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États-Unis - Le 11 septembre fait un peu oublier Katrina

N/A ZZZN/A   12 septembre 2005  États-Unis
Kevin Bourke, un pompier de New York venu participer aux secours en Louisiane, embrasse un camarade au cours d’une messe célébrée hier à La Nouvelle-Orléans à la mémoire des victimes des attentats du 11 septembre 2001. Quatre ans après les atta
Photo : Agence Reuters
Kevin Bourke, un pompier de New York venu participer aux secours en Louisiane, embrasse un camarade au cours d’une messe célébrée hier à La Nouvelle-Orléans à la mémoire des victimes des attentats du 11 septembre 2001. Quatre ans après les atta
Les Américains ont brièvement chassé de leur esprit les dégâts causés par l'ouragan Katrina pour se recueillir, hier, en mémoire des milliers de personnes tuées lors des attentats du 11 septembre 2001.

Sur la pelouse sud de la Maison-Blanche, un marine a joué la sonnerie aux morts à 8h46, heure à laquelle le premier avion détourné par le commando terroriste percutait la tour nord du World Trade Center, à New York.

George Bush, son épouse Laura et les principaux responsables de son administration ont observé quelques minutes de silence jusqu'à ce que le chant du clairon s'éteigne, approximativement au moment où, quatre ans plus tôt, un deuxième avion frappait l'autre tour du WTC.

«J'aimerais que l'on puisse dire [...] que le temps du souvenir pacifique est venu, j'aimerais que nous nous rassemblions aujourd'hui pour commémorer un danger qui appartient au passé, mais nous ne pouvons pas», a déclaré le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld. «L'ennemi, bien qu'il soit sérieusement affaibli et que nous le soumettions à une pression constante, continue à préparer des attaques. Le danger qu'il pose au monde libre est réel et bien présent», a-t-il poursuivi.

À l'extérieur du Pentagone, où un troisième avion détourné a fait 184 morts, plusieurs milliers de manifestants se sont dirigés en milieu de matinée vers la principale avenue de Washington pour une «Marche de la liberté».

Les familles des milliers de personnes tuées dans l'effondrement des deux tours, à New York, se sont rassemblées sur le site du «Ground Zero» pour lire la liste des victimes, devant une foule silencieuse.

«Une nouvelle fois, nous sommes une ville unie par sa douleur», a déclaré le maire Michael Bloomberg. «Nous sommes liés les uns aux autres par notre humanité commune.»

Son prédécesseur, Rudolph Giuliani, salué pour son rôle unificateur après les attentats, s'est adressé aux proches des victimes: «Chacun de vous ici, qui a perdu une soeur ou un frère, doit savoir qu'ils ont contribué à sauver l'âme de notre nation le jour où elle affrontait sa plus grave attaque.»

Bush, qui avait gagné ses galons d'homme d'État après le 11 septembre, mais qui fait face aujourd'hui à de vives critiques pour sa gestion de Katrina, a allumé un cierge à l'Église épiscopale St-John, en mémoire des morts du 11 septembre, avant d'effectuer son troisième voyage dans les zones touchées par l'ouragan.

«Marche de la liberté»

La «Marche de la liberté» à la mémoire des victimes du 11 septembre 2001 et pour les troupes américaines en Irak, a suscité la controverse.

Le ton était donné dès l'entrée du grand parking jouxtant le Pentagone où les manifestants avaient rendez-vous pour marcher ensuite sur trois kilomètres jusqu'au grand obélisque du centre-ville de la capitale: «Pas de signes et pancartes autorisés.»

Chacun s'est vu remettre un t-shirt en souvenir, que peu ont refusé de porter: «Marche de la Liberté, Le Pentagone, 11 septembre 2005», pouvait-on y lire. Au dos, la liste des 14 commanditaires dont le groupe de défense Lockheed Martin et McDonald's ou encore le fournisseur d'accès à Internet AOL.

Deux manifestants anti-guerre ont réussi à montrer leur différence, au milieu de cette marée de t-shirts du Pentagone.

Nikolas Shiller, 24 ans, et Angela Giacometti, 29 ans, se sont déguisés en «pro-Pentagone», en enfilant le vêtement. Ils l'ont ensuite retourné. «Soutenez nos troupes et ramenez-les à la maison», pouvait-on lire sur celui d'Angela. «La guerre n'est pas une réponse. Pas de sang pour du pétrole», a écrit Nikolas. Le manifestant affirme avoir pu s'approcher du secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld, qui a pris un long bain de foule, pour lui dire «que cette guerre était illégale».

Un peu après, une femme s'est approchée de Nikolas: «Vous êtes dégoûtant», lui a-t-elle crié, pleine d'émotion et de rage, en lui rappelant que des «soldats meurent pour sa liberté» de parole.

Parmi les parrains de la marche, le chanteur de country Clint Black qui devait se produire à l'issue du défilé. L'une de ses chansons glorifie les troupes qui «se débarrassent de la pourriture, pour la bonne vieille Amérique».

Ce mélange des genres — les victimes du 11 septembre, la guerre en Irak — avait été critiqué le 21 août par le New York Times.

«Il est tout à fait respectable que le département de la Défense organise une cérémonie pour les Américains qui ont péri le 11 septembre. Il est également acceptable que l'on rende hommage aux sacrifices que les soldats ont faits en Irak. Mais l'insistance de l'administration Bush à combiner les deux est gênante», avait alors écrit dans un éditorial le journal.






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