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    Retour en vogue de l’idée d’une assurance maladie universelle aux États-Unis

    14 septembre 2017 | Michael Mathes - Agence France-Presse à Washington | États-Unis
    Le sénateur progressiste Bernie Sanders, à Washington mercredi
    Photo: Andrew Harnik Associated Press Le sénateur progressiste Bernie Sanders, à Washington mercredi

    Le sénateur progressiste Bernie Sanders a présenté mercredi une proposition de couverture maladie universelle publique, une idée autrefois jugée utopique, mais qui gagne en popularité au sein de la gauche américaine… notamment chez les possibles futurs candidats démocrates à la Maison-Blanche.

     

    « Aujourd’hui, nous lançons la lutte longue et ardue pour mettre fin à une honte internationale, le fait que les États-Unis soient le seul grand pays à ne pas garantir l’accès aux soins à ses citoyens », a déclaré Bernie Sanders, entouré de parlementaires, de médecins et de militants associatifs dans une salle du Sénat.

     

    L’ancien rival d’Hillary Clinton aux primaires présidentielles démocrates en 2016 en avait fait le coeur de son projet de « révolution ». Hillary Clinton avait rétorqué qu’une nationalisation du financement du système d’assurance maladie était irréaliste, elle-même préférant promouvoir une réforme graduelle du système actuel, enchevêtrement de responsabilités privées et publiques.

     

    Un an après, face aux problèmes d’Obamacare, la réforme démocrate adoptée en 2010, l’idée d’une remise à plat a séduit une partie de la nouvelle garde démocrate, ces sénatrices et sénateurs qui réfléchissent à se présenter à la présidentielle de 2020 : Kamala Harris, Cory Booker, Kirsten Gillibrand… auxquels s’ajoute Elizabeth Warren, vénérable sénatrice du Massachusetts, idole de la gauche de la gauche.

     

    Ils ont cosigné la proposition de loi que Bernie Sanders, un indépendant « socialiste » apparenté au groupe démocrate, a dévoilée mercredi. Elle n’a aucune chance d’être adoptée, ni même débattue, dans un Congrès contrôlé par les républicains. Mais les démocrates préparent ainsi le terrain idéologique, dans l’optique d’une alternance en 2020.

     

    Pas moins de 17 des 48 sénateurs du groupe démocrate soutiennent l’initiative, considérée comme si radicale au moment des débats sur Obamacare, en 2009, qu’elle avait été rapidement marginalisée par la majorité alors démocrate.

     

    Medicare pour tous

     

    Les Américains sont couverts pour les risques maladie par des assurances privées, souvent via leurs employeurs, ou par l’État fédéral pour les plus modestes (programme Medicaid) ou les plus de 65 ans (Medicare).

     

    C’est justement Medicare, institution sacrée en Amérique, que Bernie Sanders propose d’élargir à toute la population, ce qu’il appelle un « Medicare pour tous ». Les soins resteraient assurés par le privé en majorité, mais cotisations et remboursements passeraient par le public, comme dans de nombreux pays européens.

     

    Les chefs de l’opposition gardent leurs distances avec Bernie Sanders, pour des raisons politiques. Ils entendent reconquérir la Chambre aux législatives de novembre 2018, ce qui passe par la reconquête de circonscriptions qui ont majoritairement voté pour Donald Trump l’an dernier. Dans celles-ci, mieux vaut être perçu comme un démocrate modéré que comme un lieutenant de « Bernie ».

     

    Quant à Hillary Clinton, elle n’a pas changé d’avis. En pleine promotion de son livre sur sa défaite, elle a redit que la proposition Sanders ne serait pas crédible tant qu’elle ne serait pas chiffrée.













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