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    New York conserve ses hommages contestés à Colomb et à Pétain

    13 janvier 2018 | Catherine Triomphe - Agence France-Presse à New York | États-Unis
    La statue de Christophe Colomb au sommet d’une colonne à l’entrée de Central Park, à New York
    Photo: Spencer Platt Getty Images Agence France-Presse La statue de Christophe Colomb au sommet d’une colonne à l’entrée de Central Park, à New York

    La statue de Christophe Colomb au sommet d’une colonne à l’entrée de Central Park pourra finalement rester en place, ainsi qu’une plaque célébrant le maréchal Pétain, vainqueur de Verdun : c’est ce qu’a décidé une commission formée par le maire de New York pour décider du sort d’une série de monuments controversés.

     

    Après les violences néonazies de Charlottesville, et le débat électrique autour des symboles de racisme qui avait suivi, le maire démocrate Bill de Blasio avait nommé en août cette commission pour passer en revue tous les « signes de haine » présents dans la première ville américaine.

     

    Son verdict est tombé vendredi, et laisse la plupart des monuments de la première ville américaine en place. À commencer par la statue de Christophe Colomb érigée en 1892 pour le 400e anniversaire de la « découverte » de l’Amérique, au sommet d’une colonne de 23 mètres de haut sur Columbus Circle, la place au sud-ouest de Central Park.

     

    L’explorateur génois est de plus en plus dénoncé comme l’incarnation du génocide des Amérindiens et des indigènes en général. Au point où de nombreuses villes américaines — mais pas New York — ont remplacé ces dernières années la célébration traditionnelle de « Columbus Day » par un hommage aux peuples indigènes.

     

    La pédagogie

     

    Mais après que « des milliers de gens se sont impliqués », selon la mairie, la commission new-yorkaise a préféré la pédagogie au déboulonnage : la statue restera, mais Columbus Circle sera entouré de plaques expliquant l’histoire de Christophe Colomb et de sa statue.

     

    La ville a indiqué qu’elle allait par ailleurs travailler à la création d’un nouveau monument honorant les peuples indigènes, qui sera érigé dans un lieu encore à déterminer.

     

    Pas de retrait radical non plus pour la petite plaque honorant Pétain, posée en 1931 dans le « Canyon des héros », une section de Broadway au sud de Manhattan où sont gravées dans le trottoir des plaques honorant une centaine de personnalités américaines et étrangères.

     

    De Blasio avait indiqué en août que cette plaque devait être « l’une des premières à être enlevées ».

     

    Mais la commission a estimé qu’il valait mieux ne pas toucher aux plaques, et explorer plutôt « les possibilités d’ajouter du contexte et des informations historiques » sur les personnalités célébrées.

     

    La seule statue qui va être déboulonnée est celle du chirurgien James Marion Sims (1813-1883), considéré comme le « père de la gynécologie moderne », qui utilisa des esclaves noires pour ses expériences.

     

    Aujourd’hui à la pointe nord-est de Central Park, ce monument, cible de manifestations et de vandalisme en août dernier, va être réinstallé dans un des plus vieux cimetières de la ville à Brooklyn.

     

    Dernière statue à problème : celle représentant le président Theodore Roosevelt (1901-1909), naturaliste réputé, à cheval et entouré d’un Amérindien et d’un Africain, qui trône depuis 1940 devant le Musée d’histoire naturelle en face de Central Park.

     

    Elle avait été vandalisée en octobre en tant que symbole de suprématie blanche et de colonialisme. Là encore, pas de déboulonnage, mais des explications et un projet de nouvelle oeuvre d’art pour « renforcer le dialogue ».

     

    Coût de cette relecture nuancée de l’histoire : les services culturels de la Ville prévoient un budget de 10 millions de dollars sur quatre ans.













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