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FMI: L'Europe tient à son influence

L'Union européenne n'aura pas qu'un seul vote

21 septembre 2006  Europe
Singapour — L'idée de réduire l'Union européenne, voire la zone euro, à un seul siège au sein du Fonds monétaire international (FMI) est restée lettre morte aux réunions annuelles à Singapour, cependant les Européens ont accepté de céder un peu d'influence aux pays émergents sous-représentés.

La représentation unique des pays de l'UE, «personne n'en a parlé», affirme un diplomate européen proche des discussions des gouverneurs des 184 États membres, qui ont ouvert à Singapour le chantier ambitieux de la réforme de l'institution sexagénaire.

L'idée en avait été discrètement suggérée à plusieurs reprises par les États-Unis. Et côté européen certains s'étaient, avant les réunions, dits favorables à une UE qui parlerait d'une seule voix.

Mais l'intégration européenne battant de l'aile, notamment après le gel du projet de constitution pour l'UE en 2005, la question d'une représentation unique n'est plus vraiment à l'ordre du jour.

«Nous sommes comme un orchestre qui ne parvient pas encore à jouer la même mélodie», a résumé le ministre allemand des Finances, Peer Steinbrück avant de rappeler clairement qu'il «était contre une réduction de la zone euro à un seul siège». Douze pays ont adopté jusqu'ici la monnaie unique.

Les 25 pays de l'UE disposent actuellement de sept des 24 sièges du conseil d'administration, l'organe exécutif du FMI siégeant à Washington, contre cinq pour tous les pays asiatiques.

L'ensemble des pays européens du FMI ont accepté de céder d'ores et déjà une petite partie de leurs droits de vote pour permettre d'augmenter, quoique très légèrement, le poids de quatre pays émergents, Chine, Corée du sud, Mexique et Turquie, éminemment sous-représentés.

Ce premier réajustement adopté lors de l'assemblée de Singapour qui s'est achevée hier doit permettre au FMI de «mieux refléter la nouvelle réalité de l'économie mondiale», selon son directeur général Rodrigo Rato.

Et les États membres se sont engagés à faire suivre cette retouche cosmétique d'une réforme plus vaste pour répondre aux préoccupations des nouvelles économies émergentes.

L'Inde et le Brésil par exemple disposent actuellement de moins de droits de vote chacun que le petit royaume de Belgique ou celui des Pays-Bas.

Le marchandage s'annonce ardu et chacun des gouverneurs européens, soucieux du maintien de sa sphère d'influence, a réclamé lors des débats à Singapour une nouvelle formule «équitable» pour éviter de faire les frais de cette réforme.

«Si des pays comme l'Irlande, très sous-représentée, sont appelés à accepter une nouvelle réduction de leurs droits de vote, alors que d'autres déjà sur-représentés vont le rester, cela reviendra à leur demander de porter une part disproportionnée du fardeau», a averti le gouverneur de la Banque centrale d'Irlande, John Hurley.

L'exercice promet «d'être techniquement et politiquement difficile», a reconnu son collègue de la Banque de France, Christian Noyer. Il a rappelé que «chaque membre est extrêmement réticent à voir son poids relatif baisser», même s'il est «légitime» que les pays en développement et émergents soient les «principaux bénéficiaires immédiats de la réforme».

Pour l'Espagne, il s'agit non seulement de maintenir son poids au sein du FMI mais aussi d'obtenir une correction de sa forte sous-représentation actuelle, a dit son représentant.

Le gouverneur de la Banque centrale finlandaise, Erkii Liikanen, a reconnu auprès de l'AFP qu'il ne sera «pas facile de convaincre quelqu'un de laisser tomber ses prérogatives» tout en se déclarant en faveur d'une «solution claire et pragmatique, qui respecte les intérêts de tous».
 
 
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