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    Hillary Clinton publie son livre (et son discours de victoire)

    12 septembre 2017 | Ivan Couronne - Agence France-Presse à Washington | États-Unis
    Hillary Clinton est persuadée que c’est l’intervention du directeur du FBI, James Comey, 11 jours avant l’élection, qui lui a coûté l'élection présidentielle.
    Photo: Drew Angerer / Getty Images / Agence France-Presse Hillary Clinton est persuadée que c’est l’intervention du directeur du FBI, James Comey, 11 jours avant l’élection, qui lui a coûté l'élection présidentielle.

    Battue il y a 10 mois par Donald Trump, Hillary Clinton publie mardi aux États-Unis un récit personnel sur sa défaite. Elle y assume sa part de responsabilité, mais refuse d’absoudre les protagonistes externes, en premier lieu le FBI, la Russie et les médias américains.

     

    L’ancienne candidate, qui fêtera en octobre ses 70 ans, ne mâche pas ses mots sur le successeur de Barack Obama : un « menteur », « sexiste », indigne et incompétent. Elle dit s’être « frappé le front » en l’entendant expliquer récemment que le problème nord-coréen n’était « pas si simple ».

     

    Elle raconte le « choc » de la soirée du 8 novembre 2016, dans sa chambre d’hôtel de New York, le sentiment d’être « vidée », la « tristesse » qui ne la quitta pas pendant des semaines.

     

    Refusant antidépresseurs et psychanalyste, elle confie avoir trouvé refuge dans sa famille, une technique de respiration alternative enseignée par sa professeure de yoga, et le Chardonnay.

     

    « Il n’y a pas eu une journée depuis le 8 novembre 2016 durant laquelle je ne me suis pas posé la question : pourquoi ai-je perdu ? J’ai parfois du mal à me concentrer sur autre chose », écrit celle qui s’était fait une religion, depuis un quart de siècle, de ne jamais fendre l’armure en public.

     
    Son discours de victoire, tel que raconté dans «What Happened» (en anglais)

    I'd talk about how much I had learned over the course of the campaign by listening to people share their frustrations. I would be candid about how hard it had been to respond to the anger many felt and how painful it was to see our country so divided. But, I'd say, the outcome showed that "if you dig deep enough, through all the mud of politics, eventually you hit something hard and true: a foundation of fundamental values that unite us as Americans."

     

    I wanted to end the speech on a personal note. Throughout the campaign, my mother's story had been an emotional touchstone. Her perseverance spoke to the perseverance our country needed to overcome its own adversity, as well as the long struggle for women's rights and opportunities. With help from the poet Jorie Graham, we had written a closing riff for the speech that made me tear up every time I read it.

     

    I want to share it here because, as you know, I never got a chance to deliver it that night:

     

    « This summer, a writer asked me: If I could go back in time and tell anyone in history about this milestone, who would it be? And the answer was easy: my mother Dorothy. You may have heard me talk about her difficult childhood. She was abandoned by her parents when she was just eight years old. They put her on a train to California, where she was mistreated by her grandparents and ended up out on her own, working as a housemaid. Yet she still found a way to offer me the boundless love and support she never received herself... I think about my mother every day. Sometimes I think about her on that train. I wish I could walk down the aisle and find the little wooden seats where she sat, holding tight to her even younger sister, alone, terrified. She doesn't yet know how much she will suffer. She doesn't yet know she will find the strength to escape that suffering-that is still a long way off. The whole future is still unknown as she stares out at the vast country moving past her. I dream of going up to her, and sitting down next to her, taking her in my arms, and saying, "Look at me. Listen to me. You will survive. You will have a good family of your own, and three children. And as hard as it might be to imagine, your daughter will grow up and become the President of the United States." I am as sure of this as anything I have ever known: America is the greatest country in the world. And, from tonight, going forward, together we will make America even greater than it has ever been — for each and every one of us. »

     

    La sortie de What Happened (Ça s’est passé comme ça, version française disponible le 20 septembre) s’accompagne d’une tournée de promotion aux États-Unis et au Canada : séance de dédicaces mardi à New York, interviews, et 15 conférences payantes jusqu’en décembre.

     

    Dans une entrevue au quotidien USA Today mardi, elle se dit persuadée que l’équipe Trump a reçu l’aide de la Russie de Vladimir Poutine. « Il y avait sûrement des contacts, et sûrement une forme d’accord », dit-elle.

     

    Chaque entrevue est l’occasion pour la démocrate de répéter que l’utilisation d’un compte de courriel personnel comme chef de la diplomatie avait été une « erreur stupide », comme elle l’a encore dit mardi sur la radio NPR.

     

    Tourner la page ?

     

    Le livre alterne entre le tragicomique — le récit de la cérémonie d’investiture de Donald Trump, à laquelle elle a participé en tant qu’ancienne Première Dame —, le personnel et le politique.

     

    Elle éreinte son ex-rival des primaires, Bernie Sanders, et rejette les critiques émanant de la gauche du parti démocrate sur sa stratégie de campagne.

     

    Elle consacre surtout de nombreuses pages à énumérer les facteurs ayant contribué à sa défaite : désir de changement, rejet de sa personne, misogynie, sentiment de désaffection économique d’une partie des classes populaires blanches.

     

    Mais selon elle, Donald Trump a aussi exploité « l’anxiété raciale et culturelle » des Blancs. « Nombre de ces électeurs avaient peur que les gens de couleur — surtout les Noirs, les Mexicains et les musulmans — menacent leur mode de vie. »

     

    Tous ces facteurs, toutefois, n’ont pas suffi à eux seuls ; jusqu’au bout, les sondages l’ont placée en tête.

     

    Hillary Clinton est persuadée, citant notamment l’analyse du site FiveThirtyEight.com, que c’est l’intervention du directeur du FBI, James Comey, 11 jours avant l’élection, qui a fait basculer une fraction de l’électorat dans quelques États-clés vers Donald Trump, suffisamment pour assurer sa victoire. M. Comey avait soudainement rouvert l’enquête sur ses courriels, avant de la refermer deux jours avant le scrutin.

     

    Combinée aux messages internes piratés par la Russie et publiés par WikiLeaks, la réouverture de ce dossier brûlant a eu un effet dévastateur, démultiplié par l’obsession selon elle démesurée des journalistes politiques pour l’affaire.

     

    « Leur vrai problème est qu’ils ne peuvent supporter l’idée de faire face à leur propre responsabilité dans l’élection de Trump », dit-elle des médias. Le New York Times en prend pour son grade.

     

    Que prévoit Hillary Clinton aujourd’hui ? Elle assure qu’elle ne se représentera plus. « Mais je ne vais ni bouder ni disparaître. Je ferai tout pour soutenir les candidats démocrates », conclut-elle, ignorant les démocrates qui espèrent tourner, un jour, la page Clinton.

     

    « Ils peuvent éteindre la radio quand ils m’entendent », a-t-elle ironisé dans son interview à NPR. « J’ai l’expérience et les cicatrices qui me donnent non seulement le droit, mais le devoir de m’exprimer. »













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