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Sommet Sharon-Abbas: Rice est optimiste

N/A ZZZN/A   7 février 2005  États-Unis
Jérusalem — Condoleezza Rice, chef de la diplomatie américaine, s'est félicitée hier à Jérusalem du nouveau climat qui règne au Proche-Orient, y voyant une «période d'occasions» à ne pas manquer, et a invité l'État hébreu à prendre des «décisions difficiles» en faveur de la paix, à 48 heures d'un sommet crucial pour le Proche-Orient.

À l'occasion de sa première visite dans la région en qualité de chef de la diplomatie américaine, deux jours avant que l'Israélien Ariel Sharon et le Palestinien Mahmoud Abbas tiennent en Égypte des entretiens cruciaux pour un retour à la paix, Rice a exhorté l'État juif à mettre en oeuvre son plan de désengagement de la bande de Gaza.

De leur côté, les Palestiniens doivent mener «un combat efficace contre le terrorisme», a-t-elle dit. «Je tiens surtout à apporter l'engagement personnel du président Bush et mon engagement propre dans ce processus, car le moment actuel est une occasion que nous devons saisir», a déclaré Rice aux journalistes au ministère israélien des Affaires étrangères.

Le président George Bush, qui s'est vu reprocher un trop faible engagement dans les efforts de paix au Proche-Orient durant son premier mandat, a dépêché

Rice dans la région pour y souligner son intention d'intensifier ses efforts en faveur d'un règlement du conflit.

La tenue du sommet israélo-palestinien, prévu demain à Charm el-Cheikh (Égypte) pour relancer la «feuille de route» internationale pour la paix soutenue par Washington, devrait épargner à Rice un exercice périlleux en lui permettant de profiter de cette dynamique et d'insister sur les changements possibles dans la période en cours.

«C'est un moment d'espoir, mais c'est aussi un moment de grande responsabilité qui nous engage tous à veiller à ce que nous agissions conformément à nos paroles», a-t-elle dit aux côtés de Sharon.

Évoquant une nouvelle équipe dirigeante palestinienne qui «a exprimé son aspiration à un avenir pacifique avec Israël», Rice a aussi salué le projet de retrait israélien de Gaza, ajoutant qu'il semblait maintenant possible «de revenir à la feuille de route».

Mais elle ne sera pas présente à Charm el-Cheikh et a fait comprendre qu'elle préférerait voir Sharon et Abbas progresser avec le moins de pressions extérieures possible.

«J'espère que nous nous dirons tous que, si les parties sont en mesure de continuer à progresser toutes seules, c'est le meilleur des résultats», avait dit Rice aux journalistes qui l'accompagnaient à Ankara, l'escale précédant en Israël.

L'élection d'Abbas le mois dernier aux fonctions de Yasser Arafat — en qui Washington et Israël voyaient un obstacle à la paix — a suscité un regain d'optimisme international. Rice s'est engagée à aider les deux parties à coordonner les questions de sécurité et à désamorcer les crises.

Mais elle a mis en garde contre la fragilité du nouveau processus de paix, et exhorté Israël à éviter toute provocation.

«Nous pensons que les mesures unilatérales à Jérusalem, et notamment celles qui préjugeraient des discussions futures, ne sont d'aucun secours à ce stade», a-t-elle dit à la télévision israélienne.

«Il est essentiel [...] que tout soit fait pour rendre les conditions les plus favorables possibles».

Lors d'un entretien avec Rice, Sharon a de son côté espéré que Rice aiderait «le processus de paix que nous souhaitons voir avancer dans la région».

Blocage évité sur les prisonniers

Les négociateurs qui préparent le sommet Sharon-Abbas ont précisément évité une crise hier en décidant d'un commun accord de remettre à plus tard le règlement d'un désaccord sur la libération de prisonniers palestiniens.

Israël et les Palestiniens formeront une commission conjointe chargée de discuter des libérations après le sommet de Charm el-Cheikh, a-t-on indiqué de source politique israélienne. Un responsable palestinien a parlé à ce sujet d'un «pas positif».

Israël avait déçu les Palestiniens en refusant d'inclure dans les 900 prisonniers que le gouvernement israélien a accepté de relâcher ceux qui sont accusés d'attentats mortels.

Or l'opinion palestinienne attend d'Abbas qu'il obtienne la libération de 8000 prisonniers et un succès dans ce dossier serait de nature à renforcer l'autorité du successeur d'Arafat.

Les analystes expriment des avis divers sur le point de savoir s'il est souhaitable que les États-Unis renforcent leur médiation. Mais Bush a constamment soutenu la «feuille de route» qui doit déboucher sur la création d'un État palestinien aux côtés d'un Israël aux frontières sûres.

Condoleezza Rice a laissé entendre que Washington choisirait une position médiane, en laissant de préférence les parties engager leurs propres initiatives de paix, mais en se réservant le droit d'intervenir si elles échouaient ou requéraient une assistance.

«Les États-Unis tiennent beaucoup à ce que ce processus soit le processus des parties, qu'il appartienne aux parties, aux États de la région», a-t-elle dit. «Quand notre implication devra revêtir un autre caractère, alors c'est ce que nous ferons.»

Le prédécesseur de Rice, Colin Powell, a effectué peu de visites au Proche-Orient.

Les Palestiniens, qui reprochent à Bush d'avoir reconnu le droit d'Israël à conserver une partie des territoires occupés depuis la guerre des Six-Jours (1967), se méfient de toute implication américaine.

Bush a cependant affiché son soutien à Abbas et annoncé mercredi une aide de 350 millions de dollars aux Palestiniens. Si cette somme ne représente qu'une fraction des trois milliards de dollars d'aide américaine reçus chaque année par Israël, elle n'en constitue pas moins un encouragement important pour Abbas.

Avec l'AFP






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