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Londres durcit le ton à l'égard de la Russie

27 novembre 2006  Europe
Londres — Un membre du cabinet britannique, le ministre chargé de l'Irlande du Nord Peter Hain, a accusé hier le président russe Vladimir Poutine de s'en prendre aux «libertés individuelles et à la démocratie», sans mentionner directement l'affaire Litvinenko.

Si Londres apparaît déterminé à élucider l'origine de l'empoisonnement qui a coûté jeudi soir la vie à l'ancien espion russe, les responsables britanniques se sont jusqu'à présent abstenus de mettre en cause Moscou. La police britannique traite pour l'instant cette affaire comme un «décès inexpliqué», mais pas encore comme un meurtre.

Peter Hain a estimé que la présidence de Vladimir Poutine a été «obscurcie» par diverses affaires, dont le «meurtre extrêmement ténébreux» de la journaliste russe Anna Politkovskaïa. Selon le ministre, les résultats économiques de la Russie de M. Poutine «doivent être mis en balance avec le fait qu'il y a eu d'énormes attaques aux libertés individuelles et à la démocratie. Il est à mes yeux important qu'il [Vladimir Poutine] reprenne le chemin de la démocratie», a-t-il dit à la BBC. Pour M. Hain, les relations entre la Grande-Bretagne et la Russie sont dans une phase «délicate».

Litvinenko, ancien agent secret soviétique exilé à Londres et devenu un opposant déclaré au président Poutine, est mort jeudi soir à 43 ans après avoir passé plusieurs journées en unité de soins intensifs dans un hôpital londonien. Avant de mourir, il a dicté une note à un ami dans laquelle il accuse le président Poutine d'être à l'origine de son empoisonnement.

D'après le Sunday Times, Litvinenko a désigné avant de mourir le nom d'un agent russe. Selon l'ex-espion, il n'a pas été directement impliqué dans l'empoisonnement mais a été envoyé par Moscou pour le surveiller. Interrogée, la police a déclaré ne pas pouvoir confirmer ces informations. Le ministère des Affaires étrangères a de son côté déclaré avoir demandé à la Russie de coopérer à l'enquête.

Ancien agent du KGB puis du FSB (Service de sécurité fédéral, successeur du KGB), Alexandre Litvinenko a accusé publiquement en 1998 ses supérieurs de lui avoir ordonné de tuer le milliardaire russe Boris Berezovski, autre ennemi déclaré de Vladimir Poutine. Litvinenko a passé neuf mois en prison en 1999, avant d'être remis en liberté. Il a obtenu en 2000 l'asile politique en Grande-Bretagne.
 
 
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