De Moscou à Berlin, à Prague et à Varsovie - Le ton monte autour du projet de bouclier américain en Europe
21 février 2007
Europe
Photo : Agence Reuters
Le premier ministre polonais Jaroslaw Kaczynski (au centre) en compagnie du premier ministre tchèque Mirek Topolanek (à droite) lundi à Varsovie.
Prague — De Moscou à Berlin, à Prague et à Varsovie, le ton est monté ces derniers jours autour du projet de déploiement du bouclier antimissile américain en Europe centrale.
Alors que Moscou ne cesse de multiplier les mises en garde contre le projet américain, le commandant en chef des forces stratégiques russes, le général Nikolaï Solovtsov, est allé lundi jusqu'à menacer de braquer des missiles de portée intermédiaire sur les deux bases que Washington veut installer en République tchèque et en Pologne.
«Il s'agit clairement d'une tentative d'intimidation», a déclaré lundi le premier ministre polonais Jaroslaw Kaczynski dans un entretien accordé à la radio polonaise publique, estimant que l'opposition de la Russie à la proposition américaine d'installer un système de défense antimissile en Pologne tenait aux espoirs de Moscou d'exercer à nouveau une influence sur son ancien satellite.
Hier, le chef du gouvernement polonais a déclaré que Moscou était surtout préoccupé par le statut de la Pologne. «La Russie espère que la zone, en d'autres mots la Pologne, se retrouvera une nouvelle fois [...] dans la sphère d'influence russe», a-t-il jugé.
Le ministre tchèque des Affaires étrangères Karel Schwarzenberg a lui aussi jugé que ces propos relevaient de la pression politique. «Si on cède une seule fois au chantage, on n'aura plus où reculer», a-t-il dit selon l'agence tchèque CTK.
La menace russe «constitue exactement la raison pour laquelle nous devrions avoir une défense antimissile», a de son coté déclaré le vice-premier ministre Alexandr Vondra au quotidien Dnes qui consacrait sa une hier aux déclarations du général Solovtsov.
Le premier ministre tchèque Mirek Topolanek, qui achevait hier une visite en Pologne consacrée à ce dossier, compte rencontrer à son retour l'ambassadeur de Russie à Prague pour aborder cette question.
Dans la journée, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a une fois encore fait part des inquiétudes du Kremlin au sujet des projets américains, tout en assurant que Moscou n'entrerait pas dans une nouvelle course aux armements avec Washington.
Globalement favorables au projet de déploiement, malgré l'opposition de leur opinion publique, Varsovie et Prague ont décidé lundi de coopérer étroitement pour négocier avec Washington les conditions du déploiement d'une station radar en République tchèque et d'un silo souterrain de tir en Pologne.
Ces dernières semaines, les dirigeants politiques des deux pays n'ont cessé de répéter que le projet américain qui vise à contrer les menaces potentielles de l'Iran n'était nullement dirigé contre la Russie.
De son côté, le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier a critiqué l'approche des États-Unis, déclarant lundi qu'il «aurait fallu en discuter avant avec la Russie» et plaidant pour «une approche prudente et un dialogue intensif avec tous les partenaires directement ou indirectement concernés».
Le 10 février, le président russe Vladimir Poutine a estimé à Munich, dans un discours à forts relents anti-américains, que le projet d'extension du bouclier n'avait «rien à voir avec les menaces actuelles dans le monde», mais, avec d'autres mesures prises par l'OTAN, rompait l'équilibre militaire au détriment de la Russie.
La semaine dernière, le chef de l'état-major des forces armées russes, Iouri Balouïevski, a menacé de quitter le traité américano-soviétique (FNI) sur les forces nucléaires intermédiaires qui interdit depuis sa signature, en 1987, une classe entière de missiles de courte ou moyenne portée, c'est-à-dire ceux susceptibles d'atteindre l'Europe.
L'OTAN a critiqué lundi ses «propos extrêmes», les jugeant déplacés, comme l'a déclaré à Bruxelles James Appathurai, le porte-parole du secrétaire général de l'Alliance atlantique Jaap de Hoop Scheffer.
Alors que Moscou ne cesse de multiplier les mises en garde contre le projet américain, le commandant en chef des forces stratégiques russes, le général Nikolaï Solovtsov, est allé lundi jusqu'à menacer de braquer des missiles de portée intermédiaire sur les deux bases que Washington veut installer en République tchèque et en Pologne.
«Il s'agit clairement d'une tentative d'intimidation», a déclaré lundi le premier ministre polonais Jaroslaw Kaczynski dans un entretien accordé à la radio polonaise publique, estimant que l'opposition de la Russie à la proposition américaine d'installer un système de défense antimissile en Pologne tenait aux espoirs de Moscou d'exercer à nouveau une influence sur son ancien satellite.
Hier, le chef du gouvernement polonais a déclaré que Moscou était surtout préoccupé par le statut de la Pologne. «La Russie espère que la zone, en d'autres mots la Pologne, se retrouvera une nouvelle fois [...] dans la sphère d'influence russe», a-t-il jugé.
Le ministre tchèque des Affaires étrangères Karel Schwarzenberg a lui aussi jugé que ces propos relevaient de la pression politique. «Si on cède une seule fois au chantage, on n'aura plus où reculer», a-t-il dit selon l'agence tchèque CTK.
La menace russe «constitue exactement la raison pour laquelle nous devrions avoir une défense antimissile», a de son coté déclaré le vice-premier ministre Alexandr Vondra au quotidien Dnes qui consacrait sa une hier aux déclarations du général Solovtsov.
Le premier ministre tchèque Mirek Topolanek, qui achevait hier une visite en Pologne consacrée à ce dossier, compte rencontrer à son retour l'ambassadeur de Russie à Prague pour aborder cette question.
Dans la journée, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a une fois encore fait part des inquiétudes du Kremlin au sujet des projets américains, tout en assurant que Moscou n'entrerait pas dans une nouvelle course aux armements avec Washington.
Globalement favorables au projet de déploiement, malgré l'opposition de leur opinion publique, Varsovie et Prague ont décidé lundi de coopérer étroitement pour négocier avec Washington les conditions du déploiement d'une station radar en République tchèque et d'un silo souterrain de tir en Pologne.
Ces dernières semaines, les dirigeants politiques des deux pays n'ont cessé de répéter que le projet américain qui vise à contrer les menaces potentielles de l'Iran n'était nullement dirigé contre la Russie.
De son côté, le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier a critiqué l'approche des États-Unis, déclarant lundi qu'il «aurait fallu en discuter avant avec la Russie» et plaidant pour «une approche prudente et un dialogue intensif avec tous les partenaires directement ou indirectement concernés».
Le 10 février, le président russe Vladimir Poutine a estimé à Munich, dans un discours à forts relents anti-américains, que le projet d'extension du bouclier n'avait «rien à voir avec les menaces actuelles dans le monde», mais, avec d'autres mesures prises par l'OTAN, rompait l'équilibre militaire au détriment de la Russie.
La semaine dernière, le chef de l'état-major des forces armées russes, Iouri Balouïevski, a menacé de quitter le traité américano-soviétique (FNI) sur les forces nucléaires intermédiaires qui interdit depuis sa signature, en 1987, une classe entière de missiles de courte ou moyenne portée, c'est-à-dire ceux susceptibles d'atteindre l'Europe.
L'OTAN a critiqué lundi ses «propos extrêmes», les jugeant déplacés, comme l'a déclaré à Bruxelles James Appathurai, le porte-parole du secrétaire général de l'Alliance atlantique Jaap de Hoop Scheffer.
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