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La police allemande recherche sept islamistes

7 septembre 2007  Europe
Berlin — Deux jours après le coup de filet spectaculaire contre trois islamistes présumés qui planifiaient des attentats d'une violence inégalée en Allemagne, les enquêteurs recherchaient hier sept instigateurs et complices dans le pays et à l'étranger.

Une autre priorité consistait à remonter la piste des détonateurs militaires que les terroristes comptaient utiliser, selon le parquet fédéral. Deux Allemands «de souche» convertis à l'islam, Fritz Martin G., 28 ans, et Daniel Martin S., 21 ans, et le Turc Adem Y., 28 ans, voulaient, selon l'enquête, s'en prendre avec des voitures piégées à des cibles fréquentées par des Américains, pubs, discothèques ou aéroports.

Les services allemands évaluaient aussi hier de nombreux documents, disques durs et ordinateurs saisis lors de perquisitions dans une trentaine de domiciles ainsi que dans un centre d'information islamique de la ville d'Ulm, dans le Bade-Wurtemberg, réputée être un foyer de l'islamisme radical en Allemagne. C'est dans cette ville que vivait Fritz Martin G., soupçonné d'être le meneur du groupe. Surveillé depuis fin 2006 après avoir été vu près d'une caserne américaine à Hanau, près de Francfort, il entretenait des liens avec ce centre. Déjà, en 2005, un centre culturel islamique dans la ville voisine de Neu-Ulm avait été fermé par les autorités.

L'arrestation mardi, par un commando de super-policiers du GSG9, des trois membres du groupuscule «l'Union du djihad islamique», dans le village tranquille d'Oberschledorn (centre-ouest), et les révélations selon lesquelles ils préparaient des explosifs pouvant être utilisés pour des attentats d'une violence au moins égale à ceux de Madrid (2005) et de Londres (2006) ont créé la stupeur. Les trois hommes ont suivi des entraînements militaires dans les camps islamistes au Pakistan.

Sept instigateurs et autres complices ayant agi en coulisse sont par ailleurs recherchés en Allemagne et hors d'Allemagne, a indiqué un porte-parole du procureur général fédéral, Monika Harms, mais leur degré d'implication ne nécessite pas l'émission d'un mandat arrêt, a-t-il précisé.

Selon le secrétaire d'État à l'Intérieur, August Hanning, ces suspects sont des Allemands, des Turcs et des ressortissants d'autres pays. Il a insisté sur la place prise par Internet dans le réseau terroriste traqué. «Via internet, on endoctrine, on recrute, on échange des renseignements», a souligné M. Hanning.

Alors que l'Allemagne, en raison de son passé nazi, hésitait sur les moyens à donner à ses enquêteurs, ces révélations renforcent la marge de manoeuvre du ministre de l'Intérieur, Wolfgang Schäuble, partisan de la manière forte. Il souhaite en effet pouvoir espionner les ordinateurs de terroristes présumés en leur envoyant des «chevaux de Troie», virus informatiques, qui permettraient l'examen des données de leurs ordinateurs. Mais les opposants à la réforme font observer que le coup de filet a réussi sans un tel dispositif.
 
 
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