Nouvelle vague bleue en France
Photo : Agence France-Presse
Le premier ministre français, François Fillon, a été élu dès le premier tour des élections législatives, hier.
Paris — Une seconde vague bleue a déferlé hier sur la France. Après l'élection présidentielle du 6 mai dernier, le parti du président Nicolas Sarkozy, l'UMP, a remporté 42 % des voix au premier tour des élections législatives. Selon les estimations qui circulaient hier, ce résultat devrait lui assurer au second tour, dimanche prochain, entre 405 et 445 députés à l'assemblée nationale (sur 577). C'est sans surprise que le Parlement devrait donc être massivement acquis au nouveau président dont le parti enregistre un record historique au premier tour d'élections législatives. La droite devrait ainsi augmenter sa majorité comparativement à la législature précédente, qui lui était pourtant déjà largement acquise.
La gauche essuie de son côté un échec cuisant. Le Parti socialiste n'obtient que 28 % des voix, comparativement aux 47 % qu'avait décrochés sa candidate, Ségolène Royal, à la présidentielle du mois dernier. Avec les petits partis, la gauche ne rassemble que 35 % du vote, ce qui ne peut lui laisser espérer qu'entre 120 à 160 députés dimanche prochain.
Les tiers partis s'effacent encore un peu plus de la carte électorale. Le Parti communiste ne devrait pas faire élire plus d'une douzaine de députés. Quant au Mouvement démocrate (Modem), le nouveau parti du centriste François Bayrou, avec 7 % des voix, il ne peut espérer plus de quatre élus. Le Front national poursuit aussi sa chute avec 4 % des voix et aucun élu en vue. Même constat pour les Verts avec une possibilité d'au plus trois élus. Seuls l'UMP, le Parti socialiste et le Nouveau Centre (rassemblant les centristes ralliés à Nicolas Sarkozy) devraient donc avoir un groupe parlementaire reconnu dans la nouvelle assemblée puisqu'il faut pour cela faire élire au moins 20 députés.
Ce résultat record à droite s'accompagne néanmoins du plus fort taux d'abstention de l'histoire de la Ve République. Environ 39 % des électeurs inscrits n'ont pas daigné se déplacer. Un véritable contraste avec le 6 mai dernier, alors que le second tour de la présidentielle avait enregistré un des plus haut taux de participation de l'histoire récente (84 %).
Réfugié à la résidence de la Lanterne, à Versailles, Nicolas Sarkozy n'a pas souhaité s'exprimer. Son premier ministre, François Fillon, a affirmé sa volonté de poursuivre les réformes pour lesquelles Nicolas Sarkozy a été élu.
«Ce premier tour des élections législatives confirme votre volonté de donner un cap à la France», a-t-il déclaré. Avec l'élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République, dit-il, «une large espérance populaire est née». Le premier ministre a confirmé son intention de poursuivre «l'ouverture politique» amorcée avec l'inclusion de personnalités de gauche dans le gouvernement qu'il qualifie de «révolution politique». «Nous voulons créer un choc de confiance et un choc de croissance», a-t-il conclu.
Toujours souriante, la candidate socialiste défaite à l'élection présidentielle, Ségolène Royal, a dit savoir «pourquoi un certain nombre d'entre vous [les électeurs] ne sont pas allés voter, parce qu'ils vivent un certain fatalisme». S'adressant particulièrement aux jeunes, elle a déclaré: «La République a besoin de vous, car la République a besoin de respirer. La démocratie a besoin de vous, car la démocratie a besoin d'une grande force à gauche qui va veiller» à ce qu'«il n'y ait pas d'abus de pouvoir, de précarité, de dérapage de la dette».
Les traits tirés, François Hollande a appelé à un «sursaut» pour le second tour. Le premier secrétaire du Parti socialiste n'a pas atteint l'objectif de 30 % des voix qu'il s'était fixé. Mettant en garde contre une majorité qui aurait tous les pouvoirs, il a lancé «un appel à la mobilisation de la gauche pour assurer un équilibre [...]. Tous ceux qui ne veulent pas d'un parti qui puisse contrôler l'Assemblée nationale à lui tout seul, tous ceux qui ne veulent pas de la précarité, que tous ceux-là viennent voter dimanche prochain».
