25 ans de prison pour l'ex-p.-d.g. - La fin d'un symbole
Bernard Ebbers incarnait la réussite foudroyante d'un autodidacte
14 juillet 2005
États-Unis
Photo : Agence Reuters
Bernard Ebbers était visiblement secoué, hier, à New York, lorsqu’il a été condamné à 25 ans de prison.
New York — L'ex-p.-d.g. de WorldCom, Bernard Ebbers, condamné hier à 25 ans de prison, était l'archétype du patron autodidacte à la réussite foudroyante, ayant bâti à coups d'acquisitions un géant mondial du secteur des télécoms.
Canadien d'origine, Bernard Ebbers est né le 27 août 1941 dans une famille ouvrière d'Edmonton, en Alberta.
Tout au long des six semaines de son procès cet hiver à New York, l'ex-p.-d.g. de WorldCom avait d'ailleurs fait de ses origines modestes un argument essentiel de sa défense.
Tentant de repousser la responsabilité sur son ex-directeur financier Scott Sullivan, Ebbers s'était décrit lui-même, ou par l'intermédiaire de ses avocats, comme un entrepreneur brouillé avec les chiffres et pas assez qualifié pour diriger une fraude comptable d'une telle ampleur.
Père mécanicien
Dans son enfance, le petit Ebbers passe plusieurs fois la frontière entre le Canada et les États-Unis au gré des petits boulots de son père mécanicien.
Le futur naturalisé Américain va à l'école au Nouveau-Mexique avec des enfants d'Indiens Navajo, revient faire son collège au Canada, puis va à l'université dans le Michigan où il échoue.
«Mes notes n'étaient pas aussi bonnes qu'elles auraient dû l'être», dira-t-il à la barre.
Dans les années 70, Ebbers est tour à tour livreur de lait, videur dans un bar grâce à son physique athlétique. Habitué des petits boulots et des montages de projets entre amis, il semble enfin trouver sa voie avec un diplôme de professeur d'éducation physique.
Toujours athlétique mais avec une barbe devenue blanche, et ne quittant jamais son costume-cravate, l'ex-patron modèle a raconté ensuite, devant le tribunal, comment il est arrivé presque par accident en 1983 à gérer une PME du Mississippi spécialisée dans la revente de minutes de communications longue distance.
De la PME à l'entreprise géante
Bernie Ebbers est devenu à cette époque gérant de motels dans le Mississippi, mais le secteur des télécoms est subitement jugé intéressant: il est susceptible de «générer des liquidités pour acheter plus de motels», selon lui.
Avec des amis, il monte la PME qu'il transformera en une douzaine d'années et autant de fusions en numéro deux américain des télécommunications longue distance, derrière le géant incontesté ATT.
Au sommet de sa réussite en 1999, MCI WorldCom (aujourd'hui seul le nom MCI a été gardé pour tourner la page du scandale) affiche 22 millions de clients et un chiffre d'affaires de 34 milliards.
Actionnaire de son groupe, M. Ebbers se retrouve à la tête d'une énorme fortune après ce boom des années 90. Il investit lourdement dans des projets personnels — immobiliers notamment — grâce à des emprunts bancaires garantis sur le prix de ses actions.
Aujourd'hui, outre sa condamnation au pénal, la justice l'a contraint à léguer sa fortune aux actionnaires lésés par la faillite de WorldCom. Un fonds spécial doit récolter le fruit de la vente de toutes ses participations dans diverses entreprises, dans un terrain de golf, une marina ou encore un hôtel.
Marié deux fois, Bernie Ebbers a cinq enfants et huit petits-enfants.
Canadien d'origine, Bernard Ebbers est né le 27 août 1941 dans une famille ouvrière d'Edmonton, en Alberta.
Tout au long des six semaines de son procès cet hiver à New York, l'ex-p.-d.g. de WorldCom avait d'ailleurs fait de ses origines modestes un argument essentiel de sa défense.
Tentant de repousser la responsabilité sur son ex-directeur financier Scott Sullivan, Ebbers s'était décrit lui-même, ou par l'intermédiaire de ses avocats, comme un entrepreneur brouillé avec les chiffres et pas assez qualifié pour diriger une fraude comptable d'une telle ampleur.
Père mécanicien
Dans son enfance, le petit Ebbers passe plusieurs fois la frontière entre le Canada et les États-Unis au gré des petits boulots de son père mécanicien.
Le futur naturalisé Américain va à l'école au Nouveau-Mexique avec des enfants d'Indiens Navajo, revient faire son collège au Canada, puis va à l'université dans le Michigan où il échoue.
«Mes notes n'étaient pas aussi bonnes qu'elles auraient dû l'être», dira-t-il à la barre.
Dans les années 70, Ebbers est tour à tour livreur de lait, videur dans un bar grâce à son physique athlétique. Habitué des petits boulots et des montages de projets entre amis, il semble enfin trouver sa voie avec un diplôme de professeur d'éducation physique.
Toujours athlétique mais avec une barbe devenue blanche, et ne quittant jamais son costume-cravate, l'ex-patron modèle a raconté ensuite, devant le tribunal, comment il est arrivé presque par accident en 1983 à gérer une PME du Mississippi spécialisée dans la revente de minutes de communications longue distance.
De la PME à l'entreprise géante
Bernie Ebbers est devenu à cette époque gérant de motels dans le Mississippi, mais le secteur des télécoms est subitement jugé intéressant: il est susceptible de «générer des liquidités pour acheter plus de motels», selon lui.
Avec des amis, il monte la PME qu'il transformera en une douzaine d'années et autant de fusions en numéro deux américain des télécommunications longue distance, derrière le géant incontesté ATT.
Au sommet de sa réussite en 1999, MCI WorldCom (aujourd'hui seul le nom MCI a été gardé pour tourner la page du scandale) affiche 22 millions de clients et un chiffre d'affaires de 34 milliards.
Actionnaire de son groupe, M. Ebbers se retrouve à la tête d'une énorme fortune après ce boom des années 90. Il investit lourdement dans des projets personnels — immobiliers notamment — grâce à des emprunts bancaires garantis sur le prix de ses actions.
Aujourd'hui, outre sa condamnation au pénal, la justice l'a contraint à léguer sa fortune aux actionnaires lésés par la faillite de WorldCom. Un fonds spécial doit récolter le fruit de la vente de toutes ses participations dans diverses entreprises, dans un terrain de golf, une marina ou encore un hôtel.
Marié deux fois, Bernie Ebbers a cinq enfants et huit petits-enfants.
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