Les sans-abri français obtiennent un «ministère»
3 janvier 2007
Europe
Photo : Agence France-Presse
Deux sans-abri sous leur tente à Lyon, hier.
Paris — Les sans-abri en France ont désormais leur «ministère»: un squat de 1000 m2 dans une banque désaffectée, avec vue sur la Bourse de Paris, dernière initiative en date du milieu associatif pour imposer la question du droit au logement au coeur de la campagne présidentielle.
«On veut donner un gros coup pour qu'il se passe des choses concrètes dans les mois à venir», explique une militante de Jeudi noir, l'une des trois associations à l'origine de ce nouveau «ministère de la Crise du logement».
L'endroit n'a pas été choisi au hasard: rue de la Banque, à deux pas de la Bourse, un «symbole évident» pour des associations qui veulent notamment dénoncer la spéculation immobilière.
Depuis fin décembre, la vie s'organise doucement dans cet immeuble chic de six étages au centre de Paris, vide depuis trois ans. Huit familles, dont une vingtaine d'enfants, dorment sur des matelas au 3e et au 4e, des artistes vivent au 2e et la grande salle du premier a vocation à devenir le «QG de campagne sur le logement».
«Nous allons y installer des ordinateurs et Internet, et en faire un lieu de débat ouvert. Ce sera aussi le point de départ d'autres opérations coups-de-poing pour maintenir la pression», explique Julien Boucher, président de l'association MACAQ.
Au début de l'hiver, plusieurs initiatives ont braqué les projecteurs sur la question des sans-abri. Entre 100 000 et 400 000 personnes n'ont pas de logement en France.
La plus médiatique est celle des Enfants de don Quichotte, qui a installé près d'un canal, dans un quartier à la mode de Paris, une centaine de tentes rouges pour les plus démunis, mais aussi pour les «bien-logés» prêts à braver le froid pour exprimer leur solidarité avec les sans-abri.
Depuis, de petits campements ont commencé à être érigés dans plusieurs villes de province, et anonymes ou politiques signent la charte de l'association, qui prévoit de renforcer le droit au logement en permettant un recours à la justice en cas d'impossibilité de trouver un habitat.
Lors de ses voeux aux Français pour 2007, le président Jacques Chirac a repris l'idée et demandé au gouvernement de la «mettre en place».
Avec le «ministère» sauvage de la rue de la Banque, «nous avançons encore d'un pas», assure Jean-Baptiste Eyraud, président de l'association Droit au logement (DAL), troisième pilier de l'initiative.
En cette période préélectorale, M. Eyraud se félicite d'une plus grande sensibilité des Français à la question du droit au logement, en raison des prix records de l'immobilier.
Hafida Sadek, 47 ans, ne trouve pas de logement pour elle et ses deux enfants avec son salaire de femme de ménage de 680 euros par mois. Expulsée en septembre d'un appartement de 32 m2 où elle vivait depuis 10 ans, elle s'est installée juste après Noël au troisième étage du «ministère».
«On me dit qu'il n'y a pas de logement. Mais ce n'est pas vrai... regardez ici», explique calmement cette femme de 47 ans. Derrière elle, son fils de neuf ans joue avec d'autres enfants sur des sacs de couchage posés sur la moquette.
Le bâtiment «squatté» est promis à la vente et l'acte devrait être signé le 8 janvier. Mais les associations restent confiantes. «Une procédure en justice prendra au moins six mois» et d'ici là, l'élection présidentielle aura eu lieu, explique Julien Boucher.
«On veut donner un gros coup pour qu'il se passe des choses concrètes dans les mois à venir», explique une militante de Jeudi noir, l'une des trois associations à l'origine de ce nouveau «ministère de la Crise du logement».
L'endroit n'a pas été choisi au hasard: rue de la Banque, à deux pas de la Bourse, un «symbole évident» pour des associations qui veulent notamment dénoncer la spéculation immobilière.
Depuis fin décembre, la vie s'organise doucement dans cet immeuble chic de six étages au centre de Paris, vide depuis trois ans. Huit familles, dont une vingtaine d'enfants, dorment sur des matelas au 3e et au 4e, des artistes vivent au 2e et la grande salle du premier a vocation à devenir le «QG de campagne sur le logement».
«Nous allons y installer des ordinateurs et Internet, et en faire un lieu de débat ouvert. Ce sera aussi le point de départ d'autres opérations coups-de-poing pour maintenir la pression», explique Julien Boucher, président de l'association MACAQ.
Au début de l'hiver, plusieurs initiatives ont braqué les projecteurs sur la question des sans-abri. Entre 100 000 et 400 000 personnes n'ont pas de logement en France.
La plus médiatique est celle des Enfants de don Quichotte, qui a installé près d'un canal, dans un quartier à la mode de Paris, une centaine de tentes rouges pour les plus démunis, mais aussi pour les «bien-logés» prêts à braver le froid pour exprimer leur solidarité avec les sans-abri.
Depuis, de petits campements ont commencé à être érigés dans plusieurs villes de province, et anonymes ou politiques signent la charte de l'association, qui prévoit de renforcer le droit au logement en permettant un recours à la justice en cas d'impossibilité de trouver un habitat.
Lors de ses voeux aux Français pour 2007, le président Jacques Chirac a repris l'idée et demandé au gouvernement de la «mettre en place».
Avec le «ministère» sauvage de la rue de la Banque, «nous avançons encore d'un pas», assure Jean-Baptiste Eyraud, président de l'association Droit au logement (DAL), troisième pilier de l'initiative.
En cette période préélectorale, M. Eyraud se félicite d'une plus grande sensibilité des Français à la question du droit au logement, en raison des prix records de l'immobilier.
Hafida Sadek, 47 ans, ne trouve pas de logement pour elle et ses deux enfants avec son salaire de femme de ménage de 680 euros par mois. Expulsée en septembre d'un appartement de 32 m2 où elle vivait depuis 10 ans, elle s'est installée juste après Noël au troisième étage du «ministère».
«On me dit qu'il n'y a pas de logement. Mais ce n'est pas vrai... regardez ici», explique calmement cette femme de 47 ans. Derrière elle, son fils de neuf ans joue avec d'autres enfants sur des sacs de couchage posés sur la moquette.
Le bâtiment «squatté» est promis à la vente et l'acte devrait être signé le 8 janvier. Mais les associations restent confiantes. «Une procédure en justice prendra au moins six mois» et d'ici là, l'élection présidentielle aura eu lieu, explique Julien Boucher.
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