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Quelle identité nationale?

Christian Rioux   4 mai 2007  Europe
Si Nicolas Sarkozy l'emporte dimanche, comme le prévoient tous les sondages, ce sera pour deux ou trois raisons finalement assez simples.

La première, et probablement la principale, c'est que son programme économique apparaît le plus crédible. Ce n'est pas ce que croient plusieurs économistes sérieux, qui estiment que le candidat tient depuis un an un discours de plus en plus protectionniste, mais c'est l'impression qu'il projette. Les deux candidats disent mettre le travail au coeur de leur discours afin de relancer la croissance. Mais Nicolas Sarkozy est le seul à défendre un certain abaissement des charges des entreprises, la réduction de l'appareil d'État et la simplification des conditions d'embauche et de mise à pied afin de relancer l'investissement.

Cela n'a pas empêché la candidate socialiste de forcer plusieurs ruptures avec les dogmes traditionnels de son parti. Elle est d'ailleurs souvent la seule à évoquer les PME, les grappes industrielles et les secteurs de pointe. Mais Ségolène Royal n'a pas la franchise d'un Gerhard Schröder, qui avait eu le courage de prendre des mesures favorisant la souplesse des entreprises, relançant ainsi la croissance allemande. Ségolène Royal reste empêtrée dans des solutions traditionnelles, comme ces emplois subventionnés qui n'ont jamais rien donné. Sans oublier la réduction de la semaine de travail à 35 heures, une réforme socialiste qui a fait stagner les salaires et dont le boulet est aussi lourd à tirer pour le Parti socialiste que les défuntes fusions municipales pour le Parti québécois.

***

Jamais Nicolas Sarkozy ne pourrait cependant triompher avec ce seul avantage. C'est pourquoi il a fait le pari cynique d'aller chercher les quelques pourcentages de voix qui lui manquaient avec un discours outrancier sur l'immigration. Partout où il passe, l'homme cultive un climat de guerre civile. Il ne cesse d'ailleurs de décrire la France comme un lieu fantasmatique où on viole des enfants et où on assassine quotidiennement des passagers de bus. Or la France est déjà un des pays européens où on compte le plus de policiers au kilomètre carré. Au stade de Bercy, à Paris, Nicolas Sarkozy a même affirmé sans sourciller que la France traversait aujourd'hui sa pire crise morale depuis... Jeanne d'Arc! C'est faire peu de cas de Vichy et de la guerre d'Algérie.

Au lieu de les convaincre qu'il pourront s'intégrer par le travail, il préfère demander aux jeunes Français issus de l'immigration d'aimer la France ou de la quitter. Au lieu de relever le défi de l'intégration, il préfère imposer de tatillons examens de français à de vieux parents qui souhaitent finir leurs jours avec leurs enfants légalement installés en France. Bref, la cause du déclin de la France, ce ne serait pas seulement cette affreuse mondialisation que presque toute la classe politique dénonce en choeur mais surtout ces 100 000 immigrés illégaux qui entrent au pays chaque année.

Le pari de certains hommes de droite intelligents, comme l'ancien premier ministre Alain Juppé, consiste à se boucher les oreilles devant ces dérives en espérant qu'on les oubliera après le 6 mai. Le problème de ce discours vindicatif, c'est qu'il pourrait bien provoquer l'échec des réformes économiques que le candidat souhaite entreprendre, tout comme les méthodes monarchistes, méprisant le Parlement et la négociation, ont provoqué à leur époque l'échec des réformes d'Alain Juppé et de Dominique de Villepin. Des méthodes que n'a jamais critiquées Nicolas Sarkozy puisqu'il cultive lui-même ce petit côté bonapartiste qui plaît tant à une partie de la France.

***

On sait gré au candidat de l'UMP d'avoir ressuscité le thème de l'identité nationale. Mais de quelle identité nationale s'agit-il au juste?

