Espoir et amertume chez les démocrates de Montréal
Photo : Jacques Nadeau
jacques nadeau le devoir
Laura, une nouvelle étudiante en économie à l’Université de Montréal, a milité au sein du comité Democrat Abroad depuis son arrivée à Montréal, il y a seulement deux mois. La jeune femme s’inquiétait hier de la po
Fréquemment le théâtre de soirées sportives enflammées, le bar Champs, sur le boulevard Saint-Laurent à Montréal, vibrait hier soir au rythme de la joute électorale américaine, alors qu'une centaine d'Américains d'allégeance démocrate avaient les yeux rivés sur CNN, qui livrait les résultats au compte-gouttes.
Chips, nachos, bière, écran géant... les dizaines de démocrates réunis au Champs étaient prêts pour une longue soirée à attendre le verdict de leurs compatriotes. «C'est mieux qu'un match de football», a lancé une partisane. Plusieurs expatriés ont voté cette année pour la première fois par correspondance, soit en raison de leur jeune âge, soit parce qu'ils se sentaient auparavant déconnectés de la politique de leur pays.
C'est le cas de John Beckler, un Floridien de 26 ans qui poursuit des études en génie à l'université McGill. «Quand j'ai vu ce qui s'est passé à la prison d'Abou Ghraïb, j'ai beaucoup regretté de ne pas avoir voté en 2000. J'ai même écrit au journal local de ma ville, Thalahassee, pour dire combien j'avais honte de mon pays», raconte le jeune homme en sirotant nerveusement sa bière. Il craint que son État d'origine soit de nouveau au centre de la controverse cette année.
Avant même de connaître l'issue du scrutin, l'étudiant criait déjà à l'échec du peuple américain à punir les agissements de son président. «Même si Kerry était élu, le fait que le résultat soit si serré constitue un échec. Nous avions la chance de condamner les décisions de Bush qui ont fait souffrir tant de personnes en Irak en le boutant hors de la Maison-Blanche et nous l'avons laissé passer», déplore l'étudiant, qui avoue avoir honte d'être Américain.
La soirée électorale, organisée par la section montréalaise du groupe Democrat Abroad Canada, réunissait certes des expatriés américains, mais aussi plusieurs Canadiens férus de politique, la plupart assez jeunes. Certains, comme Bell Chana, possèdent aussi la double citoyenneté. Passionnée par cette élection où elle a exercé son droit de vote pour la première fois, la jeune femme de 20 ans, née ici de parents américains, a même mis ses cours de cégep en veilleuse quelques jours pour faire campagne dans le New Hampshire.
Elle déplore le manque d'éducation des jeunes américains. «J'ai beaucoup d'amis américains; ils sont aveuglés par leur patriotisme. C'est frustrant de voir combien les Américains ne voient pas ce qui se passe dans leur propre pays», dénonce la jeune femme au visage parsemé d'anneaux, qui se pavane depuis quelques semaines avec un blouson garni d'autocollants pro-Kerry.
Sans délaisser ses cours, Laura, une nouvelle étudiante en économie à l'Université de Montréal, a quant à elle milité au sein du comité Democrat Abroad depuis son arrivée à Montréal, il y a seulement deux mois. Le groupe prétend avoir facilité l'inscription d'environ 2000 Américains résidant à Montréal en dispensant de l'information sur le vote par correspondance.
Coiffée d'un chapeau de cow-boy presque caricatural, la jeune femme s'inquiétait hier de la possibilité de contestations juridiques similaires qui rappelleraient le scénario de 2000. «Le monde deviendrait trop pessimiste face au système électoral américain. Nous sommes une bonne démocratie. Il faut que cela fonctionne pour que nous puissions être un bon exemple dans le reste du monde, notamment en Irak et en Afghanistan.»
La jeune femme de 25 ans a voté au Colorado, un État généralement républicain où les électeurs se prononçaient également hier sur la répartition des grands électeurs à la proportionnelle. «J'espère que le référendum va passer, cela refléterait mieux le doute de la population», ajoute-t-elle.
