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Pour son rôle dans des cas de torture - Une plainte est déposée en Allemagne contre Rumsfeld

15 novembre 2006  Europe
Berlin — Un collectif d'avocats internationaux a porté plainte hier, en Allemagne, contre l'ex-secrétaire à la Défense américain Donald Rumsfeld pour son rôle dans des cas de torture de prisonniers en Irak et sur la base américaine de Guantánamo.

La plainte, un document de plusieurs centaines de pages, a été transmise par courrier électronique au procureur général fédéral d'Allemagne, Monika Harms, a déclaré à la presse le coordinateur de cette initiative, l'avocat allemand Wolfgang Kaleck.

«Nous ne nous attendons pas forcément à traîner M. Rumsfeld devant un tribunal. Mais il est du devoir du procureur général d'ouvrir une enquête», a souligné l'avocat, qui attend une réponse du parquet début 2007.

«Et si nous échouons, nous recommencerons en France, en Espagne, ailleurs en Europe. Nous voulons montrer qu'il n'y a d'asile nulle part pour M. Rumsfeld et ses semblables», a lancé l'avocat, en précisant que l'objectif final restait de pousser les États-Unis à se pencher eux-mêmes sur cette affaire.

Outre le secrétaire d'État à la Défense démissionnaire, la plainte concerne l'ancien patron de la CIA, George Tenet, l'actuel ministre de la Justice, Alberto Gonzales, en sa qualité d'ancien conseiller de la Maison-Blanche, ainsi que quatre militaires de haut rang et cinq membres de l'administration Bush.

Le collectif d'avocats a rallié à sa cause l'ex-générale de brigade américain Janis Karpinski, ancienne responsable des centres de détention en Irak. «J'espère que mon témoignage empêchera que ce genre de choses se reproduise. Nous avons une obligation vis-à-vis du reste du monde», a-t-elle déclaré hier.

En 2004, le CCR avait déjà déposé une plainte similaire, en s'appuyant sur le principe de juridiction universelle, qui permet à la justice de certains pays de poursuivre des auteurs de crimes de guerre indépendamment de toute considération liée au territoire ou à la nationalité.

Le Parquet fédéral avait refusé d'ouvrir une enquête, estimant que les États-Unis n'avaient pas définitivement renoncé à poursuivre eux-mêmes les personnes mises en cause.

«Mais les États-Unis ont désormais fait la preuve qu'il n'y a plus chez eux de recours possible pour les victimes de torture», a dit Antoine Bernard, directeur exécutif de la FIDH, citant la récente loi américaine sur les tribunaux militaires d'exception, qui offre «une immunité absolue» aux responsables d'actes de torture.

La démission récente de M. Rumsfeld change aussi la donne. «Il ne peut plus se prévaloir d'une quelconque immunité», a fait valoir Wolfgang Kaleck.
 
 
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