À la fin de la campagne du premier tour, Nicolas Sarkozy avait transporté toute la presse en Camargue, où il avait enfourché un cheval pour poser en cow-boy solitaire. Pauvre caricature burlesque de ces Français qui, à l'image de l'idole de Sarkozy, Johnny Hallyday, confondent la modernité avec le Far West. Sans compter que l'homme maîtrisait mal son cheval. Probablement parce que, dans le chic quartier de Neuilly, on ne connaît que la selle anglaise.

Pendant ce temps, Ségolène Royal prenait un verre de vin sur une terrasse parisienne, symbole de cet art de vivre à la française qui fait l'admiration du monde entier. On ne s'étonnera pas que la Poitevine ait spontanément évoqué l'importance de la Francophonie et de la défense de la langue française dans le monde dès le début de sa campagne. Nicolas Sarkozy, lui, a préféré ignorer ce sujet, quitte à publier en catastrophe, sous la pression des derniers gaullistes encore à l'UMP, une liste d'épicerie en la matière. L'ancien ministre de l'Intérieur n'a-t-il pas toujours raillé Jacques Chirac pour ses colères contre les hommes d'affaires français qui s'exprimaient en anglais dans les réunions internationales?

C'est que l'homme a une vision étroite de l'identité nationale, qu'il veut d'ailleurs enfermer dans un ministère de l'Immigration. Nicolas Sarkozy n'évoque jamais l'importance de la défense du français dans le monde ou de l'affirmation nationale devant l'omniprésence de l'anglais et de la culture américaine. D'ailleurs, son dernier grand rassemblement parisien à Bercy s'est ouvert sur une chanson de James Brown interprétée par le clone français d'une chanteuse de gospel américain. À l'assemblée de Ségolène Royal, au stade Charléty, mardi, on n'a pas entendu une seule chanson en anglais.

Les incantations républicaines n'y changent rien: l'identité nationale de Nicolas Sarkozy apparaît comme une identité frileuse, «à l'autrichienne», qu'on ne sort que pour stigmatiser l'étranger. Le reste du temps, le candidat de la droite oublie de défendre la langue et la culture françaises dans le monde. Tout comme il oublie d'ailleurs de rappeler comment son pays se tire malgré tout d'affaire dans le jeu de la mondialisation.

Si cette vision étroite de l'identité nationale devait triompher, il n'y aurait pas de meilleur symbole du déclin de la France.

crioux@ledevoir.com
 
 
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  • Richard Weilbrenner - Abonné
    4 mai 2007 06 h 09
    Hélas ! Vous avez peut-être raison
    Je me souviens d'un séjour en France il y a quelques années. J'ai failli m'étouffer, comme le disait une autre lectrice du Devoir à propos de notre premier ministre en blouson de cuir à cheval sur une motoneige, quand j'ai aperçu au détour d'une route, en Provence, une immense enseigne annonçant un "GARDEN CENTRE". J'ai vraiment éprouvé à ce moment-là un grand chagrin et le sentiment que la langue française reculait. L'on sait depuis longtemps qu'un certain snobisme incitait des Français soi-disant modernes à farcir leur discours de mots d'anglais, inconscients du fait que le plus grand danger vient souvent de l'intérieur.
    Par ailleurs, je suis enclin à croire qu'une victoire de Nicolas Sarkozy est possible, mais non souhaitable. Le discours de la droite m'inquiétera toujours. Et puis, pour ne rien vous cacher, je préférerais voir Ségolène Royal que son rival aux cérémonies qui marqueront le 400e anniversaire de la fondation de Québec. Vous voyez ça : la "Reine de France" face à la reine Elizabeth II d'Angleterre ? Voilà qui aurait quand même plus de piquant qu'un Sarkozy prononçant ses hommages en anglais avec son accent français, vous ne pensez pas ?
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  • Robert De Blois - Abonné
    4 mai 2007 07 h 27
    Les défis de la France d'aujourd'hui
    Je connais très peu la France pour n'y avoir séjourné qu'en touriste à Paris à peine 10 jours. Mais j'ai quand même pris la peine de lire deux livres de Ted Stigner, souvent le journal Le Monde et écouter très souvent TV5, surtout pour les nouvelles et les discussions sérieuses. Et j'ai écouté presque tout le débat Royal-Sarkozy, c'est quand même pas mal...

