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    Dreamers

    Donald Trump tend la main aux démocrates

    15 septembre 2017 | Ivan Couronne - Agence France-Presse à Washington | États-Unis
    Le président américain, Donald Trump
    Photo: Brendan Smialowski Archives Agence France-Presse Le président américain, Donald Trump

    Le président américain Donald Trump a ébranlé ses alliés de la majorité républicaine jeudi en négociant directement avec l’opposition démocrate pour régulariser des centaines de milliers de clandestins, provoquant un tollé parmi ses partisans de la première heure.

     

    De toute évidence déçu par l’inaction et les divisions internes des parlementaires républicains depuis janvier, le dirigeant a résumé franchement sa nouvelle stratégie : « s’ils ne sont pas capables de se rassembler, je vais devoir demander un peu d’aide aux démocrates ».

     

    C’est la seconde fois, en une semaine, que Donald Trump s’accorde avec « Nancy et Chuck », Nancy Pelosi et Chuck Schumer, les chefs des minorités démocrates de la Chambre des représentants et du Sénat. Il avait conclu un une entente avec eux sur la dette et le budget lors d’un rendez-vous dans le Bureau ovale. Cette fois, c’est un dîner, mercredi dans le salon bleu de la Maison-Blanche, qui a permis de sceller un apparent accord de principe sur les sans-papiers.

     

    En échange de la régularisation de centaines de milliers de jeunes clandestins, surnommés « Dreamers » (rêveurs), les démocrates, qui disposent d’une minorité de blocage au Sénat, accepteraient de voter des crédits pour doper en technologies (drones, détecteurs…) et en moyens la protection de la frontière avec le Mexique, afin de freiner les arrivées de sans-papiers.

     

    Surtout, Donald Trump a selon les démocrates capitulé sur le mur frontalier qu’il s’est engagé à construire, reportant à « plus tard » la bataille pour le vote des crédits pour sa construction.

     

    « Il y a 800 000 jeunes, nous travaillons d’arrache-pied sur un plan », a déclaré Donald Trump à Washington. « Je pense que nous en sommes assez proches mais il nous faut une sécurité massive à la frontière ».

     

    Reste à finaliser, dans un texte de loi qui devra être adopté au Congrès, les détails de l’accord.

     

    Enregistré par un microphone d’ambiance dans l’hémicycle, Chuck Schumer s’est en tout cas confié à un collègue : « Il nous aime bien, en tout cas moi ».

     

    « Je lui ai dit qu’il fallait qu’il donne un coup à droite, un coup à gauche de temps en temps. Si vous restez toujours du même côté, vous êtes coincé », a raconté Chuck Schumer… assurant que le président le comprenait bien.

     

    « Je suis certaine que le président est sincère », a de son côté estimé Nancy Pelosi, disant qu’il s’agissait d’une première pierre, augurant peut-être d’autres accords dans d’autres domaines, comme les infrastructures.

     

    Donald Trump « est un président de téléréalité », dit à l’AFP l’expert John Hudak, de la Brookings Institution. « Quand il travaille avec les démocrates, il reçoit de bons commentaires médiatiques, de bonnes critiques. C’est pour cela qu’il semble enclin à continuer ».

     

    Chez les conservateurs, le principe du compromis était déjà perçu comme une trahison.

     

    « Un mur est un mur, les Américains ne s’y tromperont pas », a dénoncé l’élu conservateur Steve King sur CNN. « La base électorale va l’abandonner », a-t-il prévenu.














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