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Dix morts, 18 blessés dans une réserve amérindienne du Minnesota - La police essaie de comprendre le parcours meurtrier de Jeff Weise

Associated Press   23 mars 2005  États-Unis
Orville White se recueille en pensant à sa nièce, Thuriene Marie Stillday, morte sous les balles du jeune meurtrier.
Photo : Agence Reuters
Orville White se recueille en pensant à sa nièce, Thuriene Marie Stillday, morte sous les balles du jeune meurtrier.
Redby (Minnesota) — Dix personnes tuées dont ses propres grands-parents, dix-huit blessés dont deux dans un état critique: les enquêteurs tentent désormais de retracer le parcours meurtrier de Jeff Weise, un adolescent de 17 ans décrit comme taciturne, auteur lundi, dans une réserve amérindienne du Minnesota, de la fusillade la plus meurtrière dans une école américaine depuis 1999.

Selon le FBI, huit personnes — six élèves dont le tueur, un enseignant et un gardien — ont été tuées. Les médecins affirment que certaines des victimes ont été abattues à bout portant. Quatorze ou quinze autres élèves ont été blessés et deux restaient dans un état critique hier.

Jeff Weise a d'abord tué ses grands-parents. Son grand-père était policier et détenait des armes. Le jeune meurtrier avait deux armes de poing et un fusil de chasse.

Arrivé à l'école, il a abattu le gardien à l'entrée, puis il a entamé son massacre. Tous les corps ont été retrouvés dans la même salle.

«Il a demandé à Ryan [un élève de l'école] s'il croyait en Dieu», raconte Reggie Graves, un élève qui a assisté au massacre. «Puis il l'a tué.»

Sondra Hegstrom, une élève, a déclaré à la presse locale que le tireur faisait des signes de la main et souriait à un élève sur lequel il pointait son arme, avant de pivoter pour tirer sur quelqu'un d'autre. Selon elle, des élèves ont tenté de dissuader Weise de tirer. «On entendait une fille dire "Non, Jeff, arrête, arrête. Laisse-moi tranquille. Qu'est-ce que tu fais?"» Une autre élève, Ashley Morrison, dit qu'elle a entendu «plus de 20 coups de feu».

Le tireur s'est apparemment suicidé dans la salle où gisaient toutes ses victimes, après un échange de tirs avec la police, a indiqué le FBI.

Le gouverneur du Minnesota, Tim Pawlenty, a assuré que la sécurité de l'établissement était «très rigoureuse» et que le meurtrier semblait être «un individu très dérangé, capable de déjouer toutes les précautions pour faire beaucoup de dégâts».

Interrogés par un quotidien local, des membres de sa famille décrivent Jeff Weise comme un solitaire qui s'habillait le plus souvent en noir et qui était l'objet de moqueries de ses camarades. Ses proches ont précisé que son père s'était suicidé il y a quatre ans et que sa mère vivait dans une maison médicalisée de Minneapolis, depuis un grave accident de voiture.

De nombreux camarades le dépeignent comme une personne qui vouait une véritable haine à la société. Sur un site néonazi, un auteur au nom de «Jeff Weiss de la réserve du lac Rouge» (la réserve où il habitait) utilisant le pseudonyme de Todesengel (ange de la mort, en allemand) avait posté en avril 2004 un message dans lequel il indiquait avoir été accusé de «menacer son école». Or, à cause d'un «manquement grave au règlement intérieur», Jeff Weise suivait depuis lors les cours de l'école chez lui, a affirmé Kathryn Beaulieu, membre du conseil d'administration de l'école.

Cette fusillade est la plus grave survenue dans un établissement scolaire américain depuis le drame de Columbine, à Littleton (Colorado), où deux adolescents avaient tué 12 élèves et un enseignant et blessé 23 autres personnes, avant de se donner la mort, le 20 avril 1999.

C'est la deuxième fois en moins de deux ans qu'une fusillade mortelle se produit dans une école du Minnesota. Le 24 septembre 2003, deux élèves avaient été mortellement blessés dans une école de Cold Springs. Leur camarade, John Jason McLaughlin, âgé de 15 ans au moment des faits, attend son procès.
 
 
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