L'information en otage
Il y a un mois environ, des chroniqueurs indépendants qui collaborent régulièrement avec les grands réseaux de quotidiens américains ont avoué avoir reçu d'importantes sommes pour faire la promotion de divers programmes gouvernementaux dans leurs articles. Pour l'exemple, on retiendra qu'un de ces syndicated columnists a empoché 240 000 dollars américains pour défendre bec et ongles la politique d'éducation No Child Left Behind chère au président Bush. Ce fait relève évidemment de la propagande. De la propagande et de l'avidité pour les espèces sonnantes.
Sous l'administration Bush, la volonté de noyer l'opinion publique de ses préjugés idéologiques a pris des proportions énormes, voire gigantesques. Après avoir passé des mois à éplucher l'origine de sujets diffusés dans le cadre de téléjournaux par les centaines de stations du pays, le New York Times a constaté que des dizaines de ces reportages avaient été conçus, réalisés et distribués par les ministères et agences du gouvernement. Pour le bénéfice de la Maison-Blanche, mais aussi pour les portefeuilles des dirigeants et actionnaires de Fox, CNN et autres.
Depuis le début de la guerre en Irak, pas moins de 60 reportages produits par le département d'État ont envahi les ondes sans que l'origine de ces topos soit précisée. Dans le style «ni vu, ni connu, je t'embrouille», le ministère en question est passé maître. Car en plus de fournir un produit fini, il s'est attelé à inonder les réseaux d'images et de sons. Comment fait-il? Selon l'enquête des journalistes du New York Times, les experts en communications du ministère ont constaté qu'en envoyant aux agences Reuters et Associated Press des milliers d'images et de sons sans commentaires mais montés par eux, ils obtenaient un résultat maximum. Car, après coup, les Reuters de ce monde redistribuent ces objets non identifiés aux centaines de stations.
Histoire d'orienter à sa guise l'humeur du monde, le Pentagone s'est mis de la partie. Il a «ouvert» son Pentagone Channel. Mieux, les officiers du Pentagone font du sur-mesure. Le directeur de la station Fox ou NBC de Burlington veut un sujet? Allez hop! On trouve un marine originaire des environs, on le filme, on envoie, le but étant de faire «de chaque militaire une star dans son patelin» assure le patron de ce programme militaire.
Dans ce scandale, l'odieux réside également dans ceci: les têtes des réseaux impliqués, Fox et CNN avant tout, perçoivent de l'argent chaque fois qu'elles soutiennent la distribution en plus d'encaisser de leurs franchisés. Non sans ironie, les reporters du New York Times ont relevé que le temps d'antenne accordé à l'information dans les stations locales avait augmenté parfois de manière prononcée alors que le nombre de journalistes ne cessait de diminuer. On frise l'escroquerie.
La fameuse constatation de Rudyard Kipling voulant que «la première victime d'une guerre, c'est toujours la vérité» demeure d'actualité. La deuxième victime? Le contribuable.
Sous l'administration Bush, la volonté de noyer l'opinion publique de ses préjugés idéologiques a pris des proportions énormes, voire gigantesques. Après avoir passé des mois à éplucher l'origine de sujets diffusés dans le cadre de téléjournaux par les centaines de stations du pays, le New York Times a constaté que des dizaines de ces reportages avaient été conçus, réalisés et distribués par les ministères et agences du gouvernement. Pour le bénéfice de la Maison-Blanche, mais aussi pour les portefeuilles des dirigeants et actionnaires de Fox, CNN et autres.
Depuis le début de la guerre en Irak, pas moins de 60 reportages produits par le département d'État ont envahi les ondes sans que l'origine de ces topos soit précisée. Dans le style «ni vu, ni connu, je t'embrouille», le ministère en question est passé maître. Car en plus de fournir un produit fini, il s'est attelé à inonder les réseaux d'images et de sons. Comment fait-il? Selon l'enquête des journalistes du New York Times, les experts en communications du ministère ont constaté qu'en envoyant aux agences Reuters et Associated Press des milliers d'images et de sons sans commentaires mais montés par eux, ils obtenaient un résultat maximum. Car, après coup, les Reuters de ce monde redistribuent ces objets non identifiés aux centaines de stations.
Histoire d'orienter à sa guise l'humeur du monde, le Pentagone s'est mis de la partie. Il a «ouvert» son Pentagone Channel. Mieux, les officiers du Pentagone font du sur-mesure. Le directeur de la station Fox ou NBC de Burlington veut un sujet? Allez hop! On trouve un marine originaire des environs, on le filme, on envoie, le but étant de faire «de chaque militaire une star dans son patelin» assure le patron de ce programme militaire.
Dans ce scandale, l'odieux réside également dans ceci: les têtes des réseaux impliqués, Fox et CNN avant tout, perçoivent de l'argent chaque fois qu'elles soutiennent la distribution en plus d'encaisser de leurs franchisés. Non sans ironie, les reporters du New York Times ont relevé que le temps d'antenne accordé à l'information dans les stations locales avait augmenté parfois de manière prononcée alors que le nombre de journalistes ne cessait de diminuer. On frise l'escroquerie.
La fameuse constatation de Rudyard Kipling voulant que «la première victime d'une guerre, c'est toujours la vérité» demeure d'actualité. La deuxième victime? Le contribuable.
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