    Ce que j'en retire de tout ça, c'est que la priorité de la France d'aujourd'hui c'est le défi du chômage, de l'incitation au travail, de la mondialisation, du moins d'état et de plus de responsabilité individuelle. Le discours de Ségolène Royal est empreint de bonnes intentions, mais comme tous les discours de la gauche d'aujourd'hui, on baigne dans un flou artistique sur les programmes et les solutions qui cache un manque de volonté et de conviction pour aborder les vrais problèmes et mettre de l'avant les vrais solutions. Et en plus, on arrose le tout d'un angélisme sinon d'un idéalisme qui semble trop souvent reprendre les refrains d'antan sur les meilleures recettes pour atteindre le bonheur social...

    Je ne suis pas un homme de droite, mais de plus en plus réaliste, qui croit de moins en moins aux solutions miracles et qui se méfie comme la peste de la pensée magique, qui fait plaisir et rassure, mais qui s'est avéré à la longue improductive, et irresponsable.

    Un observateur politique qui adore la France
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  • Lapirog - Abonné
    4 mai 2007 07 h 31
    Sarko et Halliday: la France dans son plus rétro.
    De voir Johnny et Sarko dans le même bateau à la dérive, deux clones de la société US la plus rétrograde me laisse perplexe et triste.Que Ségolène ne réussisse pas à convaincre les Françaises de la supériorité évidente de ses idées sur les politiques réactionnaires de Sarko laisse à penser que la France est encore une nation machiste.Pauvre monde francophone et pauvre monde tout court!Un autre G W BUSH à l'horizon.
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  • lancelot Louis - Inscrit
    4 mai 2007 09 h 07
    Procès de 11 millons de pro Sarkozy
    Christian si vous n'êtes pas Socialiste je veux bien me couper les deux mains,Comme Royale sur le mot "handicapé",vous vous allongez une théorie invraisemblable sur "l'identité nationale". Savez vous qu'il y a sur le sol Français en 2006 12 millons de musulmants donc seulement 4 millons qui travaillent? le reste est à la charge de l'état donc le contribuable français !!! Est tous les jours avec nos frontières passoires ils en rentrent en fraude 1200 ,qui pour avoir les mêmes choses que les résidants ils volent,ils cassent des vitrines pour les piller,ils ne paient pas les transports et les dégrades.Bien sur Royale avec ses 45000 Euros par mois ne risque pas de prendre le bus avec eux,pour moi c'est clair plus JAMAIS DE SOCIALISTE aux pouvoir en France,Mitterant nous a suffit !!!!
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  • Pierre-Yves Pau - Inscrit
    4 mai 2007 09 h 51
    Mais C'EST l'économie mon cher
    Il y'a aujourd'hui un tel décalage entre ce que la France pense être, et ce qu'elle est réellement devenue, qu'il n'en restera plus dans cinquante ans qu'un décor de théatre pour touristes coréens, si la tendance se maintient. Rappelons que le PIB per capita de ce pays, naguère un des plus élevés au monde, est tombé en-dessous de celui du Québec, qui n'est pourtant pas un chef de file en Occident de ce point de vue!

    Les Français n'en peuvent plus de voir leurs enfants, leurs neveux, frères, beau-frères, cousins... souvent diplômés, brillants et bosseurs, devoir s'exiler à l'étranger parce que le chômage dans leur tranche d'age dépasse les 20%. Certes, ceux qui ont la chance d'avoir un petit trou dans le fromage ne veulent surtout pas qu'on touche au système qui subventionne leur pavillon de banlieue et leur Mégane 16 soupapes sur le dos de plusieurs millions d'exclus. Et si je possédais un hotel particuler à Monaco, peut-être voterais-je Ségolène pour me donner bonne conscience: vu de Montréal après tout, on s'en contre-saint-ciboirise. Mais la France n'a plus les moyens de la bonne conscience, faut que ça bouge, et vite.

