François Bayrou, est-il de droite ou de gauche ?
14 mars 2007
Europe
Photo : Agence Reuters
François Bayrou a réussi à s’immiscer entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy.
Paris — François Bayrou est-il de droite ou de gauche? Alors que ses adversaires dénoncent un homme de droite qui se déguise en candidat de gauche, les Français, eux, semblent y perdre leur latin.
Bien qu'issu de la droite, le candidat centriste séduit en effet nombre d'électeurs socialistes, au point que sa progression dans les intentions de vote semble nuire davantage à Ségolène Royal qu'à Nicolas Sarkozy.
Pourtant, les principales propositions du candidat de l'Union pour la démocratie française (UDF) ne reflètent pas vraiment un virage à gauche. Son projet de «social-économie» a un net parfum de programme de droite classique: candidat «pro-entreprise», il est hostile à une augmentation brutale du salaire minimum et veut faire baisser les charges des entreprises.
En matière de pouvoir d'achat, il propose de libérer les heures supplémentaires: elles rapporteraient aux salariés 35 % de plus qu'une heure normale, contre 10 ou 25 % actuellement, à coût inchangé pour les entreprises. Il n'est donc pas loin du «travailler plus pour gagner plus» de Nicolas Sarkozy.
Les propositions du candidat centriste sentent franchement le plan de rigueur quand il s'agit de lutter contre la dette. Il veut en effet consacrer la moitié des recettes de l'État pendant trois ans à la réduction des déficits. Mais il se garde de dire quel secteur ferait les frais de ces économies draconiennes. Le candidat UDF explique qu'il veut procéder à des redéploiements de fonctionnaires, mais il ne chiffre pas les suppressions de postes envisagées ni ne désigne les ministères qui devraient se serrer la ceinture.
En matière de fiscalité, il pratique le «ni, ni»: ni baisse ni augmentation des impôts. À l'intention de l'électorat de droite, il tonne contre l'impôt sur la fortune, qui «a fait du tort à la France», mais il dénonce aussi, pour l'électorat de gauche, «la proposition de bouclier fiscal à 50 %» défendue par Nicolas Sarkozy, qui «consiste à exonérer les plus riches de l'impôt sur la fortune».
En matière sociale, François Bayrou fait une ouverture vis-à-vis des homosexuels en défendant l'union civile, avec les droits équivalant à ceux du mariage, ou en proposant l'adoption simple pour les deux parents homosexuels. Mais il assure aussi que «le mariage, pour moi, c'est un homme et une femme».
Dans ses discours, François Bayrou fait volontiers vibrer la corde sociale, prenant la défense de «ceux qui ne se lèvent plus» et pas seulement de «ceux qui se lèvent tôt». Il propose d'augmenter les petites retraites, se dit hostile à la discrimination positive, défend la laïcité, fait les yeux doux aux syndicats d'enseignants et prône la régularisation des sans-papiers au cas par cas.
Ses références ne sont ni Léon Blum ni Jean Jaurès, mais Charles de Gaulle, pour la droite, Pierre Mendès-France ou Jacques Delors, pour la gauche. C'est un chemin modéré et républicain qu'il veut défendre.
Au total, s'il penche clairement à droite, le candidat UDF pioche dans les idées — et surtout les mots — des deux camps. Il défend ainsi «la loi du plus juste plutôt que la loi du plus fort», comme en écho au slogan de campagne de Ségolène Royal: «Plus juste, la France sera plus forte».
François Bayrou ne se distingue en fait réellement de ses adversaires que par un discours résolument pro-européen et surtout anti-système, emprunté, lui, à l'extrême droite. Une tonalité un peu surprenante de la part d'un centriste qui était au gouvernement en 1993 et qui a soutenu la candidature d'Édouard Balladur en 1995. «J'ai mûri»,
rétorque-t-il.
Bien qu'issu de la droite, le candidat centriste séduit en effet nombre d'électeurs socialistes, au point que sa progression dans les intentions de vote semble nuire davantage à Ségolène Royal qu'à Nicolas Sarkozy.
Pourtant, les principales propositions du candidat de l'Union pour la démocratie française (UDF) ne reflètent pas vraiment un virage à gauche. Son projet de «social-économie» a un net parfum de programme de droite classique: candidat «pro-entreprise», il est hostile à une augmentation brutale du salaire minimum et veut faire baisser les charges des entreprises.
En matière de pouvoir d'achat, il propose de libérer les heures supplémentaires: elles rapporteraient aux salariés 35 % de plus qu'une heure normale, contre 10 ou 25 % actuellement, à coût inchangé pour les entreprises. Il n'est donc pas loin du «travailler plus pour gagner plus» de Nicolas Sarkozy.
Les propositions du candidat centriste sentent franchement le plan de rigueur quand il s'agit de lutter contre la dette. Il veut en effet consacrer la moitié des recettes de l'État pendant trois ans à la réduction des déficits. Mais il se garde de dire quel secteur ferait les frais de ces économies draconiennes. Le candidat UDF explique qu'il veut procéder à des redéploiements de fonctionnaires, mais il ne chiffre pas les suppressions de postes envisagées ni ne désigne les ministères qui devraient se serrer la ceinture.
En matière de fiscalité, il pratique le «ni, ni»: ni baisse ni augmentation des impôts. À l'intention de l'électorat de droite, il tonne contre l'impôt sur la fortune, qui «a fait du tort à la France», mais il dénonce aussi, pour l'électorat de gauche, «la proposition de bouclier fiscal à 50 %» défendue par Nicolas Sarkozy, qui «consiste à exonérer les plus riches de l'impôt sur la fortune».
En matière sociale, François Bayrou fait une ouverture vis-à-vis des homosexuels en défendant l'union civile, avec les droits équivalant à ceux du mariage, ou en proposant l'adoption simple pour les deux parents homosexuels. Mais il assure aussi que «le mariage, pour moi, c'est un homme et une femme».
Dans ses discours, François Bayrou fait volontiers vibrer la corde sociale, prenant la défense de «ceux qui ne se lèvent plus» et pas seulement de «ceux qui se lèvent tôt». Il propose d'augmenter les petites retraites, se dit hostile à la discrimination positive, défend la laïcité, fait les yeux doux aux syndicats d'enseignants et prône la régularisation des sans-papiers au cas par cas.
Ses références ne sont ni Léon Blum ni Jean Jaurès, mais Charles de Gaulle, pour la droite, Pierre Mendès-France ou Jacques Delors, pour la gauche. C'est un chemin modéré et républicain qu'il veut défendre.
Au total, s'il penche clairement à droite, le candidat UDF pioche dans les idées — et surtout les mots — des deux camps. Il défend ainsi «la loi du plus juste plutôt que la loi du plus fort», comme en écho au slogan de campagne de Ségolène Royal: «Plus juste, la France sera plus forte».
François Bayrou ne se distingue en fait réellement de ses adversaires que par un discours résolument pro-européen et surtout anti-système, emprunté, lui, à l'extrême droite. Une tonalité un peu surprenante de la part d'un centriste qui était au gouvernement en 1993 et qui a soutenu la candidature d'Édouard Balladur en 1995. «J'ai mûri»,
rétorque-t-il.
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