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États indécis du Midwest - Le suspense tient, Bush force la porte

On savait que la lutte serait serrée et déterminante dans les États indécis, dits les swing states: le suspense anticipé n'a en effet pas manqué, hier, particulièrement en Ohio, l'équivalent 2004 de la Floride en 2000. Au moment de mettre sous presse, vers minuit, l'État clé de l'élection présidentielle n'avait toujours pas été attribué à l'un ou l'autre des candidats, la participation massive des électeurs ayant forcé la prolongation des heures d'ouverture des bureaux de vote. George Bush y détenait toutefois une mince avance.

Par contre, John Kerry a pu mettre la main en fin de soirée sur la Pennsylvanie, qu'il se devait absolument de remporter pour garder des chances de se rendre à la Maison-Blanche. Le Wisconsin, l'Iowa et le Nouveau-Mexique étaient toujours en suspens à minuit.

Les grands réseaux de télévision américains ont confirmé vers 22h45 la victoire du sénateur en Pennsylvanie, un État qui procure 21 grands électeurs au collège électoral. M. Kerry y a récolté 54 % des votes, avec 78 % du dépouillement complété. On a prolongé de 90 minutes l'ouverture des bureaux de vote pour permettre à tout le monde d'exprimer son choix.

En 2000, Al Gore l'avait emporté avec une avance de 4 %. Cette année, la lutte est demeurée très chaude tout au long de la campagne, Kerry ne réussissant à devancer son adversaire que dans les derniers jours de la campagne. Les deux aspirants présidents ont d'ailleurs visité l'État à satiété pour espérer convaincre les électeurs — c'est notamment là que Bill Clinton a effectué son grand retour.

L'Ohio

Mais là où tous les projecteurs étaient braqués, en Ohio, les candidats étaient toujours coude à coude dans les décomptes, plus de quatre heures après la fermeture prévue des bureaux. Avec environ 68 % du dépouillement effectué, le président Bush maintenait depuis le début de la soirée une avance de trois points sur John Kerry. «Too close to call», tout de même: les experts refusaient d'accorder l'État à M. Bush. La majorité des bulletins restant à dépouiller venaient des grands centres urbains, plus favorables aux démocrates que les campagnes environnantes.

La participation a été tellement bonne en Ohio — et le processus de vote tellement long — que les électeurs ont pu continuer à voter tard en soirée dans certains comtés de l'État, selon des responsables. La loi électorale en vigueur dans cet État stipule que les électeurs présents dans les files d'attente devant les bureaux de vote avant la fermeture (19h30) sont assurés de pouvoir voter même si l'heure de clôture du bureau de vote a théoriquement sonné. Depuis la dernière élection, plusieurs centaines de milliers de nouveaux électeurs se sont inscrits sur les listes électorales — surtout dans les zones à l'époque remportées par Al Gore.

L'Ohio a connu un afflux d'électeurs provoquant de très longues files d'attente devant les bureaux de vote. Dans le comté de Franklin, un juge a demandé aux autorités de faire tout leur possible pour que le processus électoral se termine rapidement, quitte à distribuer des bulletins de vote en papier, ce qui a été vivement contesté par les autorités de ces bureaux.

Depuis 1960, les électeurs de l'Ohio ont toujours voté pour le candidat qui est élu président. État crucial avec ses 20 grands électeurs, l'Ohio est considéré par plusieurs comme un condensé des États-Unis, avec un Nord majoritairement démocrate et un Sud plus républicain.

De l'avis général, des résultats serrés en Ohio impliqueraient de longs recomptages et, fort probablement, une course aux procédures judiciaires pour invalider des votes. Quelques heures avant le début du scrutin, la Cour d'appel a d'ailleurs autorisé le Parti républicain à poster des milliers d'observateurs dans les bureaux de vote, au grand dam des démocrates qui les accusaient de vouloir décourager les électeurs et notamment intimider les Noirs.

En 2000, Bush l'avait emporté par 3,5 points d'avance, mais la dégradation du marché de l'emploi (perte de 237 000 emplois) laissait espérer une victoire au camp Kerry.

Ailleurs, en Iowa (sept grands électeurs), la lutte était aussi extrêmement serrée peu avant minuit: John Kerry récoltait 51 % des voix avec 56 % du dépouillement terminé. Au Nouveau-Mexique (cinq grands électeurs), c'est Bush qui menait, avec 51 % des voix à mi-chemin du décompte. Finalement, au Wisconsin (10 grands électeurs), après 42 % du dépouillement, Kerry menait par trois points.






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