    Les idées proposées par Sarkozy sont, pourl'essentiel, cohérentes entre elles, et individuellement en phase avec les inquiétudes de l'électorat. Par contre les idées du PS, un peu comme celles du Parti Québécois, n'ont plus aucune cohérence, ni entre elles, ni vis à vis des réalités politico-économiques de l'heure. L'ancrage idéologique de Royal est donc perçu, à juste titre, comme vide de sens: une étiquette périmée sur un bric à brac disparate de tabous quasi-religieux, destinés avant tout à protéger le statu-quo des commettants - ça commence à évoquer le corporatisme de la Belle Province non?

    Pas vraiment une recette pour le changement donc... Pour se rénover, le PS devra "trasher" son idéologie, et mettre de l'ordre dans ses idées. Y'a du travail. Or Royal ne propose rien, n'a rien à proposer, ne peut rien proposer, parce qu'elle est fiduciaire d'un appareil politique depuis longtemps déconnecté de la réalité des enjeux, dont la seule stratégie est la crispation sur l'écosystème des "acquis sociaux", assaisoné d'une perfusion de valium évangélique (aimons-nous les uns les autres, c'est celà, oui...), et la diabolisation de tout ceux qui veulent faire évoluer la situation d'un micro-poil.

    Alors entre l'immobilisme et le pourrissement d'une part, et le risque du changement d'autre part, il ne faut pas s'étonner que 54% d'électeurs français soient prêts à choisir le second, quand bien même Sarkozy serait le diable en personne, laissant les autres continuer à vivre dans leur fantasme. À l'exception de la minorité d'inconditionnels du FN, la question de l'identité nationale est le cadet de leurs soucis, il ne faudrait pas "projeter" sur la situation française la névrose ontologique qui sévit au Québec. C'est l'économie, mon cher.
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  • Thomas CHADOEUF-HOEBEKE - Inscrit
    4 mai 2007 10 h 18
    Merci pour l'analyse
    En tant que lecteur français du Devoir je vous remercie pour la pertinence de votre analyse de la vie politique française. Ici la presse est à la botte de Sarkozy et il est impossible de lire un article qui prenne un certain recul sur les enjeux du scrutin et sur le discours passéiste et réactionnaire du candidat UMP. Les journalistes et pas mal de citoyens français sont tombés dans une idolâtrie aveugle de Nicolas Sarkozy et il suffit qu'il aborde un thème pour que, sans analyse ni critique aucune, son opinion ne se transforme immédiatement en solution miracle que Ségolène Royal ne peut se permettre d'attaquer sans être taxée d'incompétence notoire. Le problème du discours socialiste dans cette campagne aura été de s'être adressé à la raison en pensant que les français étaient suffisamment intelligents pour faire la part des choses. Si au cours du débat télévisé les deux candidats ont fait preuve d'erreurs et d'approximations, ici personne n'a soulevé le fait que Mme Royal avait pris dès le départ l'ascendant sur le débat, et que, déstabilisé, M Sarkozy avait cherché des yeux l'appui des journalistes pendant toute la discussion, démontrant par la même que Ségolène Royal avait plus l'aura d'une chef d'Etat que le candidat UMP. Mais que voulez-vous la France est misogyne et populiste ! Une femme à la tête de l'Etat est encore impensable pour beaucoup. N'oubliez jamais qu'en accordant le droit de vote aux femmes en 1944, la France prenait dix ans de retard sur la Turquie pays considéré par M Sarkozy comme le fief de l'islamisme rétrograde. De plus en termes de politique étrangère je crains beaucoup les accidents diplomatiques que créerait l'accession de M Sarkozy aux affaires : refuser d'embler toute poursuite de discussion avec la Turquie, critiquer l'attitude fiscale de la Slovénie dont il ne connait vraisemblablement pas la situation. Aller pérorer aux Etats-Unis en tant que ministre de l'intérieur et y critiquer publiquement l'attitude de la France vis-à-vis de la guerre en Irak aurait constitué en d'autres temps un cas de trahison. Bien sûr ici quasiment aucun journaliste n'a fait cas de l'affaire puisque l'auteur de cet acte est considéré comme le champion de la moralité politique.

