'Europe entière n'en avait cure. La raison en est simple : leurs populations en danger de perdre leur langue et leur culture étaient de petites poches isolées, comme les Basques par exemple.

    Au Québec, c'était dès les années soixante-dix qu'un Julien Harvey exposait de façon limpide la différence entre le multiculturalisme à la Trudeau et l'interculturel qui devrait avoir cours ici. Pour que l'intégration des immigrants soit viable chez nous, disait-il à l'époque, il faut absolument les amener à adhérer minimalement à notre langue et à notre culture. C'est sur ce fond commun que les différences peuvent ensuite se développer et être respectées. Nous avions alors une grande longueur d'avance sur les pays européens. Mais comme nous faisons du sur place en ce domaine depuis plus de trente ans, voilà que ces pays d'outre Atlantique nous dépassent en pratique à grande vitesse. Souhaitons qu'ils arrivent aussi à nous pousser dans le dos et à nous amener à instaurer très rapidement des mesures concrètes d'intégration de ceux qui choisissent le Canada en sachant qu'au Québec la langue officielle est le français. La langue d'abord ; le reste suivra spontanément, surtout chez les jeunes. Les exemples de succès dans l'intégration sont déjà à l'oeuvre chez nous, malheureusement encore trop peu nombreux. Pour hâter une telle intégration à notre langue, il faudra que ceux qui choisissent le Québec sachent très clairement au départ que, s'ils ne connaissent pas déjà notre langue, il auront à se soumettre à son apprentissage intensif dès leur arrivée chez nous. Pour leur plus grand bien comme pour celui de toute notre collectivité. »

  • Raymond Saint-Arnaud
    Abonné
    samedi 17 novembre 2007 12h29
    Néo-Québécois, multiculturalisme et communautés culturelles
    « Néo-Québécois, multiculturalisme et communautés culturelles

    Au Canada anglais aussi on commence à insister plus sur l'identité canadienne que sur le multiculturalisme (triste héritage de Pierre Trudeau). Au Québec il faudrait mettre plus d'accent sur l'identité québécoise et sur l'intégration des immigrants que sur les communautés culturelles. Il y aurait intérêt de revoir l'à-propos des politiques de multiculturalisme et de communautés culturelles.

    Il faudrait d'abord cesser d'utiliser l'expression boiteuse de « Communautés culturelles » pour qualifier les néo-Québécois. Les Québécois de souche (et ça existe des gens qui vivent ici sur les mêmes terres depuis plus de 300 ans, on peut difficilement être plus de souche que cela, que cela plaise ou non à certains), ont aussi une culture propre, sont aussi une communauté culturelle, sont ici en majorité, mais ils sont exclus des « Communautés culturelles »! Quel non-sens! Alors, parlons-donc clairement, sans langue de bois, et appelons les immigrants des néo-Québécois, tout simplement. Il n'y a rien de repréhensible dans le terme néo-Québécois, au contraire, il montre la volonté d'accueil du peuple québécois vis-à-vis des nouveaux arrivants, les invitant à devenir à court terme des Québécois à part entière une fois leur citoyenneté québécoise acquise.

    Le terme de « Communautés culturelles » va dans le sens de la ghettoisation des nouveaux venus et même de leurs descendants nés ici. Pourquoi les immigrants venant du pays XYZ devraient-ils se référer ou être référés comme faisant partie de la communauté culturelle XYZaine? Dans un de ses ouvrages, l'écrivain Neil Bissoondath, lui-même immigrant au Québec, s'est insurgé contre le multiculturalisme à la canadienne qui fait ressortir les différences plutôt que les ressemblances entre les divers groupes ethniques du pays. Il a bien montré que les politiques canadiennes en matière de multiculturalisme, bien que conçues dans un but bien intentionné, n'ont fait qu'accentuer l'isolement des groupes culturels et propager les clichés à leur sujet.

    Tous les résidents du Québec, y compris les néo-Québécois qui viennent s'y installer, sont des Québécois, de plein droit ou en devenir.

    Raymond Saint-Arnaud
    Ile d'Orléans »

  • jacques noel
    Inscrit
    dimanche 18 novembre 2007 14h58
    Rioux m'a copié!
    « Rioux s'est fortement inspiré d'un commentaire que j'avais fait sur le blogue de Michel Vastel le 26 octobre dernier

    http://blogues.lactualite.com/vastel/?p=55#comments

    jacques noel a écrit :

    27 octobre 2007 à 11:37

    ---
    Pour ceux qui capotent sur le test à Pauline allez voir ce qui se passe en Hollande. Ils demandent aux candidats à l'immigration de passer un test de néerlandais (au cout de 417$) AVANT de venir dans le pays. C'est connu, tout le monde apprend le néerlandais à l'école. Mais tenez vous bien, ils exemptent les Canadiens, les Américains, les Australiens et les Japonais. Imaginez ça au Québec!

