Dispute et séduction
Nicolas Sarkozy est un malin, dans le sens roué du terme. Au cours des derniers jours, il s'est appliqué à la pêche au gros. Plus exactement, il essaie de convaincre certains vétérans de l'ère Mitterrand de rejoindre son premier gouvernement. Lesquels? Le très populaire Bernard Kouchner, le respecté Hubert Védrine, l'électron libre Claude Allègre et une gestionnaire de haut vol: Anne Lauvergeon, présidente d'Avera, numéro un mondial du nucléaire civil. Tous ont en commun une connaissance fine des arcanes du pouvoir, mais surtout du Parti socialiste.
Amorcée au surlendemain de sa victoire à la présidentielle, la campagne de séduction que mène Sarkozy auprès de ces personnes a notamment pour objectif d'accentuer les divisions apparues dans les heures qui ont suivi la défaite de Ségolène Royal. Les bévues de cette dernière, et Dieu sait s'il y en a eu, ont aiguisé si rapidement les appétits des ténors du PS qu'on a le sentiment, pour ne pas dire la certitude, que leur horizon politique se confond avec la présidentielle de 2012, et non avec les législatives de juin... 2007.
Toujours est-il qu'à la minute où les uns et les autres ont appris que ce quatuor s'était fait offrir des portefeuilles ministériels de prestige, les poids lourds du PS ont réagi en ordre dispersé. Certains laissent entendre, non sans raison d'ailleurs, que cette série de pas de deux entre des camps qui sortent tout juste d'une campagne dure à tous égards est le résultat du comportement choisi, arrêté et maintenu par Mme Royal.
En effet, après avoir été choisie comme candidate du PS lors des primaires de l'automne dernier, Royal s'est entêtée à écarter ceux qui, pour être effectivement les «éléphants» de cette formation, maîtrisent les dossiers mieux qu'elle. Parfois elle n'a pas hésité à les humilier. Souvent elle a pris le PS par surprise, et au premier chef son patron François Hollande, par ailleurs conjoint de Mme Royal. Affirmer, entre les deux tours, qu'en cas de victoire elle proposerait des ministères aux centristes de l'UDF, sans avoir averti ou consulté les bonzes du PS, a eu un effet d'autant plus désastreux qu'elle a mis ces derniers dans l'obligation de la contredire.
Évidemment conscient que ces disputes nourrissent la polémique qui prévaut chez l'ennemi, Sarkozy, en opportuniste impénitent qu'il est, s'est engouffré dans les failles que Royal, Strauss-Khan, Fabius et consorts ont ouvertes. Si la participation au gouvernement de Kouchner et des autres se confirme, il est écrit dans le ciel que l'UMP disposera d'une majorité confortable après les législatives.
Car, à moins d'un brusque changement de cap, le PS ne veut pas nouer d'alliances en vue du prochain rendez-vous électoral avec l'ex-UDF de François Bayrou, formation rebaptisée Mouvement démocrate. En fait, on peut s'attendre à ce que Sarkozy ait la main sur tous les pouvoirs, sans aucune exception, après les législatives.
Amorcée au surlendemain de sa victoire à la présidentielle, la campagne de séduction que mène Sarkozy auprès de ces personnes a notamment pour objectif d'accentuer les divisions apparues dans les heures qui ont suivi la défaite de Ségolène Royal. Les bévues de cette dernière, et Dieu sait s'il y en a eu, ont aiguisé si rapidement les appétits des ténors du PS qu'on a le sentiment, pour ne pas dire la certitude, que leur horizon politique se confond avec la présidentielle de 2012, et non avec les législatives de juin... 2007.
Toujours est-il qu'à la minute où les uns et les autres ont appris que ce quatuor s'était fait offrir des portefeuilles ministériels de prestige, les poids lourds du PS ont réagi en ordre dispersé. Certains laissent entendre, non sans raison d'ailleurs, que cette série de pas de deux entre des camps qui sortent tout juste d'une campagne dure à tous égards est le résultat du comportement choisi, arrêté et maintenu par Mme Royal.
En effet, après avoir été choisie comme candidate du PS lors des primaires de l'automne dernier, Royal s'est entêtée à écarter ceux qui, pour être effectivement les «éléphants» de cette formation, maîtrisent les dossiers mieux qu'elle. Parfois elle n'a pas hésité à les humilier. Souvent elle a pris le PS par surprise, et au premier chef son patron François Hollande, par ailleurs conjoint de Mme Royal. Affirmer, entre les deux tours, qu'en cas de victoire elle proposerait des ministères aux centristes de l'UDF, sans avoir averti ou consulté les bonzes du PS, a eu un effet d'autant plus désastreux qu'elle a mis ces derniers dans l'obligation de la contredire.
Évidemment conscient que ces disputes nourrissent la polémique qui prévaut chez l'ennemi, Sarkozy, en opportuniste impénitent qu'il est, s'est engouffré dans les failles que Royal, Strauss-Khan, Fabius et consorts ont ouvertes. Si la participation au gouvernement de Kouchner et des autres se confirme, il est écrit dans le ciel que l'UMP disposera d'une majorité confortable après les législatives.
Car, à moins d'un brusque changement de cap, le PS ne veut pas nouer d'alliances en vue du prochain rendez-vous électoral avec l'ex-UDF de François Bayrou, formation rebaptisée Mouvement démocrate. En fait, on peut s'attendre à ce que Sarkozy ait la main sur tous les pouvoirs, sans aucune exception, après les législatives.
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