Elle a été étonnée ces dernières semaines de constater l'attention médiatique accordée par les médias québécois aux élections américaines. «Tout le monde a une opinion sur l'élection» affirme-t-elle amusée. Ce constat n'étonne pas John Beckler. «Je pense que le président des États-Unis a plus d'impact dans la vie des Américains, et même du monde entier, que le premier ministre canadien n'influence la vôtre», affirme l'étudiant.
Il y aurait entre 35 000 et 60 000 Américains à Montréal et environ un demi-million au Canada.
Chips, nachos, bière, écran géant... les dizaines de démocrates réunis au Champs étaient prêts pour une longue soirée à attendre le verdict de leurs compatriotes. «C'est mieux qu'un match de football», a lancé une partisane. Plusieurs expatriés ont voté cette année pour la première fois par correspondance, soit en raison de leur jeune âge, soit parce qu'ils se sentaient auparavant déconnectés de la politique de leur pays.
C'est le cas de John Beckler, un Floridien de 26 ans qui poursuit des études en génie à l'université McGill. «Quand j'ai vu ce qui s'est passé à la prison d'Abou Ghraïb, j'ai beaucoup regretté de ne pas avoir voté en 2000. J'ai même écrit au journal local de ma ville, Thalahassee, pour dire combien j'avais honte de mon pays», raconte le jeune homme en sirotant nerveusement sa bière. Il craint que son État d'origine soit de nouveau au centre de la controverse cette année.
Avant même de connaître l'issue du scrutin, l'étudiant criait déjà à l'échec du peuple américain à punir les agissements de son président. «Même si Kerry était élu, le fait que le résultat soit si serré constitue un échec. Nous avions la chance de condamner les décisions de Bush qui ont fait souffrir tant de personnes en Irak en le boutant hors de la Maison-Blanche et nous l'avons laissé passer», déplore l'étudiant, qui avoue avoir honte d'être Américain.
La soirée électorale, organisée par la section montréalaise du groupe Democrat Abroad Canada, réunissait certes des expatriés américains, mais aussi plusieurs Canadiens férus de politique, la plupart assez jeunes. Certains, comme Bell Chana, possèdent aussi la double citoyenneté. Passionnée par cette élection où elle a exercé son droit de vote pour la première fois, la jeune femme de 20 ans, née ici de parents américains, a même mis ses cours de cégep en veilleuse quelques jours pour faire campagne dans le New Hampshire.
Elle déplore le manque d'éducation des jeunes américains. «J'ai beaucoup d'amis américains; ils sont aveuglés par leur patriotisme. C'est frustrant de voir combien les Américains ne voient pas ce qui se passe dans leur propre pays», dénonce la jeune femme au visage parsemé d'anneaux, qui se pavane depuis quelques semaines avec un blouson garni d'autocollants pro-Kerry.
Sans délaisser ses cours, Laura, une nouvelle étudiante en économie à l'Université de Montréal, a quant à elle milité au sein du comité Democrat Abroad depuis son arrivée à Montréal, il y a seulement deux mois. Le groupe prétend avoir facilité l'inscription d'environ 2000 Américains résidant à Montréal en dispensant de l'information sur le vote par correspondance.
Coiffée d'un chapeau de cow-boy presque caricatural, la jeune femme s'inquiétait hier de la possibilité de contestations juridiques similaires qui rappelleraient le scénario de 2000. «Le monde deviendrait trop pessimiste face au système électoral américain. Nous sommes une bonne démocratie. Il faut que cela fonctionne pour que nous puissions être un bon exemple dans le reste du monde, notamment en Irak et en Afghanistan.»
La jeune femme de 25 ans a voté au Colorado, un État généralement républicain où les électeurs se prononçaient également hier sur la répartition des grands électeurs à la proportionnelle. «J'espère que le référendum va passer, cela refléterait mieux le doute de la population», ajoute-t-elle.
Elle a été étonnée ces dernières semaines de constater l'attention médiatique accordée par les médias québécois aux élections américaines. «Tout le monde a une opinion sur l'élection» affirme-t-elle amusée. Ce constat n'étonne pas John Beckler. «Je pense que le président des États-Unis a plus d'impact dans la vie des Américains, et même du monde entier, que le premier ministre canadien n'influence la vôtre», affirme l'étudiant.
Il y aurait entre 35 000 et 60 000 Américains à Montréal et environ un demi-million au Canada.
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