samedi 11 février 2012 Dernière mise à jour 00h40
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

La Floride a voté propre, relativement

Antoine Char   3 novembre 2004  États-Unis
La Floride n'est plus depuis hier un «État voyou»: le «Sun Shine State» a fait amende honorable en votant dans les règles de l'art pour George Bush sans donner de maux de tête électoraux au reste des États-Unis.

Sous un soleil radieux, 10,3 millions de Floridiens étaient invités aux urnes. Plus de 60 % d'entre eux ont voté. Un record. En raison de l'affluence des électeurs, les bureaux de vote ont même fermé plus tard que prévu. Deux millions d'électeurs avaient pourtant voté par anticipation. Il y a bien sûr eu quelques irrégularités électorales ici et là, mais rien pour ranimer le spectre du fiasco électoral de la présidentielle 2000, quand des contestations portant sur des milliers de bulletins électoraux avaient retardé de 36 jours l'annonce de la victoire de George W. Bush dans sa marche à reculons vers la Maison-Blanche.

Bush l'avait finalement emporté dans l'État que gouverne Jeb Bush avec seulement 537 voix d'avance, obtenant de justesse la majorité nécessaire des grands électeurs. Il avait été le premier en 112 ans à recevoir les clés de la Maison-Blanche sans avoir obtenu l'aval de la majorité des électeurs.

Des mots doux

Michael Moore, le réalisateur iconoclaste de Fahrenheit 9/11, n'a bien sûr pas digéré la victoire de Bush, mais il a eu des mots doux pour la tenue électorale dans l'État par lequel était arrivé le scandale il y a quatre ans. La Floride, qui compte 27 grands électeurs, deux de plus qu'il y a quatre ans, a voté propre. Relativement. Une petite majorité des Floridiens du troisième âge ont voté pour le candidat démocrate John Kerry. Une première. Une minorité plus consistante de Latinos ont jeté leur dévolu sur George Bush. Une tendance qui s'accentue. Le nord de l'État est resté républicain. Le Sud, à quelques comtés près, demeure démocrate.

Pour réduire au maximum les risques d'irrégularités, démocrates et républicains ont dépêché 2000 avocats. L'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a même envoyé quelques observateurs internationaux. Leur présence a été symbolique et n'a aucunement empêché les accusations de fraude de se renouveler, notamment à Riviera Beach, une banlieue pauvre à majorité noire au nord de Palm Beach, où lors de l'élection 2000 16 % des bulletins de vote avaient été invalidés.

À West Palm Beach, majoritairement démocrate, des électeurs des quartiers noirs se sont plaints d'avoir reçu des coups de téléphone pour les diriger vers de mauvais bureaux de vote ou pour leur annoncer qu'ils n'étaient en fait pas enregistrés sur les listes électorales.

Il y a quatre ans, le comté de Palm Beach avait déjà été au centre de l'énorme imbroglio qui avait entaché la course présidentielle entre Bush et Al Gore.

Pour exorciser le «mal floridien» d'il y a quatre ans, toutes les grandes chaînes de télévision américaines ont joué de prudence tard hier soir: à 23h30, aucune ne donnait encore l'État des ouragans à Bush malgré plus de 4 % de voix d'avance sur Kerry (51,8 % contre 47,3 %), après dépouillement de 95 % des urnes.

«Le président a une avance plutôt substantielle», s'est contenté de dire Jeff Greenfield, un commentateur de CNN. «Le camp démocrate est pessimiste», a lancé Judy Woodruff, de CNN.

À 0h42, Peter Jenning d'ABC annonçait avec assurance la victoire de George Walker Bush.

Cette prudence d'anachorète des anchormen américains — qui s'étaient tous trompés le soir fatidique du 7 novembre 2000, s'expliquait aussi par le fait que certains électeurs continuaient à voter tard hier soir dans le comté de Miami-Dade où trois bureaux de vote étaient encore ouverts près de quatre heures après la fermeture officielle du scrutin.

Charley en août, Frances, Ivan et Jeanne en septembre: s'il y a eu un cinquième ouragan hier en Floride, il ne s'appelait pas Kerry.
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
0 réaction
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Commenter
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012