Martin invite Bush au Canada
Photo : Agence Reuters
Paul Martin a félicité le président Bush par téléphone pour sa réélection.
Ottawa — La réélection du républicain George W. Bush à la présidence des États-Unis ne permet plus au premier ministre Paul Martin de garder une certaine réserve face à Washington. Lui qui avait promis d'établir de bonnes relations avec les Américains a finalement fait un nouveau pas hier en invitant le président à faire une visite officielle au Canada.
Paul Martin a communiqué son invitation à M. Bush après l'avoir félicité par téléphone pour sa réélection. Selon le directeur adjoint des communications de M. Martin, Marc Roy, M. Bush s'est montré intéressé, lui qui avait annulé une visite semblable en mai 2003, peu après le refus du Canada de participer à la guerre en Irak. Les deux hommes se sont aussi entendus pour se rencontrer lors de leur passage au sommet de l'APEC, au Chili, à la fin de novembre, afin de discuter de dossiers bilatéraux laissés en suspens à cause des élections.
M. Martin avait indiqué en matinée qu'il espérait parler à M. Bush du «besoin d'un nouveau multilatéralisme», référence indirecte à son projet de G-20 des chefs d'État et de gouvernement. Le sujet n'a toutefois pas été abordé au cours de leur conversation téléphonique d'une dizaine de minutes, pas plus que la question irakienne.
Les différends les plus importants entre les deux pays demeurent ceux du bois d'oeuvre canadien et de la vache folle. Les deux dossiers piétinent depuis des mois, sinon des années. Mais il s'agit de dossiers «qui ne sont pas nécessairement déterminés par le président ou le premier ministre», note le professeur Charles-Philippe David, de la chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques.
Bouclier antimissile
Il en va autrement du bouclier antimissile. M. David s'attend à ce que la fin de la campagne américaine annonce une pression renouvelée de Washington sur le gouvernement Martin pour que celui-ci autorise la participation canadienne au bouclier. Cela n'a pas échappé au chef néo-démocrate, Jack Layton, qui, visiblement déçu de la défaite du démocrate John Kerry, sommait le gouvernement hier de résister à l'invitation américaine, question de respecter les valeurs canadiennes.
Les conservateurs, eux, se réjouissaient ouvertement de la réélection de M. Bush. Ils ont aussitôt attribué les difficultés dans les dossiers du bois d'oeuvre et de la vache folle à l'antiaméricanisme et au parti pris des libéraux pour le candidat défait John Kerry. «Ce n'est pas une stratégie très sage pour l'avenir», a soutenu le chef conservateur, Stephen Harper, en matinée. Aux Communes, il a affirmé que «la rhétorique antiaméricaine du côté du gouvernement compliqu[ait] constamment ces dossiers» commerciaux.
«Nous ne sommes pas antiaméricains. Les Canadiens ne sont pas antiaméricains. Nous sommes procanadiens», a répliqué Paul Martin. Selon lui, les relations entre les deux pays sont «très, très bonnes». Il a aussi réitéré sa volonté de voir les parlementaires jouer un plus grand rôle en établissant des liens avec le Congrès, un acteur important dans les dossiers commerciaux.
Le chef bloquiste, Gilles Duceppe, a pour sa part relevé le manque de doigté des libéraux à l'égard du gouvernement Bush. Ses propres députés ont démontré, eux, qu'il était possible d'exprimer leurs désaccords avec l'équipe Bush sans être «offensants», a-t-il dit. Car les valeurs et politiques défendues par les démocrates sont plus proches de celles du Bloc, a-t-il reconnu, bien que le parti de M. Bush soit traditionnellement moins protectionniste. Il espère d'ailleurs que cette attitude sera plus évidente maintenant que l'élection est passée.
Depuis la guerre en Irak, les libéraux sont sans cesse confrontés à des questions sur l'existence d'un sentiment anti-Bush au sein de leur caucus, mettant sur la sellette le gouvernement. Ils se faisaient discrets hier. Et comme le premier ministre, le ministre des Affaires étrangères, Pierre Pettigrew, a esquivé les questions sur les commentaires «isolés [...] d'obscurs députés», affirmant que le gouvernement avait «développé des liens extrêmement forts avec l'administration Bush» et qu'il était «très heureux de continuer de travailler étroitement avec elle».
