«Plamegate» - Bush sommé de procéder à un rapide remaniement
Washington — Le président américain George Bush, dont l'administration est ébranlée par l'affaire Valerie Plame, doit procéder à un remaniement à la Maison-Blanche s'il ne veut pas que la fin de son mandat tourne à l'aigre, ont estimé hier des sénateurs démocrates et républicains.
La classe politique appelle notamment Bush à enquêter sur le bureau du vice-président Dick Cheney, dont le directeur de cabinet, Lewis Libby, a été inculpé vendredi pour parjure, faux témoignage et entrave à la justice.
Charles Schumer, sénateur démocrate de New York, a ainsi déclaré sur CBS que «le président [devait] mener sa propre enquête interne sur le bureau du vice-président, voir ce qui s'est passé, fixer certaines normes et si besoin, mettre le vice-président au placard».
Après plus de deux ans d'enquête dirigée dans la plus grande discrétion par le procureur spécial Patrick Fitzgerald, l'affaire de la divulgation de l'identité de l'agent secret de la CIA Valerie Plame va entrer dans une nouvelle phase, publique celle-là, où Cheney devrait jouer un rôle central.
D'après des avocats proches du dossier, le vice-président et d'autres hauts responsables de la Maison-Blanche pourraient être appelés à la barre en tant que témoins, dévoilant au grand jour certaines pratiques des hautes sphères du pays, notamment dans la phase de préparation de la guerre en Irak.
«C'est une situation horrible pour le vice-président, Libby était tellement proche de lui», commentait samedi un des avocats de l'affaire, qui qualifie Cheney de «témoin clé».
Dure semaine
Il n'y a pas que la classe politique qui s'inquiète des façons de faire du président Bush. Un nouveau sondage montrait hier que sa popularité continuait de baisser. L'action de Bush n'est plus approuvée que par 39 % des Américains après la démission d'un haut responsable de la Maison-Blanche accusé d'avoir menti, selon une enquête Washington Post-ABC News.
Sa cote de popularité était de 42 % au moment de la dernière enquête réalisée le 11 septembre, alors que le président subissait déjà les effets conjugués du cyclone Katrina, des prix élevés du pétrole et de la guerre en Irak.
Les amis de George W. Bush eux-mêmes l'avouent, la semaine qui vient de s'achever a été la plus dure depuis le début de sa présidence en janvier 2001: le nombre des Américains tués en Irak a atteint mardi la barre symbolique des 2000, sa candidate à la Cour suprême Harriet Miers, critiquée par des républicains, a renoncé jeudi et un de ses plus proches conseillers a été inculpé vendredi pour avoir menti.
«L'épisode Miers a soulevé des questions sur ses capacités de jugement, tandis que l'enquête sur la fuite a soulevé des questions sur l'éthique de l'administration» présidentielle, souligne ainsi le Washington Post.
Au sein même de la Maison-Blanche, le malaise est palpable, selon le magazine Time. Citant un responsable de la présidence s'exprimant sous le couvert de l'anonymat, l'hebdomadaire assure que la confiance du président Bush dans le vice-président Dick Cheney a été entamée par l'affaire Plame-Wilson. «Toutes les relations entretenues par le président, excepté celle avec [sa femme] Laura ont été altérées», a précisé ce conseiller. Selon Time, dans l'équipe gouvernementale, seule la secrétaire d'État Condoleezza Rice a gardé toute la confiance du président.
Rove, fusible de l'administration Bush?
Selon le sénateur républicain du Mississippi Trent Lott, Bush saura prendre ses responsabilités en temps voulu. «Je pense que c'est un homme qui sait lorsqu'il est temps d'agir et de prendre des décisions. Il le fera», a-t-il dit sur Fox News.
Les commentaires des représentants se concentraient également hier sur Karl Rove, le secrétaire général adjoint de la Maison-Blanche, qui fait toujours l'objet d'une enquête.
Selon Harry Reid, sénateur démocrate du Nevada, Rove pourrait devenir le fusible de l'administration Bush. «Le président, je pense, est toujours guidé par Karl Rove», a-t-il dit sur ABC, avant d'appeler en des termes diplomatiques à sa démission sur CNN. «Il est toujours là, on devrait le laisser partir.»
Trent Lott estime pour sa part que la décision devrait revenir à Rove. «S'il a des problèmes [avec la justice], je pense qu'il le reconnaîtra et s'occupera de la situation. S'il n'est pas inculpé, alors vous savez, sa vision sera très différente.»
Libby, qui a démissionné vendredi sitôt connue son inculpation, devrait faire sa première apparition devant un tribunal dans le courant de la semaine pour la lecture de l'acte d'accusation.
Le procès se concentrera en partie sur la conversation qu'aurait eue Libby avec Cheney le 12 juin 2003 sur les activités du diplomate Joseph Wilson et de sa femme Valerie Plame, un mois avant que l'identité de l'agent secret ne soit révélée par le journaliste Robert Novak.
Libby a indiqué lors de ses interrogatoires qu'il avait été informé de l'identité de Plame par des journalistes et non par le vice-président, comme le pense au contraire le grand jury.
Selon un avocat, ce point crucial du procès pourrait causer «des dégâts politiques». «Que faisaient-ils exactement dans ce bureau lors de leurs discussions sur Wilson?», interroge-t-il.
Lewis «Scooter» Libby est accusé d'avoir menti à des agents du FBI au cours de deux interrogatoires le 14 octobre et le 26 novembre 2003. Il est également poursuivi pour parjure alors qu'il témoignait sous serment devant le grand jury le 5 mars 2004, et d'entrave à la justice.
