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N/A ZZZN/A , N/A ZZZN/A , Le Devoir   3 septembre 2005  États-Unis
Photo : Agence Reuters
Sévèrement critiqué pour la lenteur de son administration à secourir les sinistrés de La Nouvelle-Orléans, le président américain George W. Bush a voulu se montrer à la hauteur de la crise en se rendant dans les trois États touchés par la catastrophe naturelle, le Mississippi, l'Alabama et la Louisiane.

Sa visite en Louisiane a été précédée de convois transportant des vivres dans les zones éprouvées, cinq jours après la catastrophe. En route pour visiter les citoyens américains affectés, M. Bush a reconnu que les résultats de l'organisation des secours n'étaient «pas acceptables» et assuré que son équipe allait tout mettre en oeuvre pour «maîtriser cette situation».

Les manches retroussées, le président Bush tentait de projeter l'image d'un homme qui prend les choses en main, lui qui se rendait sur les lieux directement pour la première fois cinq jours après le déluge, n'ayant jusque-là que survolé le territoire.

Plus tôt en journée, le maire de La Nouvelle-Orléans, Ray Nagin, avait vertement critiqué l'inefficacité des mesures d'urgence, décochant quelques flèches à l'administration Bush. Des membres du caucus noir de la Chambre des représentants ont aussi dénoncé sans détour la lenteur des secours, demandant si la couleur de la majorité des sinistrés y était pour quelque chose dans les délais.

L'ancien président de la Chambre des représentants, d'allégeance républicaine, y est lui aussi allé d'une virulente critique: «Si nous ne sommes pas capables d'offrir une réponse plus rapide à un événement que nous avons vu venir depuis des jours, comment penser que nous sommes prêts à faire face à une attaque nucléaire ou biologique?»

La Chambre des représentants a par ailleurs voté hier un budget spécial de 10,5 milliards de dollars pour venir en aide aux régions sinistrées, ce qui n'est qu'un premier aperçu des sommes qui seront débloquées, a assuré le président Bush.

Celui-ci a d'ailleurs rejeté du revers de la main les critiques selon lesquelles les États-Unis ne peuvent pas à la fois faire la guerre en Irak et accorder l'aide nécessaire pour que les zones dévastées se remettent sur pied. «Nous pouvons faire les deux. Nous avons amplement de ressources pour faire les deux», a-t-il lancé.

L'aide en route

Environ 10 000 personnes ont été évacuées hier et on estime que plus de 50 000 personnes demandent encore à être secourues. Quelque 100 000 personnes ont trouvé refuge dans les 284 abris de la Croix-Rouge répartis dans neuf États, où des dortoirs de collèges, des églises et des écoles ont été convertis en abris. D'autres réfugiés de l'ouragan sont aussi cantonnés dans des hôtels ou chez des amis ou des parents.

Il faut ajouter à cet important bilan les quelque 25 000 personnes qui avaient trouvé refuge dans le Superdome, où les conditions sanitaires se détérioraient d'heure en heure. Ces sinistrés ont finalement été transférés hier vers l'Astrodome de Houston, où les conditions commençaient également à se détériorer. Un accident d'autobus a d'ailleurs fait une dizaine de blessés et un mort lors du transfert.

Les autorités américaines ont fait savoir que près de 7000 gardes nationaux seront arrivés sur le terrain d'ici ce soir. Déjà, près de 3000 gardes étaient arrivés sur place hier. Des effectifs ont d'ailleurs quitté l'Irak pour voler au secours des habitants des États américains du Sud.

Les derniers gardes nationaux ont apporté de la nourriture et de l'eau pour les victimes ainsi que des armes pour lutter contre les pillards et les criminels qui sévissent dans la ville en proie au chaos.

Le président Bush a tenté de se faire rassurant alors qu'il visitait des quartiers dévastés de Mobile, en Alabama: «Une aide importante est en route vers ceux qui ont été touchés, plusieurs millions de litres d'eau, plusieurs millions de tonnes de nourriture.» Il a cependant souligné en fin de journée qu'il n'y avait «pas encore assez de sécurité à La Nouvelle-Orléans».