    Je vais faire suivre votre article à mon réseau de sorte qu'il le diffuse largement avant dimanche.

    Vive la presse québécoise libre !

    Encore merci
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  • Arnaud ESTRADE - Inscrit
    4 mai 2007 12 h 23
    Votre article vise juste
    Vous avez hélas raison. De nombreux tenants de la droite française font semblant de ne pas entendre les dérives (très) grave de Nicolas sarkozy.

    ils font aussi semblant d'igorer que le bilan du gouvernement sortant n'est pas brillant en particulier sur le plan social, économique et écologique.

    Un électeur français
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  • Pierre-Yves Pau - Inscrit
    4 mai 2007 14 h 07
    @Roger Lapointe
    Le problème n'est pas Ségolène, mais bien le parti qu'elle représente: avec le programme de Bayrou, elle passait comme du beurre dans la poële. Rendez-vous en 2012, si le ménage est fait.
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  • David Champagne - Abonné
    4 mai 2007 14 h 36
    Re: Mais C'EST l'économie mon cher
    Merci, M. Pau. Votre commentaire me soulage: j'ai souvent l'impression frustrante qu'il n'y a que la tranche gauche du lectorat qui s'exprime sur les forums du Devoir.
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  • BERTRAND 31 - Inscrit
    4 mai 2007 21 h 01
    Achetez des lunettes
    Il ne faut rien comprendre à la géographie pour dire ca, l'europe c'est plusieurs milliers de kilometres de frontières avec les ex-pays de l'est, la guerre en irak à moins de 3000 km et toute l'afrique de l'autre côté de la méditérannée juste en face.
    Voila pourquoi nous sommes beaucoups plus concernés par la notion d'identité nationale.
    C'est sur que bien au chaud à 8000 km de tous ces problémes internationaux on peut faire la fine bouche car en france, en Allemagne, aux pays-bays etc le contexte est bien différent de celui de la belle province.
    Il est sans doute plus doux et agréable de subir une annexion larvée par les USA alors que nous en europe c'est la pauvreté du monde entier qui frappe à nos portes.
    Pour le reste s'il n'y a plus de nation dans un pays vieux de 1500 ans c'est l'implosion assurée alors q'un jeune pays d'immigrand de 300 ne cours pas ce risque.
    Enfin pour terminer ca fait toujours plaisir de voir que c'est au quebec que je trouve l'article le plus désagréable envers la france (les journaux anglais et américains aiment sarkosy) ca me déçoit un peu mais c'est peu être à usage interne...
    Et l'identité nationale du QUEBEC c'est pour aujourd'hui ou pour demain?
    Nous au moins on a une nation....
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  • Carl E. ARKANTZ - Inscrit
    5 mai 2007 17 h 41
    Entre maman Ségo et papa Sarko, qui choisir ?
    Entre maman Ségo et papa Sarko, qui choisir ?

    Une opposition entre un homme et une femme, entre le père et la mère, tel pourrait se résumer le duel du dimanche 6 mai pour l'élection à la Présidence de la République. Mais cette opposition-là n'est-elle pas qu'une apparence. En se référant au débat télévisé du 2 mai dernier, on pourrait le penser différemment. Ce que corroborerait les propos de l'écrivain Jonathan Littell qui, avec le « Body Language » a vu en Ségolène Royal « un personnage de mère sévère et inflexible, qu'elle tient sans difficultés pendant deux heures alors que Nicolas Sarkozy (...) pourtant une bête de scène, se comporte comme un petit garçon qui a fait une bêtise. Elle est ferme sur les principes, il louvoie en fuyant son regard. » Rien de moins que ça.