Le centriste François Bayrou, qui était arrivé troisième à l'élection présidentielle, avec 18,5 % des voix, est largement en avance dans sa circonscription du Béarn. Mais son nouveau Mouvement démocratique ne peut espérer faire élire que quelques rares députés. «Cela crée un déséquilibre dans la représentation de l'Assemblée nationale, un déséquilibre terriblement marqué, dit-il. Et ce déséquilibre, un jour ou l'autre, la France le regrettera.» Selon le leader centriste, «il n'est pas sain d'avoir des institutions qui ainsi portent les uns à un nombre de sièges probablement jamais atteint jusqu'à maintenant et n'offrent aux autres qu'une représentation minorée». François Bayrou a appelé les électeurs à choisir au second tour «le déséquilibre le moins marqué possible».
Pendant qu'à gauche, les dirigeants socialistes parlaient de refondation et de remise en question, les leaders de la droite pavoisaient. «Nous avons besoin de la majorité la plus large possible», a déclaré l'ancien ministre de droite Jean-François Copé. À gauche, l'ancien ministre socialiste Dominique Strauss-Kahn estimait que «les Français ont voulu être cohérents avec leur vote de la présidentielle et donner une majorité à Nicolas Sarkozy». Les socialistes peuvent «encore gagner», disait-il sans pourtant avoir trop l'air d'y croire.
Dans les banlieues pauvres autour des grandes villes, les taux de participation ont été encore plus faibles qu'ailleurs. La plupart de ces quartiers qui avaient enflammé la France il y a deux ans ont voté socialiste, dépassant plusieurs élus communistes autrefois très implantés dans ces circonscriptions.
Le Front national de Jean-Marie Le Pen obtient son plus mauvais résultat de l'histoire. Le parti d'extrême droite semble s'être fait siphonner la majorité de ses électeurs par l'UMP. «Ce n'est pas la première fois que le Front national se retrouve dans cette situation», a déclaré Jean-Marie Le Pen. «J'ai reconnu à Nicolas Sarkozy un très grand talent d'illusionniste, mais l'illusionniste va devoir descendre de scène à un moment donné et, par conséquent, il va devoir se colleter avec les faits qui sont têtus.» Sa fille, Marine Le Pen, sera présente au second tour dans la 14e circonscription du Pas-de-Calais.
Tous les ministres du gouvernement qui étaient candidats ont été élus ou se retrouvent en ballottage favorable. C'est notamment le cas du ministre de l'Environnement et maire de Bordeaux, Alain Juppé, dont le siège demeure cependant en jeu. Le numéro deux du gouvernement a obtenu hier 42 % des voix, un score bien maigre comparé aux 48,2 % de 2002.
À gauche, l'ancien ministre de la Culture Jack Lang semblait en bonne posture pour l'emporter dimanche prochain. Par contre, les sièges des anciens ministres socialistes Pierre Moscovici et Jean-Pierre Chevènement étaient en jeu.
***
Correspondant du Devoir à Paris
La gauche essuie de son côté un échec cuisant. Le Parti socialiste n'obtient que 28 % des voix, comparativement aux 47 % qu'avait décrochés sa candidate, Ségolène Royal, à la présidentielle du mois dernier. Avec les petits partis, la gauche ne rassemble que 35 % du vote, ce qui ne peut lui laisser espérer qu'entre 120 à 160 députés dimanche prochain.
Les tiers partis s'effacent encore un peu plus de la carte électorale. Le Parti communiste ne devrait pas faire élire plus d'une douzaine de députés. Quant au Mouvement démocrate (Modem), le nouveau parti du centriste François Bayrou, avec 7 % des voix, il ne peut espérer plus de quatre élus. Le Front national poursuit aussi sa chute avec 4 % des voix et aucun élu en vue. Même constat pour les Verts avec une possibilité d'au plus trois élus. Seuls l'UMP, le Parti socialiste et le Nouveau Centre (rassemblant les centristes ralliés à Nicolas Sarkozy) devraient donc avoir un groupe parlementaire reconnu dans la nouvelle assemblée puisqu'il faut pour cela faire élire au moins 20 députés.
Ce résultat record à droite s'accompagne néanmoins du plus fort taux d'abstention de l'histoire de la Ve République. Environ 39 % des électeurs inscrits n'ont pas daigné se déplacer. Un véritable contraste avec le 6 mai dernier, alors que le second tour de la présidentielle avait enregistré un des plus haut taux de participation de l'histoire récente (84 %).
Réfugié à la résidence de la Lanterne, à Versailles, Nicolas Sarkozy n'a pas souhaité s'exprimer. Son premier ministre, François Fillon, a affirmé sa volonté de poursuivre les réformes pour lesquelles Nicolas Sarkozy a été élu.