Face à ces pillards, qu'elle a qualifiés de «truands», la gouverneur de la Louisiane, Kathleen Blanco, a averti que les gardes nationaux ne feraient pas de quartier. «Ils ont des M-16 chargés», a-t-elle prévenu. «Ces soldats savent comment tirer et tuer, ils sont plus que prêts à le faire, et j'attends qu'ils le fassent.»



Cuba veut aider

Au moment où le président américain menait sa tournée des États touchés de plein fouet par l'ouragan Katrina, les offres de différents pays affluaient pour venir en aide à la première puissance économique mondiale, de l'Union européenne en passant par le Japon, le Canada et même le tout petit Sri Lanka, éprouvé l'hiver dernier par le tsunami.

La secrétaire d'État américaine Condoleezza Rice a remercié hier les quelque 60 pays et organisations internationales qui ont proposé leur aide et souligné que les États-Unis n'avaient rejeté aucune offre, malgré les rumeurs voulant que le pays ait décliné les offres russe et française. «Le département d'État relaie les offres d'assistance venues de l'étranger à l'agence responsable des situations d'urgence, la FEMA [Federal Emergency Management Agency], qui détermine les besoins», a expliqué la secrétaire d'État américaine. «Dans certains cas, dans des endroits comme La Nouvelle-Orléans, c'est une question d'accès. Certaines offres peuvent être acceptées immédiatement, d'autres peuvent être acceptées un peu plus tard», a-t-elle ajouté.

Il y a cependant certaines offres qui risquent bien de ne jamais connaître de suite. Le président cubain Fidel Castro a en effet proposé hier aux États-Unis l'envoi de 1100 médecins avec 26,4 tonnes de médicaments pour venir en aide aux victimes de l'ouragan Katrina.

«Cuba est prêt à aider immédiatement. Nous offrons des choses concrètes, des médecins sur le lieu de la tragédie, ce qui est précisément ce qui manque actuellement», a déclaré le président cubain.

L'Agence internationale de l'énergie (AIE), une organisation rassemblant des pays importateurs de pétrole, a de son côté proposé de «faire appel aux stocks stratégiques» de ses États membres à hauteur de deux millions de barils par jour pendant un mois afin de faire face à la pénurie provoquée aux États-Unis par l'ouragan Katrina, des installations pétrolières ayant été touchées au large des côtes américaines.

Le Canada poussera lui aussi à la roue. L'armée dépêchera la semaine prochaine quatre navires et trois hélicoptères Sea King le long de la côte du golfe du Mexique, secteur dévasté par l'ouragan Katrina, afin d'y prendre part aux opérations de secours et de reconstruction.

Des équipes étaient occupées à embarquer du matériel à bord de trois navires de guerre et d'un bateau de la garde côtière hier alors que 1000 militaires se préparaient à prendre la mer en direction de La Nouvelle-Orléans mardi, une semaine après que Katrina eut semé la dévastation dans la région.

Le commodore Dean McFadden, qui prendra le commandement du déploiement, a indiqué que les responsables canadiens consultaient actuellement leurs homologues américains afin de déterminer la nature de la contribution des troupes canadiennes durant leur mission, qui devrait durer un mois.

Le premier ministre fédéral Paul Martin a par ailleurs indiqué que le Canada pourrait fournir davantage d'énergie aux États-Unis. Notant que le Canada ne disposait pas de réserves importantes de pétrole, le premier ministre a néanmoins fait valoir que le Canada «jouera son rôle». «La question est donc de savoir si nous allons être en position de fournir des approvisionnements additionnels. [...] Nous avons vérifié auprès des sociétés [pétrolières] et des provinces [...] et nous allons pouvoir le faire», a-t-il affirmé.

Le premier ministre canadien a en outre assuré que son gouvernement faisait le maximum afin de trouver et d'aider les Canadiens qui pourraient être incapables de quitter La Nouvelle-Orléans et les autres secteurs dévastés.

On recensait officiellement hier moins de 150 morts, mais les bilans de la Louisiane, l'État où l'ouragan a frappé le plus sévèrement, n'étaient pas encore disponibles.
 






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