La mue du Sinn Féin
Vitrine politique de l'IRA, le Sinn Féin vient de créer la surprise. En effet, la quasi-unanimité de ses membres ont reconnu la légitimité de la police et de la justice nord-irlandaise après avoir fait de leur dissolution un de leurs chevaux de bataille pendant des décennies. En fait, depuis la fondation du mouvement en 1906. Bref, la surprise est de taille.
En agissant de la sorte, les dirigeants du parti des catholiques font évidemment un pari. Ils espèrent que, à la faveur de cette reconnaissance, le processus politique devant se traduire par un partage des pouvoirs avec les leaders protestants reprendra rapidement. On se rappellera que toutes les activités inhérentes à ce processus mis en branle après les Accords du Vendredi Saint de 1998 avaient été suspendues en 2002.
Cela étant, les premiers ministres britannique et irlandais, Tony Blair et Bertie Ahern, ont salué avec d'autant plus de force le vote du Sinn Féin que, selon l'agenda politique, qu'ils ont en grande partie fixé, la restauration du gouvernement et de l'assemblée semi-autonome doit se faire à la fin du mois de mars. Soit après la tenue de nouvelles élections lors de la première semaine de ce mois.
C'est en s'appuyant sur la récolte des pouvoirs découlant de la restauration que Gerry Adams et Martin McGuiness, les numéros un et deux du Sinn Féin, sont parvenus à convaincre les membres d'adopter leur résolution. Ils ont la certitude que, grâce à cette division des pouvoirs, ils seront en mesure d'imposer un certain nombre de réformes aux forces policières.
Pour mener à bien cette réforme ils disposent d'un élément de poids. Il s'agit d'un rapport rédigé par un groupe d'experts en sécurité qui affirment que le Police Service of Northern Ireland, l'ex-Royal Ulster Constabulary de sinistre mémoire, est acoquiné à des groupes paramilitaires opposés aux catholiques. Simultanément à cette étude, ces experts en ont consacré une autre à l'IRA. Leur conclusion? L'IRA ne peut plus être qualifiée d'organisation terroriste. Mieux, elle a abandonné le recours à la violence «de manière irréversible».
Reste maintenant à savoir quelle sera la réaction du fanatique pasteur Ian Paisley. Jusqu'à présent, il a toujours considéré le processus de paix et la répartition des pouvoirs entre communautés avec dégoût. Ce fou de Dieu dans sa version protestante avait beau jeu de s'opposer à toute réconciliation en évoquant ce qu'il ne peut plus évoquer: soit la dissolution des forces de sécurité souhaitée par le Sinn Féin.
Ce dernier reconnaissant la légitimité de la police, Paisley est coincé. À moins qu'il ne décide d'opter pour la fuite en avant, ce qui, venant de lui, ne serait pas étonnant. Car cet homme détestant tout ce qui ressemble de près ou de loin à «un papiste» est condamné à bien des contorsions d'ici au 26 mars. À cette date, il est appelé à revêtir le costume de premier ministre de l'Ulster avec comme adjoint... Martin McGuinness, le n° 2 du Sinn Féin.
En agissant de la sorte, les dirigeants du parti des catholiques font évidemment un pari. Ils espèrent que, à la faveur de cette reconnaissance, le processus politique devant se traduire par un partage des pouvoirs avec les leaders protestants reprendra rapidement. On se rappellera que toutes les activités inhérentes à ce processus mis en branle après les Accords du Vendredi Saint de 1998 avaient été suspendues en 2002.
Cela étant, les premiers ministres britannique et irlandais, Tony Blair et Bertie Ahern, ont salué avec d'autant plus de force le vote du Sinn Féin que, selon l'agenda politique, qu'ils ont en grande partie fixé, la restauration du gouvernement et de l'assemblée semi-autonome doit se faire à la fin du mois de mars. Soit après la tenue de nouvelles élections lors de la première semaine de ce mois.
C'est en s'appuyant sur la récolte des pouvoirs découlant de la restauration que Gerry Adams et Martin McGuiness, les numéros un et deux du Sinn Féin, sont parvenus à convaincre les membres d'adopter leur résolution. Ils ont la certitude que, grâce à cette division des pouvoirs, ils seront en mesure d'imposer un certain nombre de réformes aux forces policières.
Pour mener à bien cette réforme ils disposent d'un élément de poids. Il s'agit d'un rapport rédigé par un groupe d'experts en sécurité qui affirment que le Police Service of Northern Ireland, l'ex-Royal Ulster Constabulary de sinistre mémoire, est acoquiné à des groupes paramilitaires opposés aux catholiques. Simultanément à cette étude, ces experts en ont consacré une autre à l'IRA. Leur conclusion? L'IRA ne peut plus être qualifiée d'organisation terroriste. Mieux, elle a abandonné le recours à la violence «de manière irréversible».
Reste maintenant à savoir quelle sera la réaction du fanatique pasteur Ian Paisley. Jusqu'à présent, il a toujours considéré le processus de paix et la répartition des pouvoirs entre communautés avec dégoût. Ce fou de Dieu dans sa version protestante avait beau jeu de s'opposer à toute réconciliation en évoquant ce qu'il ne peut plus évoquer: soit la dissolution des forces de sécurité souhaitée par le Sinn Féin.
Ce dernier reconnaissant la légitimité de la police, Paisley est coincé. À moins qu'il ne décide d'opter pour la fuite en avant, ce qui, venant de lui, ne serait pas étonnant. Car cet homme détestant tout ce qui ressemble de près ou de loin à «un papiste» est condamné à bien des contorsions d'ici au 26 mars. À cette date, il est appelé à revêtir le costume de premier ministre de l'Ulster avec comme adjoint... Martin McGuinness, le n° 2 du Sinn Féin.
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