Un duel gauche-droite se profile
Paris — À 24 heures du premier tour de l'élection présidentielle française, les derniers sondages laissent entrevoir un resserrement des intentions de vote en faveur de Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal.
Avec toute la prudence qui les caractérise depuis leur échec en 2002, les sondeurs notent un tassement des intentions de vote en faveur des deux favoris. La dernière enquête rendue publique hier à 19h (heure de Paris) par Le Parisien accordait 27 % des voix à Nicolas Sarkozy et 26 % à Ségolène Royal. Le troisième homme, le centriste François Bayrou, n'obtenait que 17 % des intentions de vote alors que le candidat d'extrême droite Jean-Marie Le Pen le talonnait à 16 %. Ce résultat, qui peut permettre au leader du Front national de coiffer au poteau François Bayrou, n'est pas très loin de celui qu'il avait fait en 2002. Au second tour, Le Parisien prévoit un résultat à sommes égales: 50-50. Depuis ce matin, la campagne officielle a pris fin et la publication de nouveaux sondages est interdite.
On sait cependant qu'un certain nombre d'indécis peuvent encore changer d'idée d'ici demain. Ces électeurs hésitants, plus nombreux dans le camp de François Bayrou, feront toute la différence pour Ségolène Royal. Ils pourraient lui permettre d'égaler le résultat de Nicolas Sarkozy ou même hisser François Bayrou au second tour.
La même instabilité, bien qu'à un degré moindre, se retrouve aussi du côté des électeurs de Jean-Marie Le Pen qui hésitent encore. C'est d'eux que dépendra l'ampleur de la victoire du candidat de l'UMP. Aucun sondeur ne prévoit une victoire du candidat du Front national, même si chacun la redoute puisque le vote d'extrême droite a régulièrement été sous-estimé par les sondeurs, notamment en 2002. Il n'est donc pas exclu que Jean-Marie Le Pen, dont Nicolas Sarkozy a emprunté plusieurs des thèmes de campagne ces dernières semaines, se classe troisième devant François Bayrou. Fait à noter, dans cette élection, Jean-Marie Le Pen était loin d'être le seul à se réclamer de la «rupture» comme en 2002, ce qui pourrait expliquer ses résultats. Mais la crédibilité des sondages français est si faible depuis 2002, alors qu'ils n'avaient pas prévu la disqualification de Lionel Jospin, que chacun peut y aller des scénarios les plus étonnants.
Ce retour à un duel entre la gauche et la droite pourrait être le résultat des nombreux appels au «vote utile» du côté socialiste. Plusieurs ont récemment pris position en faveur d'un duel gauche-droite. Au nom de ce qu'il nomme un «impératif démocratique», Jean-Marie Colombani, directeur du Monde, a invité les électeurs à faire en sorte que Ségolène Royal se retrouve au second tour. Même choix pour Laurent Joffrin,
p.-d.g. de Libération, selon qui la répétition de l'accident de 2002 pourrait «rayer de la carte» la gauche et le Parti socialiste. 61 % des Français considèrent que l'absence de Ségolène Royal au second tour serait «grave pour la démocratie». L'hebdomadaire Paris-Match a quant à lui appelé à voter François Bayrou.
Le ton a par ailleurs monté dans la campagne. Avant d'être réduit au silence depuis ce matin, Nicolas Sarkozy s'est payé une paisible balade à cheval en Camargue, suivi d'une nuée de photographes. Il faut dire qu'on lui a reproché de manquer de calme depuis une semaine. «Si jamais j'étais au deuxième tour, je pense que ce sera difficile quoi qu'il arrive», a-t-il déclaré. Dans Le Parisien, il a pris à partie ceux qui le critiquent souvent de façon virulente en disant: «J'ai des cicatrices partout.» Ce à quoi Ségolène Royal a répliqué sur France Inter: «C'est quand même curieux de la part du candidat UMP de s'engager dans une échéance comme celle-ci où chacun connaît les épreuves, de s'en plaindre. Je suis étonnée de voir à quel point Nicolas Sarkozy parle sans arrêt de lui.»
