Rapts de suspects - La CIA avait sondé Rome dès 2001
Rome — La CIA avait «sondé» le chef des services de renseignement militaires italiens (SISMI), quelques jours après les attentats du 11-Septembre, à propos de l'enlèvement et du transfert à l'étranger de suspects de terrorisme résidant en Italie, selon des documents obtenus par Reuters.
Gianfranco Battelli, à l'époque dirigeant du SISMI, avait été contacté par le chef de l'antenne de la CIA à Rome à propos de l'idée de mener de telles opérations, baptisées restitutions (renditions), qui étaient totalement illégales.
Seize mois plus tard, en février 2003, un religieux musulman, Hassan Moustafa Ossama Nasr, alias Abou Omar, était enlevé par des agents présumés de la CIA à Milan, conduit jusqu'à une base aérienne américaine en Italie du Nord et transféré en Égypte, où il affirme avoir été torturé.
Un juge de Milan doit décider aujourd'hui s'il inculpe 26 Américains, dont la plupart seraient des agents de la CIA, et six Italiens mis en cause dans ce rapt.
Le chef de l'antenne de la CIA à Rome «m'a demandé mon opinion: "Que pensez-vous de l'hypothèse de mettre en application la stratégie dite des restitutions?"», raconte Battelli aux magistrats dans sa déposition.
Battelli, qui n'était plus à la tête du SISMI au moment de l'enlèvement de Nasr et qui n'est pas mis en cause, a précisé que son interlocuteur «avait fait clairement référence à la possibilité d'appréhender un suspect de terrorisme en Italie, de le conduire jusqu'à un aéroport et, là, de le mettre à bord d'un avion à destination d'un pays étranger».
Le responsable italien avait alors répondu à l'agent américain qu'il était sur le départ et qu'il devait voir cette question avec son successeur.
Si la juge Caterina Interlandi décide d'inculper les agents américains et italiens, il s'agira du premier procès sur ces transferts illégaux de prisonniers, un aspect de la «guerre contre le terrorisme» dénoncé notamment avec vigueur par le Parlement européen.
Gianfranco Battelli, à l'époque dirigeant du SISMI, avait été contacté par le chef de l'antenne de la CIA à Rome à propos de l'idée de mener de telles opérations, baptisées restitutions (renditions), qui étaient totalement illégales.
Seize mois plus tard, en février 2003, un religieux musulman, Hassan Moustafa Ossama Nasr, alias Abou Omar, était enlevé par des agents présumés de la CIA à Milan, conduit jusqu'à une base aérienne américaine en Italie du Nord et transféré en Égypte, où il affirme avoir été torturé.
Un juge de Milan doit décider aujourd'hui s'il inculpe 26 Américains, dont la plupart seraient des agents de la CIA, et six Italiens mis en cause dans ce rapt.
Le chef de l'antenne de la CIA à Rome «m'a demandé mon opinion: "Que pensez-vous de l'hypothèse de mettre en application la stratégie dite des restitutions?"», raconte Battelli aux magistrats dans sa déposition.
Battelli, qui n'était plus à la tête du SISMI au moment de l'enlèvement de Nasr et qui n'est pas mis en cause, a précisé que son interlocuteur «avait fait clairement référence à la possibilité d'appréhender un suspect de terrorisme en Italie, de le conduire jusqu'à un aéroport et, là, de le mettre à bord d'un avion à destination d'un pays étranger».
Le responsable italien avait alors répondu à l'agent américain qu'il était sur le départ et qu'il devait voir cette question avec son successeur.
Si la juge Caterina Interlandi décide d'inculper les agents américains et italiens, il s'agira du premier procès sur ces transferts illégaux de prisonniers, un aspect de la «guerre contre le terrorisme» dénoncé notamment avec vigueur par le Parlement européen.
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