Paris confirme la vente de missiles à la Libye
4 août 2007
Europe
Paris — Les responsables français ont confirmé hier l'existence d'un important contrat d'armes avec la Libye, une semaine après la libération des infirmières bulgares, et tenté de désamorcer la polémique en acceptant une commission d'enquête parlementaire réclamée par les socialistes.
Le président Nicolas Sarkozy, qui s'était rendu à Tripoli la semaine dernière, s'est dit «favorable» à la création d'une telle commission «sur les développements récents des relations entre la France et la Libye, y compris en matière d'armement». «Les travaux de cette commission permettront de confirmer toutes les déclarations faites par les autorités françaises et de mettre en valeur l'exemplarité de leur action qui a permis, avec l'Union européenne, de mettre un terme à l'emprisonnement des cinq infirmières et du médecin bulgares», a affirmé la présidence dans un communiqué.
M. Sarkozy est depuis jeudi en vacances dans une station estivale chic des États-Unis, près de Boston.
Au cours de la visite de M. Sarkozy à Tripoli, Paris avait signé avec la Libye un mémorandum portant sur un projet de fourniture d'une centrale nucléaire destinée au dessalement de l'eau de mer et un accord de coopération dans le domaine militaire dont les termes n'ont pas été rendus publics.
L'opposition avait accusé le gouvernement de ne pas avoir fait preuve de «transparence» et soupçonne que la libération des infirmières, détenues pendant plus de huit ans, ait pu faire l'objet d'un marchandage secret avec Paris.
Des critiques ont été relancées après l'annonce jeudi soir par un haut responsable libyen de l'existence d'un contrat d'armement avec le groupe européen d'aéronautique et de défense EADS pour l'achat de missiles antichar Milan pour 168 millions d'euros et pour un système Tetra de communication radio pour 128 millions d'euros.
La Libye a mis en avant le fait que ce contrat d'armement était, selon elle, le premier signé avec un pays européen depuis la levée en 2004 d'un embargo européen sur les armes.
Le ministre de la Défense, Hervé Morin, a confirmé que la Libye avait bien signé une «lettre d'intention» pour acheter des Milan, une arme de conception française exportée dans plus de 40 pays.
Le groupe européen EADS a annoncé de son côté que ce contrat pour la fourniture des missiles Milan à la Libye, négocié par sa filiale MBDA, était «finalisé», après «18 mois» de négociations.
Selon M. Morin, cette vente était négociée depuis des mois et avait reçu «l'accord de principe» d'une commission interministérielle française dès février 2007 «sous l'ancien gouvernement». «Et il y a aussi une lettre d'intention pour des systèmes radio», a-t-il ajouté.
Face aux critiques, les responsables français ont continué à affirmer que la libération des Bulgares n'avait donné lieu à aucune «contrepartie» ou «rémunération» en faveur du régime du dirigeant Muammar al-Kadhafi.
Pour le secrétaire général du Parti socialiste, François Hollande, la commission d'enquête doit «faire la lumière sur ce qui est de l'ordre de l'accord commercial, j'allais dire classique, et ce qui est de l'ordre d'une négociation avec un pays qui a détenu, hélas, des otages pendant huit ans et a essayé d'en jouer sur la scène internationale».
Le gouvernement et la présidence ont expliqué qu'il était normal que des entreprises françaises, y compris d'armement, cherchent à conclure des accords avec la Libye. Car ce pays, autrefois accusé par les Occidentaux de soutenir le terrorisme, «respecte» désormais ses obligations internationales et n'est plus frappé par l'embargo européen sur les armes, levé en 2004.
«Il y a des tas de pays en discussion avec Tripoli: les Italiens, les Russes, les Britanniques, a souligné M. Morin. Si ce n'est pas nous, ce sera d'autres.»
Le président Nicolas Sarkozy, qui s'était rendu à Tripoli la semaine dernière, s'est dit «favorable» à la création d'une telle commission «sur les développements récents des relations entre la France et la Libye, y compris en matière d'armement». «Les travaux de cette commission permettront de confirmer toutes les déclarations faites par les autorités françaises et de mettre en valeur l'exemplarité de leur action qui a permis, avec l'Union européenne, de mettre un terme à l'emprisonnement des cinq infirmières et du médecin bulgares», a affirmé la présidence dans un communiqué.
M. Sarkozy est depuis jeudi en vacances dans une station estivale chic des États-Unis, près de Boston.
Au cours de la visite de M. Sarkozy à Tripoli, Paris avait signé avec la Libye un mémorandum portant sur un projet de fourniture d'une centrale nucléaire destinée au dessalement de l'eau de mer et un accord de coopération dans le domaine militaire dont les termes n'ont pas été rendus publics.
L'opposition avait accusé le gouvernement de ne pas avoir fait preuve de «transparence» et soupçonne que la libération des infirmières, détenues pendant plus de huit ans, ait pu faire l'objet d'un marchandage secret avec Paris.
Des critiques ont été relancées après l'annonce jeudi soir par un haut responsable libyen de l'existence d'un contrat d'armement avec le groupe européen d'aéronautique et de défense EADS pour l'achat de missiles antichar Milan pour 168 millions d'euros et pour un système Tetra de communication radio pour 128 millions d'euros.
La Libye a mis en avant le fait que ce contrat d'armement était, selon elle, le premier signé avec un pays européen depuis la levée en 2004 d'un embargo européen sur les armes.
Le ministre de la Défense, Hervé Morin, a confirmé que la Libye avait bien signé une «lettre d'intention» pour acheter des Milan, une arme de conception française exportée dans plus de 40 pays.
Le groupe européen EADS a annoncé de son côté que ce contrat pour la fourniture des missiles Milan à la Libye, négocié par sa filiale MBDA, était «finalisé», après «18 mois» de négociations.
Selon M. Morin, cette vente était négociée depuis des mois et avait reçu «l'accord de principe» d'une commission interministérielle française dès février 2007 «sous l'ancien gouvernement». «Et il y a aussi une lettre d'intention pour des systèmes radio», a-t-il ajouté.
Face aux critiques, les responsables français ont continué à affirmer que la libération des Bulgares n'avait donné lieu à aucune «contrepartie» ou «rémunération» en faveur du régime du dirigeant Muammar al-Kadhafi.
Pour le secrétaire général du Parti socialiste, François Hollande, la commission d'enquête doit «faire la lumière sur ce qui est de l'ordre de l'accord commercial, j'allais dire classique, et ce qui est de l'ordre d'une négociation avec un pays qui a détenu, hélas, des otages pendant huit ans et a essayé d'en jouer sur la scène internationale».
Le gouvernement et la présidence ont expliqué qu'il était normal que des entreprises françaises, y compris d'armement, cherchent à conclure des accords avec la Libye. Car ce pays, autrefois accusé par les Occidentaux de soutenir le terrorisme, «respecte» désormais ses obligations internationales et n'est plus frappé par l'embargo européen sur les armes, levé en 2004.
«Il y a des tas de pays en discussion avec Tripoli: les Italiens, les Russes, les Britanniques, a souligné M. Morin. Si ce n'est pas nous, ce sera d'autres.»
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