Sauveur ou envahisseur? Les Irakiens sont divisés.
4 novembre 2004
États-Unis
Bagdad — Pour certains Irakiens, le président américain George W. Bush, qui vient de remporter un deuxième mandat à la Maison-Blanche, est un «sauveur», pour d'autres il a «envahi et détruit l'Irak». Dans tous les cas, l'élection présidentielle américaine ne laisse pas les Irakiens indifférents.
«Il nous a détruits!», affirme Oum Marwan, 30 ans, professeur dans une école. «L'Irak n'a aucun avenir, et tous ceux que je connais veulent partir à tout prix», ajoute-t-elle. Deux de ses collègues acquiescent alors qu'ils font leurs courses au marché Bab al-Moazam, dans le nord de Bagdad.
«Bush a tué des milliers d'Irakiens pour la simple raison que sa famille voulait se débarrasser de Saddam», estime Hadi Salih, chauffeur de bus.
Un autre homme compare le président américain à l'envahisseur mongol Hulagu, un petit-fils de Gengis Khan, qui a envahi Bagdad en 1258 et massacré près d'un million de personnes. «Hulagu a rempli le Tigre de sang et Bush est en train de laver chaque jour les rues de l'Irak avec le sang», indique pour sa part Koussay Wali, un ingénieur de 29 ans.
Pour ces sunnites de Bagdad, qui monopolisaient le pouvoir avant la chute de Saddam Hussein, l'invasion de l'Irak en mars 2003 n'a apporté que l'insécurité. Mais pour les chiites, majoritaires et opprimés par l'ancien régime, la guerre les a débarrassés d'un régime sanguinaire. «Bush nous conduit vers le monde civilisé», affirme Ibrahim Youssef, qui vend des tomates et des pommes de terre sur le marché. «Je peux avoir un accès à Internet, je peux aller à Najaf et Kerbala [les deux villes saintes chiites au sud de Bagdad] et lire n'importe quel livre sans que quelqu'un me menace», dit-il.
Au gouvernement
Des personnalités irakiennes proches du gouvernement installé par les Américains espéraient bien, pour leur part, que le locataire de la Maison-Blanche reste en place. Ces responsables ont reconnu toutefois que de nombreuses erreurs ont été commises par le président américain sortant dans sa guerre en Irak.
«Nous savons que Bush a une vision générale de l'Irak. Il a renversé Saddam Hussein et libéré le pays et je pense qu'il veut terminer le travail», a déclaré Mouaffak al-Roubaï, un chiite, ancien conseiller à la sécurité nationale. «George W. Bush a un engagement envers l'Irak, et je pense que sa réélection serait bonne pour l'Irak et mauvaise pour les terroristes», a-t-il dit.
L'équipe de Bush, a-t-il poursuivi, a appris des erreurs qu'elle a commises depuis l'invasion américaine du pays. «Je ne voudrais pas qu'une nouvelle équipe arrive» pour commettre les mêmes erreurs, a-t-il affirmé.
Cet avis est partagé par un membre sunnite du Conseil national, qui siégeait dans l'ancien Conseil du gouvernement transitoire. «La victoire de George W. Bush est un avantage pour l'Irak et je suis très heureux de sa réélection», a-t-il déclaré. «John Kerry est un inconnu. L'Irak a besoin d'aide et je ne vois personne d'autre que Bush capable de le faire. Il a déclaré la guerre au terrorisme et l'Irak est un nid de terroristes», a-t-il dit.
Et dans un entretien avec le journal italien La Repubblica, le premier ministre irakien Iyad Allaoui a souhaité qu'aucun changement ne survienne dans le rôle de la force multinationale conduite par les États-Unis en Irak. «Les États-Unis nous ont libérés d'un dictateur, d'une longue période de guerre et d'agonie. Nous remercions l'Amérique pour tout ce qu'elle a fait et tout ce qu'elle continuera à faire», a ajouté M. Allaoui.
«Il nous a détruits!», affirme Oum Marwan, 30 ans, professeur dans une école. «L'Irak n'a aucun avenir, et tous ceux que je connais veulent partir à tout prix», ajoute-t-elle. Deux de ses collègues acquiescent alors qu'ils font leurs courses au marché Bab al-Moazam, dans le nord de Bagdad.
«Bush a tué des milliers d'Irakiens pour la simple raison que sa famille voulait se débarrasser de Saddam», estime Hadi Salih, chauffeur de bus.
Un autre homme compare le président américain à l'envahisseur mongol Hulagu, un petit-fils de Gengis Khan, qui a envahi Bagdad en 1258 et massacré près d'un million de personnes. «Hulagu a rempli le Tigre de sang et Bush est en train de laver chaque jour les rues de l'Irak avec le sang», indique pour sa part Koussay Wali, un ingénieur de 29 ans.
Pour ces sunnites de Bagdad, qui monopolisaient le pouvoir avant la chute de Saddam Hussein, l'invasion de l'Irak en mars 2003 n'a apporté que l'insécurité. Mais pour les chiites, majoritaires et opprimés par l'ancien régime, la guerre les a débarrassés d'un régime sanguinaire. «Bush nous conduit vers le monde civilisé», affirme Ibrahim Youssef, qui vend des tomates et des pommes de terre sur le marché. «Je peux avoir un accès à Internet, je peux aller à Najaf et Kerbala [les deux villes saintes chiites au sud de Bagdad] et lire n'importe quel livre sans que quelqu'un me menace», dit-il.
Au gouvernement
Des personnalités irakiennes proches du gouvernement installé par les Américains espéraient bien, pour leur part, que le locataire de la Maison-Blanche reste en place. Ces responsables ont reconnu toutefois que de nombreuses erreurs ont été commises par le président américain sortant dans sa guerre en Irak.
«Nous savons que Bush a une vision générale de l'Irak. Il a renversé Saddam Hussein et libéré le pays et je pense qu'il veut terminer le travail», a déclaré Mouaffak al-Roubaï, un chiite, ancien conseiller à la sécurité nationale. «George W. Bush a un engagement envers l'Irak, et je pense que sa réélection serait bonne pour l'Irak et mauvaise pour les terroristes», a-t-il dit.
L'équipe de Bush, a-t-il poursuivi, a appris des erreurs qu'elle a commises depuis l'invasion américaine du pays. «Je ne voudrais pas qu'une nouvelle équipe arrive» pour commettre les mêmes erreurs, a-t-il affirmé.
Cet avis est partagé par un membre sunnite du Conseil national, qui siégeait dans l'ancien Conseil du gouvernement transitoire. «La victoire de George W. Bush est un avantage pour l'Irak et je suis très heureux de sa réélection», a-t-il déclaré. «John Kerry est un inconnu. L'Irak a besoin d'aide et je ne vois personne d'autre que Bush capable de le faire. Il a déclaré la guerre au terrorisme et l'Irak est un nid de terroristes», a-t-il dit.
Et dans un entretien avec le journal italien La Repubblica, le premier ministre irakien Iyad Allaoui a souhaité qu'aucun changement ne survienne dans le rôle de la force multinationale conduite par les États-Unis en Irak. «Les États-Unis nous ont libérés d'un dictateur, d'une longue période de guerre et d'agonie. Nous remercions l'Amérique pour tout ce qu'elle a fait et tout ce qu'elle continuera à faire», a ajouté M. Allaoui.
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

