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Les manifestations se poursuivent - Sarkozy réfléchit à son cabinet sur un yacht à Malte

9 mai 2007  Europe
Paris — Deux jours après son élection à la présidence française, Nicolas Sarkozy peaufinait hier la composition de son gouvernement à bord d'un yacht au large de Malte, un voyage vivement dénoncé par une opposition socialiste elle-même en proie à des remous internes.

Dans la nuit de lundi à hier, de violentes manifestations contre M. Sarkozy ont eu lieu à Paris et en province; 160 personnes ont été interpellées, a indiqué hier la police.

Depuis dimanche, plus d'un millier de voitures ont été incendiées, principalement dans les banlieues, théâtre à l'automne 2005 de trois semaines d'émeutes. Mais des experts ont estimé que ces violences post-électorales n'avaient pas la portée de ces émeutes.

Le chef du Parti socialiste (PS), François Hollande, a lancé un nouvel appel au calme. Mais plusieurs centaines de personnes ont de nouveau manifesté dans la journée hier contre le nouveau président, notamment à Lyon et à Caen.

Élu dimanche, M. Sarkozy a passé la journée d'hier sur un yacht près de l'île méditerranéenne de Malte. Il devait rentrer ce soir à Paris, a déclaré l'un de ses proches collaborateurs, Claude Guéant.

Le président élu travaillait à la composition de son gouvernement avant la passation des pouvoirs avec le président sortant Jacques Chirac le 16 mai, selon M. Guéant.

Le gouvernement, dont la direction devrait revenir, selon la presse, à l'ancien ministre de l'Éducation et du Travail François Fillon, sera composé de «personnes d'horizons divers» ,avec peut-être même des «ministres de gauche», a dit M. Guéant.

L'escapade maltaise de M. Sarkozy avec sa femme Cécilia et leur fils Louis, 10 ans, sur un yacht de 60 mètres appartenant, selon la presse, à l'homme d'affaires français Vincent Bolloré, a suscité des interrogations dans les médias et de vives critiques à gauche.

«Cette luxueuse échappée méditerranéenne peut surprendre», a estimé le quotidien populaire Le Parisien.

«M. Sarkozy n'a jamais dit qu'il serait le président des petits pauvres. C'est le président du CAC 40» (principal indice boursier parisien), a déclaré le sénateur socialiste Jean-Luc Mélenchon.

Le député du PS Jean-Marie Le Guen a jugé préoccupant qu'«un futur président de la République fasse commanditer ses loisirs par des personnages fortunés qui ont tout à gagner des bonnes grâces du pouvoir».

«Il s'agit tout simplement de quelques jours de vacances privées et il n'y a pas de quoi en faire tout un plat», a répliqué Eric Woerth, trésorier du parti UMP de M. Sarkozy.

Remous au PS

Par ailleurs, le PS semblait toujours agité par des remous après la défaite de Ségolène Royal. Son bureau national s'est réuni lundi soir pour tenter de resserrer les rangs en vue des législatives des 10 et 17 juin. Mais l'ex-premier ministre Laurent Fabius, représentant l'aile gauche du parti mécontente de l'ouverture au centre de Mme Royal, a maintenu qu'il fallait «un vrai rassemblement sur des positions de gauche».

Un proche collaborateur de Mme Royal, Jean-Louis Bianco, a répliqué en estimant que, malgré la défaite de celle-ci, son programme devait être la base des propositions défendues aux législatives.

Mme Royal a promis dimanche de continuer le combat, se posant implicitement en chef de son camp, mais les ténors du PS, dont M. Fabius et le social-démocrate Dominique Strauss-Kahn, lui ont contesté cette place.
 
 
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