    Mais c'est pas tout on leur fait écouter un film de 108 minutes où on leur montre des gens nus sur une plage et des homos qui s'embrassent à pleines bouches. Et après ca on va rire des gens d'Hérouxville?

    http://www.workpermit.com/news/2006_04_06/europe/new_dutch_immigration_test.htm

    -----
    Ca fait des mois que je tue à dire qu'il n'y a pas de problèmes démographiques au Québec, qu'avec 82,100 naissances et 53,800 décès, le Québec a l'une des meilleures démographies de tout le monde industrialisé. Alors je défie un journaliste du Devoir de me recopier et de mettre ça en première page;
    IL N'Y A PAS DE CRISE DÉMOGRAPHIQUE AU QUÉBEC, C'EST LE MENSONGE DU SIÈCLE »

  • Raymond Saint-Arnaud
    Abonné
    lundi 19 novembre 2007 11h18
    Le mantra de l'immigration
    « Ce qui fait la richesse d'un pays, c'est le produit intérieur brut PIB par habitant, pas le nombre de personnes dans ce pays. Tous les économistes vous le diront.

    PAYS POPULATION PIB/Hab

    Inde 1,1 milliard 3 344$
    Nigeria 131 millions 1 188$
    Pérou 27 millions 5 983$
    Danemark 5,4 millions 34 737$
    Finlande 5,2 millions 31 208$
    Islande 295 mille 35 586$
    Irlande 4.1 millions 40 160$
    Luxembourg 465 mille 69 800$
    Norvège 4,6 millions 42 364$

    Ajoutons la Suède, la Suisse, etc, tous des pays avec relativement peu de population et un niveau de vie supérieur.

    Il n'y a aucune corrélation entre le niveau de vie et l'ampleur de la population.

    Il y a actuellement au Québec un MANTRA alimenté par toutes sortes de gens des médias, et que Monsieur et Madame Tout-le-monde répètent sans y connaître quoi que ce soit, à l'effet que le Québec a absolument besoin de plus d'immigrants. Rien n'est plus faux. Si au moins nous réussissions à intégrer tous ou presque tous les immigrants au Québec francophone, ce pourrait à la limite être acceptable d'accueillir plus d'immigrants, mais plus de la moitié de ceux-ci ne s'intègrent pas à la majorité francophone, alors on se tire dans le pied en augmentant inconsidérément le nombre d'immigrants.

    La santé économique et sociale du Québec viendra plutôt en donnant une meilleure instruction de nos enfants. Nous seront alors plus productifs. C'est là la clef de notre survie. »

  • Gerry Pagé
    Inscrit
    lundi 19 novembre 2007 19h54
    Vrais mensonges du multiculturalisme...
    « Ces vrais mensonges et fausses vérités dont les oeufs du multiculturalisme se pondent à la douzaine, ne sont-elles pas à l'égal des vrais mensonges du communautarisme qui les couvent à la centaine? Ces termes «multiculturalisme et communautarisme», charriés par un verbeux fonctionnarisme d'antichambre dont Jean-François Lisée fait figure de proue, ne sont-ils pas les abris de l'actuelle clandestinité coranique, des actuelles sources divisionnaires et des actuelles souches religionnaires du parallélisme fondamentaliste islamique qui causent tant de frictions, de frustrations et de déstabilisation, par leurs potentiels minés d'explosifs?

    Nous faudra-t-il aller jusqu'à timbrer d'une sorte l'intégrisme québécois, toute «enveloppe» qui y apporte le fondamentalisme des ayatollahs musulmans et l'extrémisme coranique des mollahs de l'Islam et d'autres machiavels d'Allah? Alors qu'ils planchent actuellement sur la rédaction du procès de béatification de l'imam Saïd Jaziri , ne faudra-t-il pas mettre au pas LES MÉDIAS BROYEURS ET MÉLANGEURS de ce genre de mélis-mélos dégueulasses d'inepties dont ils tentent de gaver les spectateurs et lecteurs qu'ils prennent pour des fats inconscients et des béats heureux d'être contents?

    Ne faudra-t-il pas tout d'abord circonscrire les repaires historiques et culturels, à partir desquels la dynamique de notre identité typiquement québécoise trouvera les assises d'une «définition officielle», par loi, partant de sa justification et de sa motivation? Le projet, si imparfait fut-il, de Pauline Marois n'était-il pas alors une première étape qui cadrait, sans défaut, avec les démarches de certains pays d'Europe qu'on cite en exemple, en regard, notamment, de la sauvegarde et du respect des potentiels de leur langue ainsi que des garanties d'équilibre sociétal, de stabilité et de paix sociales dont elle est l'engin? N'est-ce pas par sa propre langue qu'une Nation transmet ses valeurs fondamentales et prend la défense tout à fait légitime de ses acquis intra-générationnels et extra-générationnels? N'EST-CE PAS LÀ LE MINIMUM, LE «SINE QUA NON» DE CE QUI EST À PRENDRE, SINON À LAISSER?