    N'en déplaise à l'auteur des Bienveillantes, il devrait changer de lunettes, car nous n'avons pas dû voir le même débat. Pour ma part, Madame Royal manifestait une autorité qu'elle voulait castratrice, comme celle de la féministe qui sommeille en elle, rêvant de dominer l'autre parfois avec mépris, quitte à se mettre en colère même lorsqu'elle a tort. La colère est mauvaise conseillère, il n'y a jamais de colère saine. Le Dalaï Lama l'a souvent dénoncée comme étant la porte ouverte à tous les emballements et à tous les excès. Et Nicolas Sarkozy ne pouvait que s'enfermer dans le silence, en évitant de regarder son interlocutrice, afin de permettre à cette dernière de se « déballonner ». On sait que la colère de l'un s'alimente de la véhémence de l'autre. La placidité du candidat de l'UMP était donc nécessaire. Il faudrait méditer en la circonstance cette phrase de Charles de Gaulle (Le Fil de l'épée) : « Rien ne rehausse l'autorité mieux que le silence, splendeur des forts et refuge des faibles.»

    Madame Royal nous a prouvé qu'elle pouvait perdre son sang froid, à moins que tout ça ne fut factice, une de ces fausses colères théâtrales, ce qui est encore pire. En fait, elle ne défendait ni plus ni moins que « sa » loi que le gouvernement auquel appartient Nicolas Sarkozy aurait « annulé » en lui supprimant les moyens. La suite a prouvé que la dame avait tort, et que son éclat était celui d'une personne blessée que « son » bébé ne soit plus viable. Cet égocentrisme doit-il faire oublier que l'important dans la question posée était la place des enfants handicapés dans les écoles de la République et non pas un quelconque satisfecit personnel. Car il faut toujours mieux faire. Rendons grâce donc tant aux politiques quels qu'ils soient qu'aux associations et aux enseignants car l'école de la République, c'est l'école de tous.

    Lorsque j'ai suivi le débat entre Ségolène Royal et François Bayrou, j'avais déjà été choqué par la manière avec laquelle la candidate socialiste coupait régulièrement la parole à son interlocuteur pour comme on dit en placer une. Le débat n'est pas un monologue. Et bien que M. Bayrou n'ait pas été qualifié pour le deuxième tour, il eut été de bon ton de le respecter un peu plus. Bien sûr, nous n'aurons retenu de cet entretien somme toute plus convivial que le débat du 2 mai la décontraction et l'humour qui aura fait défaut lors de la confrontation entre les deux finalistes.

    On peut ne pas aimer Nicolas Sarkozy parce qu'il dit crûment ce que beaucoup pensent tout bas. La politique ce n'est pas l'art de plaire, mais parfois de déplaire. Parce que toute vérité est bonne à dire comme l'affirmait Robert Fabre. Surtout lorsque le Mal Français n'a pas fini d'empoisonner nos institutions comme notre société. Parce ce que l'excès de la puissance publique a tué toute initiative. Parce que la pensée unique et le politiquement correct ont tué l'imagination et la créativité. Parce que la liberté est notre bien le plus précieux. Certains ont donné leur vie pour elle, des Résistants comme Jean Moulin, Estienne d'Orves, Missak Manouchian ou Guy Môquet quelles que soient leurs origines ou leur convictions politiques. Parce que dans le combat ces hommes très différents les uns des autres, un préfet, un aristocrate, un émigré rescapé d'un génocide ou un jeune communiste ont été le symbole de la fraternité. L'égalité nous la devons à la Loi puisque dans la nature rien n'est vraiment identique. Liberté, Egalité, Fraternité, c'est de cette France-là que je me réclame, cette France, fière d'elle même, riche de ses différences, dynamique et entreprenante.

    C'est pour cela que j'ai fait mon choix... Mais cela reste mon choix. Un choix personnel !

    Carl E. ARKANTZ
    Ecrivain
    www.arkantz.com

    5 mai 2007
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