Gordon Brown - La patience récompensée
Le ministre britannique des Finances sort maintenant de l'ombre de Tony Blair
Photo : Agence Reuters
Gordon Brown
Londres — Après dix années dans l'ombre de Tony Blair, le ministre britannique des Finances, Gordon Brown, est désormais certain de jouer les premiers rôles, une certitude qui semble illuminer le futur-ex-chancelier de l'Échiquier.
Le successeur présumé de Tony Blair à Downing Street se préparait hier à sa candidature à la direction du Parti travailliste. «Des plans ont été mis au point», a déclaré son porte-parole après que Tony Blair eut annoncé qu'il démissionnerait le 27 juin de son poste de premier ministre.
M. Brown, 56 ans, pourrait se déclarer candidat à la direction du Parti travailliste, et donc à Downing Street, dès aujourd'hui, selon les médias britanniques.
Costumes sur mesure et sourire blanchi, Brown soigne désormais son image avec un soin méticuleux, sans doute en prévision d'un défi à haut risque, celui d'amener un Parti travailliste à la popularité en berne à une quatrième victoire consécutive.
Malgré ses efforts, ce fils de pasteur au tempérament appliqué et sérieux n'a pas le charisme incontestable de Tony Blair et reste aux antipodes de l'actuel locataire du 10, Downing Street, qui en remettra les clés le 27 juin.
«Peut-être pourrais-je bientôt parler d'autres choses que de données financières. Je donne des nouvelles de l'économie, les occasions de faire de l'humour ne sont donc pas nombreuses. Je me vois mal faire des blagues sur les impôts», s'excusait-il récemment.
Loin des chiffres et de la politique, c'est d'abord au football qu'il entend vouer sa vie, mais le sort en décide autrement. À 16 ans, un accident de sport lui coûte un oeil. Hospitalisé plusieurs mois, il se bat pour ne pas perdre totalement la vue.
Natif de Glasgow, c'est à l'université d'Édimbourg qu'il fait ses premières armes en politique, fort de convictions solidement ancrées à gauche qui remontent à son enfance à Kirkaldy, ville en proie au déclin industriel. Ceux qui le côtoyaient alors gardent le souvenir d'un étudiant habité par ses choix à la capacité de travail hors du commun, un trait dont il ne s'est jamais départi.
Élu dans la circonscription de Dunfermline East, il entre aux Communes en 1983 et partage à Westminster le bureau d'un certain Tony Blair.
Les deux hommes gravissent rapidement les échelons d'une formation en plein renouveau, mais Brown apparaît alors comme la figure dominante de ce duo à l'origine du New Labour.
En 1994, à la mort de John Smith, chef de file du parti, c'est pourtant Blair qui lui succède. La légende travailliste prétend que Brown a laissé à son cadet les rênes de la formation, étant entendu que ce dernier lui céderait Downing Street au milieu de son second mandat.
Nombreux sont ceux, parmi les «blairistes», qui nient l'existence d'un tel pacte, baptisé Granita Deal, du nom du restaurant du nord de Londres où les deux hommes l'auraient conclu. Les détracteurs du premier ministre évoquent quant à eux un pacte rompu.
Leur relation orageuse a été un des traits les plus marquants de la politique britannique de ces dix dernières années. Si Downing Street lui est aujourd'hui promis, reste à savoir s'il parviendra à s'y maintenir au-delà des prochaines législatives, attendues en 2009, que les tories semblent devoir aborder en position de force.
Gordon Brown restera quoi qu'il en soit l'architecte de la réussite économique du New Labour, dont un des principaux faits d'armes a été le transfert à la Banque d'Angleterre de la gestion des taux d'intérêt dans les jours qui ont suivi la victoire de 1997.
Redressement de la croissance et recul du chômage lui valent régulièrement les louanges du Fonds monétaire international. Mais son long règne sur les finances britanniques, sans équivalent depuis 200 ans, est également marqué par un endettement croissant et un quadruplement des prix de l'immobilier. Ses détracteurs lui reprochent en outre le goût des cénacles et une froideur qui confine parfois à l'hostilité.
Hostile à l'euro, il aime également se présenter comme un ardent défenseur des intérêts britanniques sur le continent.