Correspondant du Devoir à Paris
Avec toute la prudence qui les caractérise depuis leur échec en 2002, les sondeurs notent un tassement des intentions de vote en faveur des deux favoris. La dernière enquête rendue publique hier à 19h (heure de Paris) par Le Parisien accordait 27 % des voix à Nicolas Sarkozy et 26 % à Ségolène Royal. Le troisième homme, le centriste François Bayrou, n'obtenait que 17 % des intentions de vote alors que le candidat d'extrême droite Jean-Marie Le Pen le talonnait à 16 %. Ce résultat, qui peut permettre au leader du Front national de coiffer au poteau François Bayrou, n'est pas très loin de celui qu'il avait fait en 2002. Au second tour, Le Parisien prévoit un résultat à sommes égales: 50-50. Depuis ce matin, la campagne officielle a pris fin et la publication de nouveaux sondages est interdite.
On sait cependant qu'un certain nombre d'indécis peuvent encore changer d'idée d'ici demain. Ces électeurs hésitants, plus nombreux dans le camp de François Bayrou, feront toute la différence pour Ségolène Royal. Ils pourraient lui permettre d'égaler le résultat de Nicolas Sarkozy ou même hisser François Bayrou au second tour.
La même instabilité, bien qu'à un degré moindre, se retrouve aussi du côté des électeurs de Jean-Marie Le Pen qui hésitent encore. C'est d'eux que dépendra l'ampleur de la victoire du candidat de l'UMP. Aucun sondeur ne prévoit une victoire du candidat du Front national, même si chacun la redoute puisque le vote d'extrême droite a régulièrement été sous-estimé par les sondeurs, notamment en 2002. Il n'est donc pas exclu que Jean-Marie Le Pen, dont Nicolas Sarkozy a emprunté plusieurs des thèmes de campagne ces dernières semaines, se classe troisième devant François Bayrou. Fait à noter, dans cette élection, Jean-Marie Le Pen était loin d'être le seul à se réclamer de la «rupture» comme en 2002, ce qui pourrait expliquer ses résultats. Mais la crédibilité des sondages français est si faible depuis 2002, alors qu'ils n'avaient pas prévu la disqualification de Lionel Jospin, que chacun peut y aller des scénarios les plus étonnants.
Ce retour à un duel entre la gauche et la droite pourrait être le résultat des nombreux appels au «vote utile» du côté socialiste. Plusieurs ont récemment pris position en faveur d'un duel gauche-droite. Au nom de ce qu'il nomme un «impératif démocratique», Jean-Marie Colombani, directeur du Monde, a invité les électeurs à faire en sorte que Ségolène Royal se retrouve au second tour. Même choix pour Laurent Joffrin,
p.-d.g. de Libération, selon qui la répétition de l'accident de 2002 pourrait «rayer de la carte» la gauche et le Parti socialiste. 61 % des Français considèrent que l'absence de Ségolène Royal au second tour serait «grave pour la démocratie». L'hebdomadaire Paris-Match a quant à lui appelé à voter François Bayrou.
Le ton a par ailleurs monté dans la campagne. Avant d'être réduit au silence depuis ce matin, Nicolas Sarkozy s'est payé une paisible balade à cheval en Camargue, suivi d'une nuée de photographes. Il faut dire qu'on lui a reproché de manquer de calme depuis une semaine. «Si jamais j'étais au deuxième tour, je pense que ce sera difficile quoi qu'il arrive», a-t-il déclaré. Dans Le Parisien, il a pris à partie ceux qui le critiquent souvent de façon virulente en disant: «J'ai des cicatrices partout.» Ce à quoi Ségolène Royal a répliqué sur France Inter: «C'est quand même curieux de la part du candidat UMP de s'engager dans une échéance comme celle-ci où chacun connaît les épreuves, de s'en plaindre. Je suis étonnée de voir à quel point Nicolas Sarkozy parle sans arrêt de lui.»
Correspondant du Devoir à Paris
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