Paul Martin a communiqué son invitation à M. Bush après l'avoir félicité par téléphone pour sa réélection. Selon le directeur adjoint des communications de M. Martin, Marc Roy, M. Bush s'est montré intéressé, lui qui avait annulé une visite semblable en mai 2003, peu après le refus du Canada de participer à la guerre en Irak. Les deux hommes se sont aussi entendus pour se rencontrer lors de leur passage au sommet de l'APEC, au Chili, à la fin de novembre, afin de discuter de dossiers bilatéraux laissés en suspens à cause des élections.
M. Martin avait indiqué en matinée qu'il espérait parler à M. Bush du «besoin d'un nouveau multilatéralisme», référence indirecte à son projet de G-20 des chefs d'État et de gouvernement. Le sujet n'a toutefois pas été abordé au cours de leur conversation téléphonique d'une dizaine de minutes, pas plus que la question irakienne.
Les différends les plus importants entre les deux pays demeurent ceux du bois d'oeuvre canadien et de la vache folle. Les deux dossiers piétinent depuis des mois, sinon des années. Mais il s'agit de dossiers «qui ne sont pas nécessairement déterminés par le président ou le premier ministre», note le professeur Charles-Philippe David, de la chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques.
Bouclier antimissile
Il en va autrement du bouclier antimissile. M. David s'attend à ce que la fin de la campagne américaine annonce une pression renouvelée de Washington sur le gouvernement Martin pour que celui-ci autorise la participation canadienne au bouclier. Cela n'a pas échappé au chef néo-démocrate, Jack Layton, qui, visiblement déçu de la défaite du démocrate John Kerry, sommait le gouvernement hier de résister à l'invitation américaine, question de respecter les valeurs canadiennes.
Les conservateurs, eux, se réjouissaient ouvertement de la réélection de M. Bush. Ils ont aussitôt attribué les difficultés dans les dossiers du bois d'oeuvre et de la vache folle à l'antiaméricanisme et au parti pris des libéraux pour le candidat défait John Kerry. «Ce n'est pas une stratégie très sage pour l'avenir», a soutenu le chef conservateur, Stephen Harper, en matinée. Aux Communes, il a affirmé que «la rhétorique antiaméricaine du côté du gouvernement compliqu[ait] constamment ces dossiers» commerciaux.
«Nous ne sommes pas antiaméricains. Les Canadiens ne sont pas antiaméricains. Nous sommes procanadiens», a répliqué Paul Martin. Selon lui, les relations entre les deux pays sont «très, très bonnes». Il a aussi réitéré sa volonté de voir les parlementaires jouer un plus grand rôle en établissant des liens avec le Congrès, un acteur important dans les dossiers commerciaux.
Le chef bloquiste, Gilles Duceppe, a pour sa part relevé le manque de doigté des libéraux à l'égard du gouvernement Bush. Ses propres députés ont démontré, eux, qu'il était possible d'exprimer leurs désaccords avec l'équipe Bush sans être «offensants», a-t-il dit. Car les valeurs et politiques défendues par les démocrates sont plus proches de celles du Bloc, a-t-il reconnu, bien que le parti de M. Bush soit traditionnellement moins protectionniste. Il espère d'ailleurs que cette attitude sera plus évidente maintenant que l'élection est passée.
Depuis la guerre en Irak, les libéraux sont sans cesse confrontés à des questions sur l'existence d'un sentiment anti-Bush au sein de leur caucus, mettant sur la sellette le gouvernement. Ils se faisaient discrets hier. Et comme le premier ministre, le ministre des Affaires étrangères, Pierre Pettigrew, a esquivé les questions sur les commentaires «isolés [...] d'obscurs députés», affirmant que le gouvernement avait «développé des liens extrêmement forts avec l'administration Bush» et qu'il était «très heureux de continuer de travailler étroitement avec elle».
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