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Kerry attaque Bush sur son point fort, «la guerre contre le terrorisme»

24 septembre 2004 19h43  États-Unis
Philadelphie — Le démocrate John Kerry a lancé hier une cinglante attaque contre «la guerre contre le terrorisme» menée par George W. Bush, accusé d’avoir délaissé la traque d’Oussama ben Laden pour celle de Saddam Hussein.

«Je vais livrer une guerre contre le terrorisme plus dure, plus intelligente et plus efficace», a affirmé John Kerry dans un long discours à Philadelphie (Pennsylvanie) avant de détailler sa stratégie.

À moins de six semaines de l’élection présidentielle, il affiche désormais avec force son total désaccord avec M. Bush sur le lien entre la lutte contre le terrorisme et l’invasion de l’Irak.

Le président Bush avait réaffirmé jeudi que l’Irak était «au coeur de la guerre contre le terrorisme».

Le candidat démocrate lui a répondu hier: «L’invasion de l’Irak a été une profonde diversion de la bataille contre notre principal ennemi, al-Qaïda.» «L’Irak, a-t-il ajouté, est aujourd’hui ce qu’il n’était pas avant la guerre, un paradis pour terroristes.» «George W. Bush a fait de Saddam Hussein la priorité. J’aurais fait d’Oussama ben Laden la priorité. Comme président, je finirai le boulot en Irak et recentrerai nos énergies sur la vraie guerre contre le terrorisme», a ajouté le sénateur.

John Kerry a une lourde tâche pour convaincre les Américains. Les sondages accordent à M. Bush un avantage considérable dans ce domaine. 54 % des électeurs pensent que le président a «un plan clair» pour protéger les États-Unis du terrorisme, contre 39 % pour Kerry, selon un sondage de la chaîne Fox News publié jeudi.

Pour remonter la pente, M. Kerry a détaillé hier sa «stratégie complète pour la victoire contre le terrorisme», en sept points, notamment le recrutement de 40 000 militaires supplémentaires, le renforcement des forces spéciales et des services de renseignement, le réengagement en Afghanistan avec l’aide de troupes supplémentaires de l’OTAN et la lutte contre la prolifération.

De son côté, le président Bush a attaqué son adversaire pour avoir critiqué la veille le premier ministre irakien. «Vous ne pouvez pas diriger ce pays si votre allié en Irak a l’impression que vous mettez en doute sa crédibilité», a-t-il déclaré dans le Wisconsin.

Trois sondages ont montré que M. Bush continuait à faire la course en tête mais avec une avance moindre, entre huit et deux points. 52 % des électeurs interrogés par l’enquête de l’hebdomadaire Time estiment qu’il ne «mérite pas d’être réélu», 45 % pensant le contraire. Mais un sondage CNN-USA Today place M. Bush en tête dans huit de onze États parmi les plus disputés, comme la Pennsylvanie ou l’Iowa, qui avaient voté démocrate en 2000.

Le Congrès à majorité républicaine a par ailleurs donné un coup de main à M. Bush en approuvant jeudi le renouvellement d’une série de baisses d’impôt, comprises dans le vaste programme de 146 milliards mis en place depuis l’arrivée du président à la Maison-Blanche. M. Kerry a approuvé ces baisses d’impôt. Les deux candidats vont descendre des podiums de campagne à partir de ce week-end pour préparer, avec leurs conseillers, le premier des trois débats qui les opposera le 30 septembre à Miami.
 
 
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