«Ce premier tour des élections législatives confirme votre volonté de donner un cap à la France», a-t-il déclaré. Avec l'élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République, dit-il, «une large espérance populaire est née». Le premier ministre a confirmé son intention de poursuivre «l'ouverture politique» amorcée avec l'inclusion de personnalités de gauche dans le gouvernement qu'il qualifie de «révolution politique». «Nous voulons créer un choc de confiance et un choc de croissance», a-t-il conclu.
Toujours souriante, la candidate socialiste défaite à l'élection présidentielle, Ségolène Royal, a dit savoir «pourquoi un certain nombre d'entre vous [les électeurs] ne sont pas allés voter, parce qu'ils vivent un certain fatalisme». S'adressant particulièrement aux jeunes, elle a déclaré: «La République a besoin de vous, car la République a besoin de respirer. La démocratie a besoin de vous, car la démocratie a besoin d'une grande force à gauche qui va veiller» à ce qu'«il n'y ait pas d'abus de pouvoir, de précarité, de dérapage de la dette».
Les traits tirés, François Hollande a appelé à un «sursaut» pour le second tour. Le premier secrétaire du Parti socialiste n'a pas atteint l'objectif de 30 % des voix qu'il s'était fixé. Mettant en garde contre une majorité qui aurait tous les pouvoirs, il a lancé «un appel à la mobilisation de la gauche pour assurer un équilibre [...]. Tous ceux qui ne veulent pas d'un parti qui puisse contrôler l'Assemblée nationale à lui tout seul, tous ceux qui ne veulent pas de la précarité, que tous ceux-là viennent voter dimanche prochain».
Le centriste François Bayrou, qui était arrivé troisième à l'élection présidentielle, avec 18,5 % des voix, est largement en avance dans sa circonscription du Béarn. Mais son nouveau Mouvement démocratique ne peut espérer faire élire que quelques rares députés. «Cela crée un déséquilibre dans la représentation de l'Assemblée nationale, un déséquilibre terriblement marqué, dit-il. Et ce déséquilibre, un jour ou l'autre, la France le regrettera.» Selon le leader centriste, «il n'est pas sain d'avoir des institutions qui ainsi portent les uns à un nombre de sièges probablement jamais atteint jusqu'à maintenant et n'offrent aux autres qu'une représentation minorée». François Bayrou a appelé les électeurs à choisir au second tour «le déséquilibre le moins marqué possible».
Pendant qu'à gauche, les dirigeants socialistes parlaient de refondation et de remise en question, les leaders de la droite pavoisaient. «Nous avons besoin de la majorité la plus large possible», a déclaré l'ancien ministre de droite Jean-François Copé. À gauche, l'ancien ministre socialiste Dominique Strauss-Kahn estimait que «les Français ont voulu être cohérents avec leur vote de la présidentielle et donner une majorité à Nicolas Sarkozy». Les socialistes peuvent «encore gagner», disait-il sans pourtant avoir trop l'air d'y croire.
Dans les banlieues pauvres autour des grandes villes, les taux de participation ont été encore plus faibles qu'ailleurs. La plupart de ces quartiers qui avaient enflammé la France il y a deux ans ont voté socialiste, dépassant plusieurs élus communistes autrefois très implantés dans ces circonscriptions.
Le Front national de Jean-Marie Le Pen obtient son plus mauvais résultat de l'histoire. Le parti d'extrême droite semble s'être fait siphonner la majorité de ses électeurs par l'UMP. «Ce n'est pas la première fois que le Front national se retrouve dans cette situation», a déclaré Jean-Marie Le Pen. «J'ai reconnu à Nicolas Sarkozy un très grand talent d'illusionniste, mais l'illusionniste va devoir descendre de scène à un moment donné et, par conséquent, il va devoir se colleter avec les faits qui sont têtus.» Sa fille, Marine Le Pen, sera présente au second tour dans la 14e circonscription du Pas-de-Calais.
Tous les ministres du gouvernement qui étaient candidats ont été élus ou se retrouvent en ballottage favorable. C'est notamment le cas du ministre de l'Environnement et maire de Bordeaux, Alain Juppé, dont le siège demeure cependant en jeu. Le numéro deux du gouvernement a obtenu hier 42 % des voix, un score bien maigre comparé aux 48,2 % de 2002.
À gauche, l'ancien ministre de la Culture Jack Lang semblait en bonne posture pour l'emporter dimanche prochain. Par contre, les sièges des anciens ministres socialistes Pierre Moscovici et Jean-Pierre Chevènement étaient en jeu.
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Correspondant du Devoir à Paris
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