Interdiction de la torture - La Maison-Blanche menace le Sénat d'utiliser son droit de veto
7 octobre 2005
États-Unis
Washington — Au lendemain du camouflet que lui a servi le Sénat mercredi soir en lui tenant tête, la Maison-Blanche a maintenu hier sa menace de veto, au risque de sacrifier le budget de la Défense, pour contrer le vote à la quasii-unanimité pour l'interdiction des sévices contre tout prisonnier, manifestant son désir de tourner définitivement la page des bavures de la «guerre contre le terrorisme».
L'amendement au budget de la Défense adopté par 90 voix contre neuf, à l'initiative du républicain John McCain, ancien prisonnier de guerre au Vietnam, interdit explicitement les «traitements cruels, inhumains ou dégradants» envers des prisonniers.
Cette mesure est soutenue notamment par l'ancien secrétaire d'État du président George W. Bush, Colin Powell, ancien chef d'état-major interarmées, et l'organisation de défense des libertés individuelles ACLU.
La Maison-Blanche a expliqué compter sur le processus de la navette parlementaire pour faire rentrer dans le rang sa majorité récalcitrante.
Le porte-parole du président Scott McClellan a souligné que «les conseillers du président lui recommanderaient d'opposer son veto si une telle formulation est maintenue», promettant de «travailler avec le Congrès sur cette question».
L'été dernier, le vice-président Dick Cheney s'était rendu personnellement au Sénat pour convaincre les sénateurs d'éluder le débat sur le traitement des prisonniers, alors même que le département de la Défense lui-même a reconnu du bout des lèvres que des sévices avaient été commis contre des détenus de la «guerre contre le terrorisme» en Irak, en Afghanistan et à la base américaine de Guantánamo.
En l'absence de M. Cheney mercredi, il ne s'est trouvé que neuf députés pour s'opposer à l'initiative de M. McCain, présentée au nom de la défense de l'image des États-Unis dans le monde et de la protection des Américains risquant d'être capturés.
Parmi eux, le très conservateur Jeff Sessions, qui semblait en juillet justifier une indifférence très répandue aux États-Unis face à ces affaires de sévices: les détenus victimes de sévices «ne sont pas des prisonniers de guerre, ce sont des terroristes, des combattants hors la loi, décidés à massacrer le pacifique peuple espagnol et ses chemins de fer, le peuple de Londres ou le peuple de New York».
Mercredi, M. McCain a préféré souligner que l'interdiction de la torture relevait de l'évidence. «Elle ne devrait supposer aucun changement dans nos pratiques actuelles de détention et d'interrogation», a-t-il dit. Elle doit selon lui servir à «rétablir la clarté sur une question simple et fondamentale: l'Amérique traite-t-elle les gens de façon inhumaine? Ma réponse est non».
Pour garantir cet engagement, l'amendement de M. McCain précise que l'étendue des méthodes autorisées pour faire parler les détenus sous la garde des militaires sera clairement consignée dans un manuel s'appliquant à tous.
«Les hommes et les femmes menant les interrogatoires auront le confort de savoir qu'ils ont des instructions précises sur ce qu'ils peuvent faire et ne pas faire», a expliqué M. McCain, témoignant du désarroi de certains militaires.
Neuf militaires ont été condamnés à la suite des premiers sévices révélés à la prison d'Abou Ghraïb au printemps 2004, commis par des gardiens en vacation de nuit.
La soldate Lynndie England, devenue le symbole de ces abus à la suite d'une photo la montrant souriante devant un prisonnier irakien nu et tenu en laisse, a été condamnée à trois ans de prison la semaine dernière.
Plusieurs militaires ont par ailleurs été sanctionnés pour des débordements commis lors d'interrogatoires, notamment à Guantánamo.
L'amendement au budget de la Défense adopté par 90 voix contre neuf, à l'initiative du républicain John McCain, ancien prisonnier de guerre au Vietnam, interdit explicitement les «traitements cruels, inhumains ou dégradants» envers des prisonniers.
Cette mesure est soutenue notamment par l'ancien secrétaire d'État du président George W. Bush, Colin Powell, ancien chef d'état-major interarmées, et l'organisation de défense des libertés individuelles ACLU.
La Maison-Blanche a expliqué compter sur le processus de la navette parlementaire pour faire rentrer dans le rang sa majorité récalcitrante.
Le porte-parole du président Scott McClellan a souligné que «les conseillers du président lui recommanderaient d'opposer son veto si une telle formulation est maintenue», promettant de «travailler avec le Congrès sur cette question».
L'été dernier, le vice-président Dick Cheney s'était rendu personnellement au Sénat pour convaincre les sénateurs d'éluder le débat sur le traitement des prisonniers, alors même que le département de la Défense lui-même a reconnu du bout des lèvres que des sévices avaient été commis contre des détenus de la «guerre contre le terrorisme» en Irak, en Afghanistan et à la base américaine de Guantánamo.
En l'absence de M. Cheney mercredi, il ne s'est trouvé que neuf députés pour s'opposer à l'initiative de M. McCain, présentée au nom de la défense de l'image des États-Unis dans le monde et de la protection des Américains risquant d'être capturés.
Parmi eux, le très conservateur Jeff Sessions, qui semblait en juillet justifier une indifférence très répandue aux États-Unis face à ces affaires de sévices: les détenus victimes de sévices «ne sont pas des prisonniers de guerre, ce sont des terroristes, des combattants hors la loi, décidés à massacrer le pacifique peuple espagnol et ses chemins de fer, le peuple de Londres ou le peuple de New York».
Mercredi, M. McCain a préféré souligner que l'interdiction de la torture relevait de l'évidence. «Elle ne devrait supposer aucun changement dans nos pratiques actuelles de détention et d'interrogation», a-t-il dit. Elle doit selon lui servir à «rétablir la clarté sur une question simple et fondamentale: l'Amérique traite-t-elle les gens de façon inhumaine? Ma réponse est non».
Pour garantir cet engagement, l'amendement de M. McCain précise que l'étendue des méthodes autorisées pour faire parler les détenus sous la garde des militaires sera clairement consignée dans un manuel s'appliquant à tous.
«Les hommes et les femmes menant les interrogatoires auront le confort de savoir qu'ils ont des instructions précises sur ce qu'ils peuvent faire et ne pas faire», a expliqué M. McCain, témoignant du désarroi de certains militaires.
Neuf militaires ont été condamnés à la suite des premiers sévices révélés à la prison d'Abou Ghraïb au printemps 2004, commis par des gardiens en vacation de nuit.
La soldate Lynndie England, devenue le symbole de ces abus à la suite d'une photo la montrant souriante devant un prisonnier irakien nu et tenu en laisse, a été condamnée à trois ans de prison la semaine dernière.
Plusieurs militaires ont par ailleurs été sanctionnés pour des débordements commis lors d'interrogatoires, notamment à Guantánamo.
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