Grèce - Les incendies dominent le débat politique avant les élections
29 août 2007
Europe
Photo : Agence Reuters
Un jeune villageois du Péloponnèse a essayé tant bien que mal d’éteindre le feu qui menaçait des habitations.
Athènes — Il y a moins de deux semaines, lorsqu'il a convoqué des élections anticipées pour le 16 septembre, le premier ministre grec Costas Karamanlis semblait bien parti pour les remporter. Mais depuis jeudi dernier, la Grèce est en proie à des incendies meurtriers et son gouvernement conservateur se retrouve sur la sellette.
Les accusations d'incompétence pleuvent et les déclarations gouvernementales évoquant une éventuelle origine terroriste de ces incendies pourraient être contre-productives.
Les flammes sont désormais au coeur du débat politique préélectoral. On s'attend donc aux «élections de la colère», comme titrait le quotidien athénien To Vima.
Les Grecs furieux
Furieux et déjà assommés par des incendies meurtriers en juin et juillet, les Grecs sont désormais sous le choc d'un terrible bilan de 64 morts et la destruction de près de 200 000 hectares en quelques jours.
«C'est dans des périodes comme celles-ci qu'une société doit faire preuve de solidarité. En ce moment, tous les Grecs doivent être unis», tente de convaincre le premier ministre Costas Karamanlis.
Mais de nombreux Grecs reprochent à son gouvernement son manque d'organisation et la lenteur de la riposte face aux flammes meurtrières.
«Malheureusement, le gouvernement de M. Karamanlis a déçu la population grecque. Il a été totalement incapable de gérer le grave problème des incendies tout l'été», a dénoncé le socialiste George Papandreou (PASOK), principal leader de l'opposition, s'engouffrant dans la brèche. «Malheureusement, il n'a même pas réussi à sauver la vie des gens, leurs biens et leurs maisons.»
En outre, les suggestions répétées des responsables gouvernementaux ces derniers jours, selon lesquelles les incendies pourraient être le résultat d'un obscur complot criminel organisé, mené par une organisation indéterminée, ont suscité confusion et colère.
Vyron Polydoras, ministre de l'Ordre public, avait laissé entendre dimanche qu'une action concertée était à l'oeuvre. «Nous pouvons dire qu'il s'agit véritablement d'une menace asymétrique», avait-il lancé, sans plus de précisions, mais en ajoutant que les services secrets et une équipe antiterroriste participaient à l'enquête aux côtés de la police.
Karamanlis a lui aussi évoqué la piste criminelle, soulignant que le déclenchement simultané de tant de départs de feu à tant d'endroits différents ne pouvait être une coïncidence.
Papandreou a donc accusé le premier ministre d'attiser la peur alors que la Grèce brûle. Le gouvernement «fabrique des théories sur des conspirations terroristes», a-t-il persiflé. Et de déplorer des «institutions démocratiques mises à mal, [des] Grecs terrifiés». La Grèce «ne peut pas appuyer un gouvernement basé sur la peur, l'insécurité, la division, le fanatisme, qui créent le chaos», a-t-il tempêté.
Yiannis Ragoussis, porte-parole du Parti socialiste, a renchéri, accusant le gouvernement de «chercher à créer un climat de type 11-Septembre» en laissant entendre que la Grèce était sous la menace terroriste. «C'est une stratégie de communication en vue du 16 septembre», date des élections anticipées, a-t-il jugé.
Cherchant à ramener le calme dans cette atmosphère politique survoltée où volent reproches et insultes, le président Karolos Papoulias a appelé les Grecs à la «maturité»: «C'est une tragédie nationale. Nous le savons tous, et c'est le devoir de chacun d'entre nous de faire preuve de maturité pour faire face à cette tragédie.»
Les accusations d'incompétence pleuvent et les déclarations gouvernementales évoquant une éventuelle origine terroriste de ces incendies pourraient être contre-productives.
Les flammes sont désormais au coeur du débat politique préélectoral. On s'attend donc aux «élections de la colère», comme titrait le quotidien athénien To Vima.
Les Grecs furieux
Furieux et déjà assommés par des incendies meurtriers en juin et juillet, les Grecs sont désormais sous le choc d'un terrible bilan de 64 morts et la destruction de près de 200 000 hectares en quelques jours.
«C'est dans des périodes comme celles-ci qu'une société doit faire preuve de solidarité. En ce moment, tous les Grecs doivent être unis», tente de convaincre le premier ministre Costas Karamanlis.
Mais de nombreux Grecs reprochent à son gouvernement son manque d'organisation et la lenteur de la riposte face aux flammes meurtrières.
«Malheureusement, le gouvernement de M. Karamanlis a déçu la population grecque. Il a été totalement incapable de gérer le grave problème des incendies tout l'été», a dénoncé le socialiste George Papandreou (PASOK), principal leader de l'opposition, s'engouffrant dans la brèche. «Malheureusement, il n'a même pas réussi à sauver la vie des gens, leurs biens et leurs maisons.»
En outre, les suggestions répétées des responsables gouvernementaux ces derniers jours, selon lesquelles les incendies pourraient être le résultat d'un obscur complot criminel organisé, mené par une organisation indéterminée, ont suscité confusion et colère.
Vyron Polydoras, ministre de l'Ordre public, avait laissé entendre dimanche qu'une action concertée était à l'oeuvre. «Nous pouvons dire qu'il s'agit véritablement d'une menace asymétrique», avait-il lancé, sans plus de précisions, mais en ajoutant que les services secrets et une équipe antiterroriste participaient à l'enquête aux côtés de la police.
Karamanlis a lui aussi évoqué la piste criminelle, soulignant que le déclenchement simultané de tant de départs de feu à tant d'endroits différents ne pouvait être une coïncidence.
Papandreou a donc accusé le premier ministre d'attiser la peur alors que la Grèce brûle. Le gouvernement «fabrique des théories sur des conspirations terroristes», a-t-il persiflé. Et de déplorer des «institutions démocratiques mises à mal, [des] Grecs terrifiés». La Grèce «ne peut pas appuyer un gouvernement basé sur la peur, l'insécurité, la division, le fanatisme, qui créent le chaos», a-t-il tempêté.
Yiannis Ragoussis, porte-parole du Parti socialiste, a renchéri, accusant le gouvernement de «chercher à créer un climat de type 11-Septembre» en laissant entendre que la Grèce était sous la menace terroriste. «C'est une stratégie de communication en vue du 16 septembre», date des élections anticipées, a-t-il jugé.
Cherchant à ramener le calme dans cette atmosphère politique survoltée où volent reproches et insultes, le président Karolos Papoulias a appelé les Grecs à la «maturité»: «C'est une tragédie nationale. Nous le savons tous, et c'est le devoir de chacun d'entre nous de faire preuve de maturité pour faire face à cette tragédie.»
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

