« Le PS est dans un triste état »
Les socialistes français font leur rentrée face à Sarkozy
31 août 2007
Europe
Photo : Agence Reuters
Ségolène Royal (au centre) hier en compagnie du président du PS pour la région Île-de-France, Jean-Paul Huchon (à gauche), et du maire de La Rochelle, Maxime Bono.
Paris — En panne de projet, de chef de file et de stratégie de rénovation, le Parti socialiste français effectue sa rentrée politique en pleine tourmente, incapable d'incarner une opposition crédible aux yeux des Français face à un président Nicolas Sarkozy omniprésent.
Déchiré par les règlements de compte, le parti est en outre déstabilisé par la stratégie «d'ouverture» de M. Sarkozy, qui a attiré à lui des personnalités en rupture de ban, comme Bernard Kouchner, devenu chef de la diplomatie, et le ministre le plus apprécié du gouvernement par les Français.
Pour tenter de se reprendre, et de mettre en place une riposte face à M. Sarkozy, toujours très populaire, le premier parti d'opposition du pays organise d'aujourd'hui à dimanche sa traditionnelle université d'été à La Rochelle.
Mais plusieurs ténors dont les ex-premier ministre Lionel Jospin, Laurent Fabius et l'ex-ministre Dominique Strauss-Kahn qui brigue la tête du FMI, ont décidé de bouder cette réunion.
«Le PS est dans un triste état. Ce n'est pas cette réunion qui va régler les graves problèmes de personnes et de positionnement» du parti, écartelé entre le choix d'un virage à gauche ou d'une alliance au centre, résume l'historien spécialiste de la gauche Jean-Jacques Becker.
En attendant, chacun y va de son mot assassin après la défaite de Ségolène Royal à la présidentielle de mai, suivi d'un revers du PS aux législatives, même si le parti a limité la casse.
Dernier en date, le maire de Paris Bertrand Delanoë, présenté comme éventuel recours, a dénoncé «un parti de notable» à «l'esprit alangui».
La jeune garde a elle fustigé le «bilan catastrophique» des dernières années d'un parti «miné par le sectarisme», «sclérosé» et «confiné».
Bernard Kouchner a regretté un PS qui a «20 ans de retard», rejoint dans ses critiques par l'ex-premier ministre Michel Rocard, autre «recrue» au sein d'une commission de M. Sarkozy. Le président s'est targué jeudi avec ironie de «mieux exploiter les richesses humaines du Parti socialiste» que le PS lui-même.
Une avalanche de livres aux titres évocateurs — Au revoir Royal, Défaite en chantant — viennent aussi, sous la plume de certains caciques socialistes, critiquer l'impasse dans laquelle se trouve le PS.
Premiers visés, Ségolène Royal et son ex-compagnon, le numéro un du PS François Hollande, dont les rivalités et la rupture annoncée en juin n'ont cessé d'alimenter la presse et agacent de plus en plus au sein du parti.
Après avoir reconnu les ratés de sa campagne, Ségolène Royal, affiche sa volonté de poursuivre son chemin vers les sommets du PS. Elle reste la préférée des militants. Mais un récent sondage a montré le discrédit qui frappe le PS, jugés ainsi par 56 % des Français comme pas assez proche d'eux.
François Hollande, dans la tourmente, va passer la main au sein du PS en 2008, décidé, selon son entourage, à étoffer son image de chef d'opposition à l'Assemblée et espérant pouvoir se présenter à la présidentielle de 2012.
Son seul problème est qu'il personnifie l'immobilisme aux yeux de ses détracteurs de plus en plus nombreux et l'incapacité à rénover le parti. «Le PS, au fond, continue à vivre sur un stock d'idées très anciennes comme celle de la révolution sociale», estime M. Becker. Pour se rénover, «il faudrait que les socialistes fassent ce que Sarkozy a fait à droite, proposer des idées neuves à chaque question que se posent les Français».
