Le déficit met la croissance américaine en danger
Greenspan juge que le budget est «sur une voie intenable»
22 avril 2005
États-Unis
Photo : Agence Reuters
Alan Greenspan s’est montré alarmiste hier en détaillant les mécanismes qui risquent de plomber l’économie américaine.
Washington — Le président de la Réserve fédérale (Fed), Alan Greenspan, a durci son discours sur le budget hier en jugeant que la spirale de déficits qui s'annonce risque de mettre la croissance américaine en danger.
Le budget américain est «sur une voie intenable», et le creusement prévisible des déficits avec le vieillissement de la population risque de «faire stagner l'économie, voire pire», a averti le président de la Fed devant une commission parlementaire.
M. Greenspan répète régulièrement que les États-Unis vont devoir procéder à des ajustements majeurs à l'approche du départ à la retraite de la génération du baby-boom, à partir de 2008. C'est notamment ce qui l'a amené à soutenir l'idée des comptes privés d'épargne retraite défendue par le président George W. Bush.
Mais il s'est montré beaucoup plus alarmiste hier, en détaillant les mécanismes qui risquent de plomber l'économie américaine.
Le problème n'est pas la situation actuelle. L'économie américaine a, selon lui, affiché une performance «solide» en 2004 et une croissance «raisonnablement bonne» depuis le début de l'année.
M. Greenspan a aussi dit ne pas croire à l'hypothèse d'une prochaine «stagflation» (hausse des prix sans expansion), qui agite de plus en plus les marchés. «Cela ne semble sûrement pas le cas», a-t-il affirmé.
L'avenir
C'est l'avenir qui pose problème. Le déficit budgétaire bat déjà record sur record et l'arrivée à la retraite des baby-boomers risque de lui porter un coup fatal.
«La combinaison du vieillissement de la population et de l'explosion de ses dépenses de santé va sans aucun doute créer une demande énorme sur les ressources du pays», a souligné M. Greenspan.
La grande inconnue vient des coûts de santé, dont la croissance est quasiment impossible à prévoir, alors que celle de l'assurance retraite peut grosso modo être calculée à partir des chiffres de la population, selon lui.
Mais même l'assurance retraite pose des défis considérables. «Je pensais que c'était un problème moins important, qui pouvait être réglé rapidement. Je me trompais», a reconnu M. Greenspan.
Ces deux postes risquent de phagocyter 13 % du produit intérieur brut (PIB) d'ici 2030, contre 8 % aujourd'hui, avec une croissance des coûts de santé «plus forte que celle de l'économie dans son ensemble», selon lui.
«Ces projections soulignent clairement que le budget fédéral est sur une voie intenable», a-t-il assuré.
En effet les déficits risquent de représenter une part toujours plus importante du PIB, a souligné le patron de la Fed. Et c'est une spirale sans fin: les déficits entraînent une hausse des taux d'intérêt, qui renchérissent le coût des paiements d'intérêt, qui alourdissent le déficit à leur tour.
«À moins que cette tendance soit inversée, à un moment ou à un autre les déficits risquent de faire stagner l'économie, voire pire», a martelé le président de la Fed.
Pessimiste, il a averti que «la croissance économique seule ne suffira pas à éliminer les pressions sur le budget» provoquées par les coûts d'assurance sociale des retraités.
Et cela pose des questions sur la capacité du système à honorer ses engagements.
«Je crains que nous n'ayons déjà promis plus à la génération du baby-boom pour sa retraite que notre économie ne peut réellement donner», a estimé M. Greenspan. Cela entraînera des «choix douloureux» mais «je ne vois pas comment nous allons pouvoir éviter de réduire massivement les prestations promises aujourd'hui» aux futurs retraités, a-t-il ajouté.
M. Greenspan avait déjà évoqué par le passé l'idée d'un allongement de la vie active.
Le budget américain est «sur une voie intenable», et le creusement prévisible des déficits avec le vieillissement de la population risque de «faire stagner l'économie, voire pire», a averti le président de la Fed devant une commission parlementaire.
M. Greenspan répète régulièrement que les États-Unis vont devoir procéder à des ajustements majeurs à l'approche du départ à la retraite de la génération du baby-boom, à partir de 2008. C'est notamment ce qui l'a amené à soutenir l'idée des comptes privés d'épargne retraite défendue par le président George W. Bush.
Mais il s'est montré beaucoup plus alarmiste hier, en détaillant les mécanismes qui risquent de plomber l'économie américaine.
Le problème n'est pas la situation actuelle. L'économie américaine a, selon lui, affiché une performance «solide» en 2004 et une croissance «raisonnablement bonne» depuis le début de l'année.
M. Greenspan a aussi dit ne pas croire à l'hypothèse d'une prochaine «stagflation» (hausse des prix sans expansion), qui agite de plus en plus les marchés. «Cela ne semble sûrement pas le cas», a-t-il affirmé.
L'avenir
C'est l'avenir qui pose problème. Le déficit budgétaire bat déjà record sur record et l'arrivée à la retraite des baby-boomers risque de lui porter un coup fatal.
«La combinaison du vieillissement de la population et de l'explosion de ses dépenses de santé va sans aucun doute créer une demande énorme sur les ressources du pays», a souligné M. Greenspan.
La grande inconnue vient des coûts de santé, dont la croissance est quasiment impossible à prévoir, alors que celle de l'assurance retraite peut grosso modo être calculée à partir des chiffres de la population, selon lui.
Mais même l'assurance retraite pose des défis considérables. «Je pensais que c'était un problème moins important, qui pouvait être réglé rapidement. Je me trompais», a reconnu M. Greenspan.
Ces deux postes risquent de phagocyter 13 % du produit intérieur brut (PIB) d'ici 2030, contre 8 % aujourd'hui, avec une croissance des coûts de santé «plus forte que celle de l'économie dans son ensemble», selon lui.
«Ces projections soulignent clairement que le budget fédéral est sur une voie intenable», a-t-il assuré.
En effet les déficits risquent de représenter une part toujours plus importante du PIB, a souligné le patron de la Fed. Et c'est une spirale sans fin: les déficits entraînent une hausse des taux d'intérêt, qui renchérissent le coût des paiements d'intérêt, qui alourdissent le déficit à leur tour.
«À moins que cette tendance soit inversée, à un moment ou à un autre les déficits risquent de faire stagner l'économie, voire pire», a martelé le président de la Fed.
Pessimiste, il a averti que «la croissance économique seule ne suffira pas à éliminer les pressions sur le budget» provoquées par les coûts d'assurance sociale des retraités.
Et cela pose des questions sur la capacité du système à honorer ses engagements.
«Je crains que nous n'ayons déjà promis plus à la génération du baby-boom pour sa retraite que notre économie ne peut réellement donner», a estimé M. Greenspan. Cela entraînera des «choix douloureux» mais «je ne vois pas comment nous allons pouvoir éviter de réduire massivement les prestations promises aujourd'hui» aux futurs retraités, a-t-il ajouté.
M. Greenspan avait déjà évoqué par le passé l'idée d'un allongement de la vie active.
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

