samedi 26 mai 2012 Dernière mise à jour 09h44
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Dispute et séduction

Serge Truffaut   16 mai 2007  Europe
Nicolas Sarkozy est un malin, dans le sens roué du terme. Au cours des derniers jours, il s'est appliqué à la pêche au gros. Plus exactement, il essaie de convaincre certains vétérans de l'ère Mitterrand de rejoindre son premier gouvernement. Lesquels? Le très populaire Bernard Kouchner, le respecté Hubert Védrine, l'électron libre Claude Allègre et une gestionnaire de haut vol: Anne Lauvergeon, présidente d'Avera, numéro un mondial du nucléaire civil. Tous ont en commun une connaissance fine des arcanes du pouvoir, mais surtout du Parti socialiste.

Amorcée au surlendemain de sa victoire à la présidentielle, la campagne de séduction que mène Sarkozy auprès de ces personnes a notamment pour objectif d'accentuer les divisions apparues dans les heures qui ont suivi la défaite de Ségolène Royal. Les bévues de cette dernière, et Dieu sait s'il y en a eu, ont aiguisé si rapidement les appétits des ténors du PS qu'on a le sentiment, pour ne pas dire la certitude, que leur horizon politique se confond avec la présidentielle de 2012, et non avec les législatives de juin... 2007.

Toujours est-il qu'à la minute où les uns et les autres ont appris que ce quatuor s'était fait offrir des portefeuilles ministériels de prestige, les poids lourds du PS ont réagi en ordre dispersé. Certains laissent entendre, non sans raison d'ailleurs, que cette série de pas de deux entre des camps qui sortent tout juste d'une campagne dure à tous égards est le résultat du comportement choisi, arrêté et maintenu par Mme Royal.

En effet, après avoir été choisie comme candidate du PS lors des primaires de l'automne dernier, Royal s'est entêtée à écarter ceux qui, pour être effectivement les «éléphants» de cette formation, maîtrisent les dossiers mieux qu'elle. Parfois elle n'a pas hésité à les humilier. Souvent elle a pris le PS par surprise, et au premier chef son patron François Hollande, par ailleurs conjoint de Mme Royal. Affirmer, entre les deux tours, qu'en cas de victoire elle proposerait des ministères aux centristes de l'UDF, sans avoir averti ou consulté les bonzes du PS, a eu un effet d'autant plus désastreux qu'elle a mis ces derniers dans l'obligation de la contredire.

Évidemment conscient que ces disputes nourrissent la polémique qui prévaut chez l'ennemi, Sarkozy, en opportuniste impénitent qu'il est, s'est engouffré dans les failles que Royal, Strauss-Khan, Fabius et consorts ont ouvertes. Si la participation au gouvernement de Kouchner et des autres se confirme, il est écrit dans le ciel que l'UMP disposera d'une majorité confortable après les législatives.

Car, à moins d'un brusque changement de cap, le PS ne veut pas nouer d'alliances en vue du prochain rendez-vous électoral avec l'ex-UDF de François Bayrou, formation rebaptisée Mouvement démocrate. En fait, on peut s'attendre à ce que Sarkozy ait la main sur tous les pouvoirs, sans aucune exception, après les législatives.
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires  Chargement ...
  • Roland Berger - Abonné
    16 mai 2007 09 h 13
    Le malin Charest
    Pourquoi Charest, qui est aussi un malin, n'a-t-il pas opté pour un gouvernement de coalition en invitant des adéquistes et des péquistes dans son cabinet ? Sans doute parce qu'il croit qu'il lui sera plus facile de dominer en adoptant l'essentiel du programme électoral de l'A.D.Q. pour enfin effectuer le virage à droite que le mond syndical l'a empêché de faire jusqu'ici. Sarkovy et Charest auraient intérêt à se fréquenter sur une base régulière.
    Roland Berger
    London, Ontario
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Sylvain Auclair - Abonné
    16 mai 2007 15 h 29
    Coalition?
    Inviter des gens d'autres partis? Il n'y a que deux manières: soit les faire changer de bord, auquel cas ils ne sont plus d'un autre parti, soit faire un gouvernement de coalition, ce qui n'est, je crois, jamais arrivé au Canada. D'ailleurs, si on avait une coalition des trois partis, qui serait l'Opposition?
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Christian Tallon - Inscrit
    16 mai 2007 15 h 35
    Le côté hongrois de Szarkozy
    L'éducation hongroise consiste à féliciter un enfant qui a été "malin" en lui disant "ügyes voltal, ügyes voltal". Manque de chance, en français, "malin" a un double sens, celui d'habile mais aussi celui de mal-in. Autre culture. Le fond de la culture française est plus porté sur la justice "c'est pas juste" !!! ou sur la compassion "pauvre" untel ou untelle. On verra comment M. le Président de débrouillera de sa double culture ! *
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • francis dery - Inscrit
    16 mai 2007 23 h 48
    @Roland Berger
    Ne t'en fais pas.
    Sarkozy est en contact avec Charest par le biais de la famille Desmarais.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
4 réactions
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Pour en savoir plus
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012