Peter Mandelson, ancien architecte du changement du Labour britannique, aujourd'hui commissaire européen au Commerce, prédit aussi un sombre avenir aux socialistes français. «Vous n'êtes pas même au début de trouver un leadership pour engager le changement», a-t-il lancé récemment lors d'une réunion de rénovateurs socialistes.
Déchiré par les règlements de compte, le parti est en outre déstabilisé par la stratégie «d'ouverture» de M. Sarkozy, qui a attiré à lui des personnalités en rupture de ban, comme Bernard Kouchner, devenu chef de la diplomatie, et le ministre le plus apprécié du gouvernement par les Français.
Pour tenter de se reprendre, et de mettre en place une riposte face à M. Sarkozy, toujours très populaire, le premier parti d'opposition du pays organise d'aujourd'hui à dimanche sa traditionnelle université d'été à La Rochelle.
Mais plusieurs ténors dont les ex-premier ministre Lionel Jospin, Laurent Fabius et l'ex-ministre Dominique Strauss-Kahn qui brigue la tête du FMI, ont décidé de bouder cette réunion.
«Le PS est dans un triste état. Ce n'est pas cette réunion qui va régler les graves problèmes de personnes et de positionnement» du parti, écartelé entre le choix d'un virage à gauche ou d'une alliance au centre, résume l'historien spécialiste de la gauche Jean-Jacques Becker.
En attendant, chacun y va de son mot assassin après la défaite de Ségolène Royal à la présidentielle de mai, suivi d'un revers du PS aux législatives, même si le parti a limité la casse.
Dernier en date, le maire de Paris Bertrand Delanoë, présenté comme éventuel recours, a dénoncé «un parti de notable» à «l'esprit alangui».
La jeune garde a elle fustigé le «bilan catastrophique» des dernières années d'un parti «miné par le sectarisme», «sclérosé» et «confiné».
Bernard Kouchner a regretté un PS qui a «20 ans de retard», rejoint dans ses critiques par l'ex-premier ministre Michel Rocard, autre «recrue» au sein d'une commission de M. Sarkozy. Le président s'est targué jeudi avec ironie de «mieux exploiter les richesses humaines du Parti socialiste» que le PS lui-même.
Une avalanche de livres aux titres évocateurs — Au revoir Royal, Défaite en chantant — viennent aussi, sous la plume de certains caciques socialistes, critiquer l'impasse dans laquelle se trouve le PS.
Premiers visés, Ségolène Royal et son ex-compagnon, le numéro un du PS François Hollande, dont les rivalités et la rupture annoncée en juin n'ont cessé d'alimenter la presse et agacent de plus en plus au sein du parti.
Après avoir reconnu les ratés de sa campagne, Ségolène Royal, affiche sa volonté de poursuivre son chemin vers les sommets du PS. Elle reste la préférée des militants. Mais un récent sondage a montré le discrédit qui frappe le PS, jugés ainsi par 56 % des Français comme pas assez proche d'eux.
François Hollande, dans la tourmente, va passer la main au sein du PS en 2008, décidé, selon son entourage, à étoffer son image de chef d'opposition à l'Assemblée et espérant pouvoir se présenter à la présidentielle de 2012.
Son seul problème est qu'il personnifie l'immobilisme aux yeux de ses détracteurs de plus en plus nombreux et l'incapacité à rénover le parti. «Le PS, au fond, continue à vivre sur un stock d'idées très anciennes comme celle de la révolution sociale», estime M. Becker. Pour se rénover, «il faudrait que les socialistes fassent ce que Sarkozy a fait à droite, proposer des idées neuves à chaque question que se posent les Français».
Peter Mandelson, ancien architecte du changement du Labour britannique, aujourd'hui commissaire européen au Commerce, prédit aussi un sombre avenir aux socialistes français. «Vous n'êtes pas même au début de trouver un leadership pour engager le changement», a-t-il lancé récemment lors d'une réunion de rénovateurs socialistes.
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