La paternité semble toutefois l'avoir adouci. Père d'un petit John né en 2003, il a eu l'an dernier un deuxième garçon nommé Fraser.
Le successeur présumé de Tony Blair à Downing Street se préparait hier à sa candidature à la direction du Parti travailliste. «Des plans ont été mis au point», a déclaré son porte-parole après que Tony Blair eut annoncé qu'il démissionnerait le 27 juin de son poste de premier ministre.
M. Brown, 56 ans, pourrait se déclarer candidat à la direction du Parti travailliste, et donc à Downing Street, dès aujourd'hui, selon les médias britanniques.
Costumes sur mesure et sourire blanchi, Brown soigne désormais son image avec un soin méticuleux, sans doute en prévision d'un défi à haut risque, celui d'amener un Parti travailliste à la popularité en berne à une quatrième victoire consécutive.
Malgré ses efforts, ce fils de pasteur au tempérament appliqué et sérieux n'a pas le charisme incontestable de Tony Blair et reste aux antipodes de l'actuel locataire du 10, Downing Street, qui en remettra les clés le 27 juin.
«Peut-être pourrais-je bientôt parler d'autres choses que de données financières. Je donne des nouvelles de l'économie, les occasions de faire de l'humour ne sont donc pas nombreuses. Je me vois mal faire des blagues sur les impôts», s'excusait-il récemment.
Loin des chiffres et de la politique, c'est d'abord au football qu'il entend vouer sa vie, mais le sort en décide autrement. À 16 ans, un accident de sport lui coûte un oeil. Hospitalisé plusieurs mois, il se bat pour ne pas perdre totalement la vue.
Natif de Glasgow, c'est à l'université d'Édimbourg qu'il fait ses premières armes en politique, fort de convictions solidement ancrées à gauche qui remontent à son enfance à Kirkaldy, ville en proie au déclin industriel. Ceux qui le côtoyaient alors gardent le souvenir d'un étudiant habité par ses choix à la capacité de travail hors du commun, un trait dont il ne s'est jamais départi.
Élu dans la circonscription de Dunfermline East, il entre aux Communes en 1983 et partage à Westminster le bureau d'un certain Tony Blair.
Les deux hommes gravissent rapidement les échelons d'une formation en plein renouveau, mais Brown apparaît alors comme la figure dominante de ce duo à l'origine du New Labour.
En 1994, à la mort de John Smith, chef de file du parti, c'est pourtant Blair qui lui succède. La légende travailliste prétend que Brown a laissé à son cadet les rênes de la formation, étant entendu que ce dernier lui céderait Downing Street au milieu de son second mandat.
Nombreux sont ceux, parmi les «blairistes», qui nient l'existence d'un tel pacte, baptisé Granita Deal, du nom du restaurant du nord de Londres où les deux hommes l'auraient conclu. Les détracteurs du premier ministre évoquent quant à eux un pacte rompu.
Leur relation orageuse a été un des traits les plus marquants de la politique britannique de ces dix dernières années. Si Downing Street lui est aujourd'hui promis, reste à savoir s'il parviendra à s'y maintenir au-delà des prochaines législatives, attendues en 2009, que les tories semblent devoir aborder en position de force.
Gordon Brown restera quoi qu'il en soit l'architecte de la réussite économique du New Labour, dont un des principaux faits d'armes a été le transfert à la Banque d'Angleterre de la gestion des taux d'intérêt dans les jours qui ont suivi la victoire de 1997.
Redressement de la croissance et recul du chômage lui valent régulièrement les louanges du Fonds monétaire international. Mais son long règne sur les finances britanniques, sans équivalent depuis 200 ans, est également marqué par un endettement croissant et un quadruplement des prix de l'immobilier. Ses détracteurs lui reprochent en outre le goût des cénacles et une froideur qui confine parfois à l'hostilité.
Hostile à l'euro, il aime également se présenter comme un ardent défenseur des intérêts britanniques sur le continent.
La paternité semble toutefois l'avoir adouci. Père d'un petit John né en 2003, il a eu l'an dernier un deuxième garçon nommé Fraser.
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