samedi 11 février 2012 Dernière mise à jour 01h25
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Perspectives - Dysfonctionnement chronique du système

Serge Truffaut   3 novembre 2004  États-Unis
Le taux de participation à l'élection présidentielle d'hier témoigne avec éloquence de la volonté démocratique du peuple américain. Ce trait mérite d'être applaudi deux fois plutôt qu'une. Cela souligné, les dysfonctionnements de la machine électorale, combinés avec un souci forcené de la procédure de la part des deux partis, plaident pour une réforme. Peut-être timide, mais réforme tout de même.

Après les cafouillages observés lors de l'élection de 2000, tous les citoyens américains étaient en droit d'espérer une amélioration du système électoral. Plus précisément, de la mécanique de celui-ci. À l'évidence, beaucoup reste à faire. Un chiffre? À la mi-journée, pas moins de 500 dysfonctionnements technologiques avaient été enregistrés à travers le pays. Quant à l'organisation Verified Voting Foundation, mise sur pied pour analyser la bonne marche des divers systèmes, elle avait reçu 50 000 plaintes alors que les bureaux étaient loin d'avoir fermé leurs portes. Déclinons.

Lorsqu'on fait l'inventaire des défauts constatés dans la seule journée d'hier, l'État de la Louisiane s'avère l'État des cauchemars. Dans la circonscription de New Orleans Parish, le réseau informatique choisi fut si déficient que les plaintes des électeurs se comptent par centaines. Pire, dans plus d'un arrondissement de la Louisiane, la formation des scrutateurs comme des responsables a été si bancale que ceux-ci ont programmé le système de telle sorte que les bulletins conventionnels ont été transformés en bulletins provisoires et vice-versa.

À Philadelphie, un juge a décrété dans la journée qu'une fois que l'on aura dépouillé 12 000 votes provisoires, les autres ne seront pas comptabilisés. En cet endroit, on a également observé des erreurs techniques.

De quel ordre? L'arrimage entre des vieilles machines et des nouvelles n'a jamais été réalisé. Dans les États de New York, de Californie, de Floride et de l'Ohio, pour ne parler que des plus importants, des défauts ont altéré la bonne marche du système.

Bien évidemment, les vices informatiques ont d'autant plus brouillé la photographie électorale du pays qu'ils se sont fondus dans la complexité qui distingue tant les États-Unis des autres pays démocratiques. Ne l'oublions pas, nos voisins du sud doivent composer avec davantage de systèmes électoraux qu'il y a d'États.

Cette alliance, si l'on peut dire évidemment, entre la technologie et les méandres juridiques que doit suivre le citoyen a eu un impact notable ici et là. Ainsi, dans la région de Pittsburgh, des étudiants ont éprouvé bien des difficultés à voter. Dans les environs de la capitale de l'acier, entre 50 et 60 arrondissements ont manqué de... bulletins!

Des organisateurs n'avaient pas prévu que le nombre d'étudiants, plus exactement ceux dont le domicile permanent est au Vermont ou en Oregon, ayant le droit d'utiliser ce qu'on appelle le vote provisoire serait aussi élevé. De cet épisode, il faut s'attendre à bien des contestations légales. Passons justement à celles-ci.

Évoquons tout d'abord les sommes en jeux. Pour faire «sortir» le vote et contester la validité de milliers de bulletins le jour de l'élection, les démocrates s'étaient confectionné un magot de 60 millions. Les républicains? 125 millions. Les démocrates avaient mis sur pied une équipe de 10 000 avocats, les républicains ayant engagé 8 000 d'entre eux. Quoi d'autre? Le parti de Bush avait nolisé huit avions, celui de Kerry six. Et ce, pour dépêcher dans les circonscriptions les plus chaudement disputées tous ces juristes.

Ainsi en Floride, des plaintes se sont ajoutées à celles déposées avant le jour de l'élection dans les comtés de Palm Beach et de Broward. Les responsables de ces comtés avaient attendu samedi après-midi avant d'envoyer des centaines et des centaines de bulletins par correspondance aux personnes qui en avaient fait la demande. On l'aura deviné, hier ces dernières n'avaient pas reçu leurs formulaires.

Entre les méfaits technologiques et la furia légaliste qui entoure l'exercice comme le droit de vote, les Américains ne peuvent plus faire l'économie d'un vaste débat sur leurs systèmes électoraux.
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
0 réaction
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Commenter
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012