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    Trump remet en question l'accord nucléaire iranien après un test de missile

    23 septembre 2017 20h30 | Siavosh Ghazi - Agence France-Presse à Washington | États-Unis
    Le président Donald Trump
    Photo: Brendan Smialowski Agence France-Presse Le président Donald Trump

    L’avenir de l’accord sur le nucléaire iranien était de plus en plus incertain samedi, le président américain Donald Trump le jugeant remis en cause par un nouveau test de missile de Téhéran.

     

    « L’Iran vient de tester un missile balistique capable d’atteindre Israël. Ils travaillent aussi avec la Corée du nord. Nous n’avons pas vraiment un accord ! », a tweeté le président américain.

     

     

    Téhéran avait annoncé plus tôt samedi avoir testé « avec succès » un nouveau missile d’une portée de 2000 kilomètres. Cette capacité permet en théorie d’atteindre Israël, l’ennemi juré de l’Iran, et les bases américaines dans la région.

     

    La télévision d’État a diffusé des images du lancement du missile Khoramshahr et d’autres prises depuis l’intérieur de l’appareil.

     

    La date du test n’a pas été communiquée mais vendredi, lors de la présentation du missile pendant le défilé militaire marquant le déclenchement de la guerre par l’Irak contre l’Iran en 1980, un responsable iranien avait indiqué qu’il serait « opérationnel dans un avenir proche ».

     

    Cette annonce intervient dans un climat très tendu entre l’Iran et les États-Unis, le président Donald Trump menaçant de sortir son pays de l’accord sur le nucléaire que Washington a signé en 2015 avec Téhéran conjointement avec l’Allemagne, la Chine, la France, la Grande-Bretagne et la Russie.

     

    L’accord nucléaire n’interdit pas les activités balistiques de l’Iran mais la résolution 2231 du Conseil de sécurité de l’ONU, qui l’a entériné, demande à l’Iran de ne pas mener d’activités pour développer des missiles conçus pour porter des têtes nucléaires.

     

    Les responsables iraniens affirment que leur pays n’a pas de programme pour fabriquer des armes nucléaires.

     

    « Provocation »

     

    « Le missile Khoramshahr, d’une portée de 2000 km, peut transporter plusieurs têtes conventionnelles pour frapper plusieurs cibles à la fois », a dit le général Amir Ali Hadjizadeh, commandant de la force aérospatiale des Gardiens de la révolution, cité vendredi par Irna.

     

    Selon des responsables iraniens, la République islamique possède la technologie nécessaire pour augmenter la portée de ses missiles, pour le moment limitée à 2000 km.

     

    Le ministre israélien de la Défense, Avigdor Lieberman, a dénoncé samedi une « provocation » et « l’ambition de l’Iran à devenir une puissance mondiale pour menacer les pays du Moyen-Orient et les États démocratiques dans le monde ».

     

    « La France est extrêmement préoccupée par le tir de missile », a de son côté indiqué le ministère des Affaires étrangères français dans un communiqué. Paris « demande à l’Iran de cesser toute activité déstabilisante dans la région et de respecter toutes les dispositions de la résolution 2231, y compris l’appel à ne pas procéder à ce type d’activités balistiques », poursuit le Quai d’Orsay.

     

    Vendredi, le président Hassan Rohani avait déjà affirmé que l’Iran refusait de limiter son programme balistique.

     

    « Que vous le vouliez ou pas, nous allons renforcer nos capacités militaires, nécessaires en matière de dissuasion. Non seulement nous allons développer nos missiles mais aussi nos forces aériennes, terrestres et maritimes. Pour défendre notre patrie, nous ne demanderons la permission à personne », a dit M. Rohani lors du défilé militaire.

     

    L’accord de 2015 est censé garantir le caractère strictement civil et pacifique du programme nucléaire iranien, en échange de la levée progressive des sanctions contre Téhéran.

     

    Attaques contre l’accord

     

    Mais depuis l’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche, les États-Unis ont multiplié les attaques contre l’accord, que M. Trump avait promis de « déchirer ».

     

    Le secrétaire d’État américain Rex Tillerson a notamment jugé mercredi que les « attentes » d’une stabilisation du Moyen-Orient engendrées par l’accord avaient été déçues, évoquant le soutien militaire iranien au régime de Bachar Al-Assad en Syrie et le programme balistique de Téhéran.

     

    Le 15 octobre, le président Trump doit notifier au Congrès si l’Iran respecte ses engagements dans le cadre de l’accord nucléaire. S’il annonce que ce n’est pas le cas, alors le Congrès pourra réimposer les sanctions contre l’Iran.

     

    Les responsables iraniens ont mis en garde à plusieurs reprises contre tout retour des sanctions.
     

    De leur côté, les pays européens ainsi que la Russie ont demandé à M. Trump de ne pas sortir de l’accord nucléaire.

     

    Le président français Emmanuel Macron a cependant affirmé que l’accord n’était pas suffisant et qu’il fallait obliger l’Iran à réduire son programme balistique et limiter ses activités dans la région, notamment en Syrie. Ce que Téhéran rejette.

     

    L’Iran affirme avoir besoin de renforcer son programme balistique pour créer un équilibre avec les autres pays de la région, notamment l’Arabie saoudite, son grand rival régional, et Israël.













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