Politique étrangère: Bush fait face à des choix fondamentaux
4 novembre 2004
États-Unis
Washington — George W. Bush va devoir rapidement opter entre la poursuite d'une politique étrangère controversée ou l'adoption d'une ligne plus pragmatique renforçant le soutien international sur l'Irak, l'Iran, la Corée du Nord, le conflit palestinien ou la lutte antiterroriste, estiment les experts.
Sa victoire mardi pour un deuxième mandat de président des États-Unis peut l'inciter à aller dans l'une ou l'autre direction, et plusieurs échéances proches permettront de voir si M. Bush entend profiter de son succès pour affirmer de manière plus radicale la puissance américaine ou adopter un profil plus conciliant dans le concert des nations.
Le Washington Post soulignait hier ce choix fondamental. «M. Bush fait face non seulement au défi d'un pays divisé par la guerre [en Irak] mais aussi à un monde dans lequel de nombreux dirigeants, et une large partie de l'opinion dans d'autres démocraties, souhaitaient ardemment sa défaite. Le président devra montrer qu'il est capable d'écouter certains de ses détracteurs, même s'il continue sa politique durant un second mandat», écrit le journal dans un éditorial.
Compte tenu de la limitation à deux mandats, «M. Bush réélu n'a plus à se soucier d'être élu une nouvelle fois, ce qui lui donne une marge de manoeuvre dans un sens ou dans l'autre», souligne pour sa part Helmut Sonnenfeldt, un ancien conseiller diplomatique du président Richard Nixon aujourd'hui spécialiste de politique étrangère à l'institut indépendant Brookings.
Selon lui, M. Bush, confronté à une situation difficile en Irak notamment, va en profiter pour «voir comment mieux travailler avec les Européens et se montrer plus conciliant avec ses alliés».
Une légitimation
À l'inverse, pour Joseph Cirincione, de la fondation Carnegie de Washington, il y a un fort risque que cette victoire électorale «soit vue par de nombreuses personnes dans cette administration comme une légitimation de leur politique et un mandat pour la continuer».
Les faucons néoconservateurs ne vont pas manquer de saisir ce succès «pour faire avancer leurs idées d'un cran», estime ce spécialiste.
Le maintien au côté de M. Bush du vice-président Dick Cheney, artisan acharné de la guerre en Irak, plaide pour le maintien d'une politique étrangère sans concessions.
Mais les remaniements qui devraient avoir lieu au cours des prochains mois au sein du gouvernement américain donneront aussi de précieuses indications sur le ton que M. Bush souhaite donner à son second mandat. Le secrétaire d'État Colin Powell, partisan souvent isolé d'un multilatéralisme classique, est donné partant par de nombreux commentateurs. Le sort du secrétaire à la Défense, Donald Rumsfeld, un «faucon», et de la conseillère pour la sécurité nationale, Condoleezza Rice, membre du «premier cercle» autour du président, sera aussi déterminant.
Plusieurs échéances devraient dans les toutes prochaines semaines permettre de voir plus clairement dans quelle voie s'engage M. Bush.
Sur l'Irak, une conférence internationale, prévue les 22 et 23 novembre en Égypte, permettra aux États-Unis de discuter de ce dossier avec leurs partenaires dans le monde arabe et les principales puissances occidentales.
La concertation internationale sera également intense au cours des prochains jours sur le dossier du programme nucléaire iranien, pour lequel Téhéran a jusqu'au 25 novembre pour donner des garanties qu'il ne cherche pas à se doter de l'arme atomique.
La santé défaillante du président palestinien Yasser Arafat et les plans israéliens de retrait de la bande de Gaza pourraient également mener Washington à s'impliquer davantage dans le dossier israélo-palestinien, mis sous le boisseau pendant la période électorale.
Sa victoire mardi pour un deuxième mandat de président des États-Unis peut l'inciter à aller dans l'une ou l'autre direction, et plusieurs échéances proches permettront de voir si M. Bush entend profiter de son succès pour affirmer de manière plus radicale la puissance américaine ou adopter un profil plus conciliant dans le concert des nations.
Le Washington Post soulignait hier ce choix fondamental. «M. Bush fait face non seulement au défi d'un pays divisé par la guerre [en Irak] mais aussi à un monde dans lequel de nombreux dirigeants, et une large partie de l'opinion dans d'autres démocraties, souhaitaient ardemment sa défaite. Le président devra montrer qu'il est capable d'écouter certains de ses détracteurs, même s'il continue sa politique durant un second mandat», écrit le journal dans un éditorial.
Compte tenu de la limitation à deux mandats, «M. Bush réélu n'a plus à se soucier d'être élu une nouvelle fois, ce qui lui donne une marge de manoeuvre dans un sens ou dans l'autre», souligne pour sa part Helmut Sonnenfeldt, un ancien conseiller diplomatique du président Richard Nixon aujourd'hui spécialiste de politique étrangère à l'institut indépendant Brookings.
Selon lui, M. Bush, confronté à une situation difficile en Irak notamment, va en profiter pour «voir comment mieux travailler avec les Européens et se montrer plus conciliant avec ses alliés».
Une légitimation
À l'inverse, pour Joseph Cirincione, de la fondation Carnegie de Washington, il y a un fort risque que cette victoire électorale «soit vue par de nombreuses personnes dans cette administration comme une légitimation de leur politique et un mandat pour la continuer».
Les faucons néoconservateurs ne vont pas manquer de saisir ce succès «pour faire avancer leurs idées d'un cran», estime ce spécialiste.
Le maintien au côté de M. Bush du vice-président Dick Cheney, artisan acharné de la guerre en Irak, plaide pour le maintien d'une politique étrangère sans concessions.
Mais les remaniements qui devraient avoir lieu au cours des prochains mois au sein du gouvernement américain donneront aussi de précieuses indications sur le ton que M. Bush souhaite donner à son second mandat. Le secrétaire d'État Colin Powell, partisan souvent isolé d'un multilatéralisme classique, est donné partant par de nombreux commentateurs. Le sort du secrétaire à la Défense, Donald Rumsfeld, un «faucon», et de la conseillère pour la sécurité nationale, Condoleezza Rice, membre du «premier cercle» autour du président, sera aussi déterminant.
Plusieurs échéances devraient dans les toutes prochaines semaines permettre de voir plus clairement dans quelle voie s'engage M. Bush.
Sur l'Irak, une conférence internationale, prévue les 22 et 23 novembre en Égypte, permettra aux États-Unis de discuter de ce dossier avec leurs partenaires dans le monde arabe et les principales puissances occidentales.
La concertation internationale sera également intense au cours des prochains jours sur le dossier du programme nucléaire iranien, pour lequel Téhéran a jusqu'au 25 novembre pour donner des garanties qu'il ne cherche pas à se doter de l'arme atomique.
La santé défaillante du président palestinien Yasser Arafat et les plans israéliens de retrait de la bande de Gaza pourraient également mener Washington à s'impliquer davantage dans le dossier israélo-palestinien, mis sous le boisseau pendant la période électorale.
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