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    Éditorial

    Démocrates américains: sortir du désert

    Guy Taillefer
    10 novembre 2017 |Guy Taillefer | États-Unis | Éditoriaux

    Sortie du désert pour les démocrates, un an après l’élection à la présidence de Donald Trump ? Oui, veulent-ils croire à la lumière de la flopée de victoires électorales, du reste convaincantes, qu’ils ont remportées mardi soir à l’échelle des gouvernements d’État en Virginie et au New Jersey, entre autres, ou encore à Boston et à New York, où les maires démocrates ont été réélus. Emballé, le très prodémocrate New York Times n’a de cesse d’y voir le signe d’un « rejet énergique » de M. Trump et de tous ceux qui se réclament de son « trumpisme ». Ce qui est sans doute vrai en grande partie.

     

    Reste que cette série d’élections avait lieu en terrains partisans souvent neutres, sinon auprès d’électorats qui avaient déjà tendance à voter pour les démocrates. Et que si, d’autre part, ces derniers sont parvenus à faire des percées significatives dans des banlieues qui avaient précédemment favorisé les républicains, ils n’ont pas pour autant réussi à rameuter les électeurs trumpistes des districts ruraux et de « l’Amérique-blanche-sans-diplôme », celle que les années Obama ont laissée en plan économiquement.

     

    Cela dit, ces scrutins donnent à raison des sueurs froides à l’establishment républicain à un an des élections de mi-mandat présidentiel. D’autant que le parti du président au pouvoir perd traditionnellement des plumes à l’occasion des « mid-terms » et qu’en l’occurrence, Donald Trump, dont la cote de popularité tourne autour de 35 %, fait flancher celle de nombre de républicains modérés. Plus plausible est aujourd’hui la possibilité que les démocrates arrachent aux républicains leur majorité l’année prochaine à la Chambre des représentants.

     

    La victoire en Virginie est la plus prometteuse, résultat d’une double coalition. Une victoire qui, en soi, n’est pas totalement surprenante dans la mesure où Hillary Clinton l’avait emporté en Virginie par cinq points de pourcentage contre M. Trump à la présidentielle. Ce qui l’est, en revanche, c’est son ampleur — le démocrate Ralph Northam est élu gouverneur avec 53,7 % des voix contre 45,1 % pour Ed Gillespie, un vieux républicain de l’establishment qui a cru utile de se faire pro-Trump et de marteler les positions identitaires blanches du président.

     

    La première coalition est celle des électeurs blancs aisés et instruits des banlieues, électeurs souvent républicains, avec ceux des minorités ethniques. La seconde est celle, à l’intérieur du parti, de l’establishment et des progressistes du camp Sanders, que M. Northam n’entichait pas. Que les démocrates arrivent à passer par-dessus leurs dissensions, qui sont vives, est essentiel. Ces élections présentaient les conditions pour que prenne fin le cauchemar éveillé qu’est M. Trump.













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