    Aux chapitre de la non-intégration orchestrée et Des refus qui nourrissent le repliement sur soi, les ghettos asiatiques et arabes, principalement de la région montréalaise, ne sont-ils pas des masses qui alourdissent le déficit québécois de l'intégration des immigrants dans lequel déficit se mirent des fonctionnaires qui ne carburent qu'aux gazeuses émanations politiques, dans la matière? Les malaises exprimés devant les commissionnaires itinérants Bouchard/Taylor et dont le «résumé anticipé desdits «intellos» fut probablement écrit avant les auditions, ne sont-ils pas des indicateurs d'urgence, avant que ça n'explose, pour le plus grand plaisir de certains qui jouissent d'une période d'indifférence et d'appui, les oeillères bien ancrées et les yeux fixés, qui relèvent de l'angélisme crasse, période à nulle autre pareille, dans notre historie politique? N'est-ce pas là, entre autres, une triste démonstration des échouements de la ploutocratie capitaliste et de ses actuels suzerains libéraux?

    D'où venait l'opposition audit projet de Pauline Marois? Ne venait-elle pas tout d'abord du PLQ de Jean Charest dont les voiles restantes sont à plat et dont le gouvernail est sous mains-mises et à la merci des vagues que provoquent et soulèvent certaines communautés insulaires et minoritaires montréalaises dont les mégas capitaux ont encore, sur les transporteurs du capitalisme libéral, des effets-cyclones? Ne venait-elle pas également du fringant chef de l'Opposition officielle qui ne peut tolérer que les indépendants accros péquistes et les dépendants accros libéraux fassent de leçons aux pseudo-autonomistes de sa cuvée?

    À Rome, ne faut-il pas vivre comme les romains? N'est-ce pas une question «basic» de savoir, de savoir-vivre, de savoir-faire et de simple savoir-être? Comme c'est dans «le poulailler parental» et le «nid familial», que prennent forme les oeufs de la vie québécoise, comme celle d'ailleurs, ne sera-t-il pas une mission de bonne guerre et une victoire de très lucide aloie et de stratégiques déploiements, que d'inscrire les parents des immigrants à des cours de «langue québécoise», cette «merveille de chez-nous», aux uniques fins de COMPRENDRE CORRECTEMENT, de S'EXPRIMER CONVENABLEMENT, de COMMUNIQUER ET D'ÉCHANGER CIVILEMENT, CULTURELLEMENT ET AUTREMENT?

    En commençant par les irritants du quotidien et à titre d'un exemple parmi mille, à Québec comme à Montréal, ne serait-on pas tout à fait justifié d'exiger que les chauffeurs de taxi, dans l'exercice de leur fonction, s'expriment en tout temps, entre eux et en présence des clients, comme les chauffeurs d'autobus le font, c'est à dire dans la langue de Molière qu'ont si bien adaptée «Gilles Vigneault» et tant d'autres? Quels zouaves pompeux, des coulisses avocassières, oseraient encore confabuler, avec toute l'ostentation dont ils font actuellement l'étalage, qu'une telle exigence irait à l'encontre des droits de la personne, cette espèce de fourre-tout qui est en train de devenir la forme la plus payante, mais aussi et surtout la plus frelatée du chantage et de la pression par l'oppression que recherchent les menaces constantes de poursuites et de procès?

    Gerry Pagé
    Ville de Québec »

  • Christian Tallon
    Inscrit
    dimanche 9 décembre 2007 15h44
    Encore du chemin à faire en France
    « A Paris, si vous prenez le bus, vous trouverez probablement des arabes qui ne se gêneront pas pour oublier qu'ils sont en France. Ils mettront la radio arabe pour bercer votre voyage. Si vous allez dans un dépaneur, il est fort probable que vous ne trouverez ni alcool ni jambon. Les exaspérations des populations locales sont compréhensibles. Par contre, je n'ai pas vu des africains noirs ne pas parler français. Les chinois, eux sont très sinophones. Ils ont beaucoup de mal à parler français.
    Il y a des lois en France qui protègent la langue française mais elles ne sont pas appliquées. Seul l'effet de masse empêche un délitement linguistique du principal pays francophone.
    Ce n'est pas désespéré mais c'est inquiétant si rien n'est fait. Je n'ai rien contre les langues arabe ou chinoise, mais vraiment, l'investissement en temps est trop considérable. »

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