Avec l'Agence France-Presse
La classe politique appelle notamment Bush à enquêter sur le bureau du vice-président Dick Cheney, dont le directeur de cabinet, Lewis Libby, a été inculpé vendredi pour parjure, faux témoignage et entrave à la justice.
Charles Schumer, sénateur démocrate de New York, a ainsi déclaré sur CBS que «le président [devait] mener sa propre enquête interne sur le bureau du vice-président, voir ce qui s'est passé, fixer certaines normes et si besoin, mettre le vice-président au placard».
Après plus de deux ans d'enquête dirigée dans la plus grande discrétion par le procureur spécial Patrick Fitzgerald, l'affaire de la divulgation de l'identité de l'agent secret de la CIA Valerie Plame va entrer dans une nouvelle phase, publique celle-là, où Cheney devrait jouer un rôle central.
D'après des avocats proches du dossier, le vice-président et d'autres hauts responsables de la Maison-Blanche pourraient être appelés à la barre en tant que témoins, dévoilant au grand jour certaines pratiques des hautes sphères du pays, notamment dans la phase de préparation de la guerre en Irak.
«C'est une situation horrible pour le vice-président, Libby était tellement proche de lui», commentait samedi un des avocats de l'affaire, qui qualifie Cheney de «témoin clé».
Dure semaine
Il n'y a pas que la classe politique qui s'inquiète des façons de faire du président Bush. Un nouveau sondage montrait hier que sa popularité continuait de baisser. L'action de Bush n'est plus approuvée que par 39 % des Américains après la démission d'un haut responsable de la Maison-Blanche accusé d'avoir menti, selon une enquête Washington Post-ABC News.
Sa cote de popularité était de 42 % au moment de la dernière enquête réalisée le 11 septembre, alors que le président subissait déjà les effets conjugués du cyclone Katrina, des prix élevés du pétrole et de la guerre en Irak.
Les amis de George W. Bush eux-mêmes l'avouent, la semaine qui vient de s'achever a été la plus dure depuis le début de sa présidence en janvier 2001: le nombre des Américains tués en Irak a atteint mardi la barre symbolique des 2000, sa candidate à la Cour suprême Harriet Miers, critiquée par des républicains, a renoncé jeudi et un de ses plus proches conseillers a été inculpé vendredi pour avoir menti.
«L'épisode Miers a soulevé des questions sur ses capacités de jugement, tandis que l'enquête sur la fuite a soulevé des questions sur l'éthique de l'administration» présidentielle, souligne ainsi le Washington Post.
Au sein même de la Maison-Blanche, le malaise est palpable, selon le magazine Time. Citant un responsable de la présidence s'exprimant sous le couvert de l'anonymat, l'hebdomadaire assure que la confiance du président Bush dans le vice-président Dick Cheney a été entamée par l'affaire Plame-Wilson. «Toutes les relations entretenues par le président, excepté celle avec [sa femme] Laura ont été altérées», a précisé ce conseiller. Selon Time, dans l'équipe gouvernementale, seule la secrétaire d'État Condoleezza Rice a gardé toute la confiance du président.
Rove, fusible de l'administration Bush?
Selon le sénateur républicain du Mississippi Trent Lott, Bush saura prendre ses responsabilités en temps voulu. «Je pense que c'est un homme qui sait lorsqu'il est temps d'agir et de prendre des décisions. Il le fera», a-t-il dit sur Fox News.
Les commentaires des représentants se concentraient également hier sur Karl Rove, le secrétaire général adjoint de la Maison-Blanche, qui fait toujours l'objet d'une enquête.
Selon Harry Reid, sénateur démocrate du Nevada, Rove pourrait devenir le fusible de l'administration Bush. «Le président, je pense, est toujours guidé par Karl Rove», a-t-il dit sur ABC, avant d'appeler en des termes diplomatiques à sa démission sur CNN. «Il est toujours là, on devrait le laisser partir.»
Trent Lott estime pour sa part que la décision devrait revenir à Rove. «S'il a des problèmes [avec la justice], je pense qu'il le reconnaîtra et s'occupera de la situation. S'il n'est pas inculpé, alors vous savez, sa vision sera très différente.»
Libby, qui a démissionné vendredi sitôt connue son inculpation, devrait faire sa première apparition devant un tribunal dans le courant de la semaine pour la lecture de l'acte d'accusation.
Le procès se concentrera en partie sur la conversation qu'aurait eue Libby avec Cheney le 12 juin 2003 sur les activités du diplomate Joseph Wilson et de sa femme Valerie Plame, un mois avant que l'identité de l'agent secret ne soit révélée par le journaliste Robert Novak.
Libby a indiqué lors de ses interrogatoires qu'il avait été informé de l'identité de Plame par des journalistes et non par le vice-président, comme le pense au contraire le grand jury.
Selon un avocat, ce point crucial du procès pourrait causer «des dégâts politiques». «Que faisaient-ils exactement dans ce bureau lors de leurs discussions sur Wilson?», interroge-t-il.
Lewis «Scooter» Libby est accusé d'avoir menti à des agents du FBI au cours de deux interrogatoires le 14 octobre et le 26 novembre 2003. Il est également poursuivi pour parjure alors qu'il témoignait sous serment devant le grand jury le 5 mars 2004, et d'entrave à la justice.
Avec l'Agence France-Presse
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