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Chirac tente une sortie de crise

Le président français promulgue la loi sur les contrats de première embauche mais demande au gouvernement d'en affaiblir la teneur

1 avril 2006  Europe
Les étudiants français ont écouté avec intérêt l’allocution télévisée du chef de l’État.
Photo : Agence Reuters
Les étudiants français ont écouté avec intérêt l’allocution télévisée du chef de l’État.
Paris — Le président français Jacques Chirac a tenté hier soir de dénouer la crise grandissante sur le contrat-jeunes, en annonçant une promulgation de la loi controversée tout en promettant de la faire réviser immédiatement.

Malgré ce recul sur le fond, les premières réactions des syndicats et de l'opposition de gauche ont été négatives: ils ont réitéré leur exigence d'un retrait pur et simple du contrat première embauche (CPE) et maintenu leur appel à de nouvelles manifestations partout en France le 4 avril. La promulgation formelle de la loi pourrait permettre de sauver la face au premier ministre Dominique de Villepin, qui a, jusque-là, refusé toute concession majeure et qui a fait du CPE un combat personnel.

«Depuis plusieurs semaines, le dialogue n'a pu aboutir et la situation est restée bloquée autour de la question du retrait ou du maintien de ce texte», a assuré M. Chirac dans une allocution radio-télévisée très attendue. «Il est temps de dénouer la situation en étant juste et raisonnable, avec comme exigence l'intérêt national», a-t-il dit.

Soulignant que la loi avait été votée par le Parlement et qu'elle avait été validée par le Conseil constitutionnel, M. Chirac a affirmé qu'il se devait de la promulguer. Mais, a-t-il aussitôt ajouté, «j'ai entendu également les inquiétudes qui s'expriment, chez de nombreux jeunes et chez leurs parents. Et je veux y répondre.»

Il a donc demandé au gouvernement «de préparer immédiatement deux modifications de la loi sur les points qui ont fait débat». Il lui a aussi demandé de veiller à ce que le CPE ne soit pas appliqué avant les modifications législatives.

Le Contrat première embauche, réservé aux moins de 26 ans, permet sous sa forme actuelle à un employeur de licencier pendant deux ans sans donner de justification. Le CPE est accusé par ses détracteurs d'accroître la précarité des jeunes. Selon M. Chirac, la période de deux ans sera réduite à un an. Et, en cas de rupture du contrat, «le droit du jeune salarié à en connaître les raisons sera inscrit dans la nouvelle loi».

Le président français en a solennellement appelé au «sens des responsabilités» des syndicats et des organisations étudiantes et lycéennes pour qu'ils acceptent de négocier et de «prendre toute leur part dans l'élaboration des nouvelles dispositions».

Les syndicats et l'opposition de gauche, qui avaient multiplié les mises en garde avant l'allocution de M. Chirac et demandent un retrait pur et simple du CPE, n'ont pas été convaincus par son discours. Ils avaient assuré qu'une promulgation de la loi en l'état risquait d'embraser le conflit social.

La CGT réitère son appel à manifester

Le premier syndicat du pays, la CGT, et Force ouvrière, ont réitéré leur appel à une journée de manifestations le 4 avril. La précédente journée d'action syndicale, le 28 mars, avait réuni entre un et trois millions de personnes dans les rues du pays. «En aucun cas le président n'apporte un début de réponse», a estimé Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT.

Le leader du Parti socialiste François Hollande a estimé pour sa part que la crise sur le CPE n'allait «pas vers l'apaisement».

Décidés à maintenir la pression jusqu'au dernier moment, les principaux syndicats de lycéens et d'étudiants avaient appelé à des rassemblements «sur les principales places des grandes villes de France» une demi-heure avant l'intervention de M. Chirac.
 
 
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