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    Les États-Unis et Israël quittent l’UNESCO, accusée d’être «anti-israélienne»

    13 octobre 2017 | Joëlle Garrus - Agence France-Presse à Washington | États-Unis
    En 2011, l'admission de la Palestine au sein de l'UNESCO a accentué la crise et entraîné la suspension des contributions financières d'Israël et des États-Unis.
    Photo: Jacques Demarthon Agence France-Presse En 2011, l'admission de la Palestine au sein de l'UNESCO a accentué la crise et entraîné la suspension des contributions financières d'Israël et des États-Unis.

    Les États-Unis, rejoints par Israël, ont annoncé jeudi leur retrait de l’UNESCO, l’accusant d’être anti-israélienne, au moment même où l’institution, en perte de vitesse, s’apprête à élire son prochain directeur général.

     

    L’actuelle directrice générale de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture, la Bulgare Irina Bokova, a dit « regretter profondément » la décision américaine, annoncée la première, à ses yeux préjudiciable au multilatéralisme.

     

    Des regrets partagés par la France, qui héberge le siège de l’UNESCO, par le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, qui souligne « le rôle majeur des États-Unis à l’UNESCO depuis sa fondation » en 1946, et par Moscou, qui a déploré « une triste nouvelle ».

     

    Quelques heures après l’annonce américaine, Israël a à son tour annoncé son prochain retrait de l’institution, la qualifiant de « théâtre de l’absurde où l’on déforme l’histoire au lieu de la préserver ».

     

    « Nous entrons dans une nouvelle ère aux Nations unies, celle où, quand on pratique la discrimination contre Israël, il faut en payer le prix », a déclaré dans un communiqué Danny Danon, ambassadeur d’Israël auprès de l’ONU.

     

    Le feu couvait

     

    Le feu couve pourtant depuis des années sur fond de positions controversées de l’UNESCO sur Jérusalem et Hébron, défendues par les pays arabes.

     

    En 2011, l’admission de la Palestine au sein de l’UNESCO a accentué la crise et entraîné la suspension des contributions financières d’Israël et des États-Unis, égales à plus de 20 % du budget de l’agence.

     

    En juillet, ces derniers avaient d’ailleurs prévenu qu’ils réexaminaient leurs liens avec l’UNESCO, qualifiant d’« affront à l’histoire » la décision de l’organisation de déclarer la vieille ville de Hébron, en Cisjordanie occupée, « zone protégée » du patrimoine mondial.

     

    La porte-parole du département d’État américain Heather Nauert a expliqué que l’argument « financier » avait aussi pesé. « Nous avions des arriérés de l’ordre de 550 millions de dollars » vis-à-vis de l’UNESCO, « est-ce qu’on veut continuer à payer plus d’argent » pour une organisation aux « partis pris anti-Israël ? » a-t-elle demandé.

     

    Après son retrait, qui ne sera effectif que fin 2018 conformément aux statuts de l’UNESCO, Washington souhaite y demeurer observateur.

     

    Pour François Heisbourg, conseiller de la Fondation de la recherche stratégique (FRS), « c’est une conséquence logique », compte tenu de la position américaine sur la question israélo-palestinienne.

     

    « Cible facile »

     

    Un tel retrait n’est pas inédit : il y eut un précédent en 1984, sous Ronald Reagan, alors motivé par l’inutilité supposée et les débordements budgétaires de l’UNESCO. Les États-Unis n’avaient réintégré l’organisation qu’en 2002.

     

    « Relativement petite », « ne touchant pas des intérêts vitaux », « l’UNESCO est une cible plus facile que d’autres » et « par ailleurs, elle est allée plus loin que les autres organisations du système des Nations unies en matière de reconnaissance de l’Autorité palestinienne », note M. Heisbourg.

     

    Les annonces américaine et israélienne interviennent au moment où l’élection hautement politique du successeur d’Irina Bokova, entamée lundi, entre dans une phase décisive, cristallisant d’autres tensions dans cette organisation en mal de réformes et de consensus. Et qui doit faire avec les arriérés de contribution de ses membres.

     

    Lors d’un quatrième tour de vote jeudi soir, les 58 pays membres du Conseil exécutif ne sont parvenus à désigner qu’un seul des deux finalistes, le Qatari Hamad bin Abdulaziz al-Kawari, qui a reçu 22 voix.

     

    Arrivées en seconde position ex aequo avec 18 voix chacune, les candidates française Audrey Azoulay et égyptienne Moushira Khattab devront être départagées vendredi par un nouveau vote.

     

    Hamad bin Abdulaziz al-Kawari ne fait pas l’unanimité parmi les pays arabes qui ont rompu cette année leurs relations diplomatiques avec Doha. L’Égypte et l’Arabie saoudite notamment s’en inquiètent, même si elles ont largement revendiqué le poste pour leur groupe, qui ne l’a jamais occupé.













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