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    L’ouragan «Irma» fait trois morts en Floride et se dirige vers la côte ouest

    Le président Donald Trump déclare l’état de catastrophe naturelle

    10 septembre 2017 19h34 |Leila Macor - Agence France-Presse, Karim Lebhour - Agence France-Presse | États-Unis
    L’ouragan Irma a été rétrogradé en catégorie 2 après avoir touché terre en Floride, dimanche.
    Photo: Chip Somodevilla / Getty Images / AFP L’ouragan Irma a été rétrogradé en catégorie 2 après avoir touché terre en Floride, dimanche.

    Miami — L’ouragan Irma, rétrogradé en catégorie 2 après avoir touché terre en Floridea fait ses premières victimes dans le sud et l’ouest de la région. Trois personnes ont perdu la vie dans des accidents de voitures, visiblement provoqués par les vents puissants et les pluies intenses.
     

    Une policière a été tuée dimanche dans une collision frontale près de la ville de Sarasota, sur la côte ouest de la Floride. L’autre conducteur a également été tué, a indiqué à l’AFP le shérif du comté de Hardey, Arnold Lanier. Un autre conducteur a également été tué samedi près de Key West, sur l’archipel des Keys, le premier territoire de Floride frappé par Irma.


    Ce bilan s’ajoute aux 27 morts dans les Caraïbes et aux énormes dégâts matériels déjà causés par l’ouragan.

    C’est avec des vents de 185 km/h qu’Irma a touché terre à Marco Island, dans l’ouest de la Floride, à 19 h 35 GMT. Alors classé en catégorie 3, sur une échelle de 5, il a ensuite été rétrogradé en catégorie 2, a indiqué le Centre américain des ouragans (NHC) à 21 h 00 GMT.

    Soufflant désormais à 175 km/h, Irma se trouve à une dizaine de kilomètres au nord de la station balnéaire de Naples et se dirige vers le nord de la Floride, à une vitesse de 22 km/h. La dépression devrait rester un ouragan jusqu’à lundi matin.

    « Une dangereuse marée de tempête est attendue immédiatement après le passage de l’œil le long de la côte ouest de la Floride », met en garde le NHC. L’alliance entre ce phénomène et la marée traditionnelle « provoquera des inondations dans des zones qui sont d’ordinaire sèches près de la côte », avertit le centre.

    Après avoir longé la côte, Irma devrait rentrer plus à l’intérieur des terres vers le nord de l’État et le sud-ouest de la Géorgie dans l’après-midi de lundi.

    État de catastrophe naturelle 

    Le président américain Donald Trump a déclaré l’état de catastrophe naturelle pour la Floride dimanche après-midi, permettant ainsi de débloquer des moyens supplémentaires pour venir en aide à la péninsule balayée par le gigantesque ouragan Irma.

    M. Trump a également annoncé qu’il se rendra « très vite » en Floride. « J’espère qu’il n’y aura pas trop de gens sur son chemin […] Nous avons essayé de mettre tout le monde en garde et pour la plupart ils sont partis », a lancé le président à son retour à la Maison-Blanche, après un week-end passé dans la résidence présidentielle de Camp David, où il s’est tenu informé de l’évolution de la situation dans le très touristique « Sunshine State ».


    Violente tempête 

    « ÉLOIGNEZ-VOUS DE L’EAU », a lancé le NHC à destination des habitants de la région de Marco Island et de Naples, où vivent plus d’un million de personnes. Les météorologues prévoient des inondations de 3,5 à 5 mètres dans ce secteur.

    C’est cette montée des eaux, plus encore que les vents, que l’on redoute à Naples. « Les gens n’écoutent pas, certains se disent “On a survécu à [l’ouragan] Wilma, on a survécu à Charley, cela se passera bien, on peut en traverser un autre” », s’insurge Virginia Defreeuw, une septuagénaire qui a abandonné son mobil-home pour un refuge. « Mais celui-ci est néfaste ».


    À quelque 250 kilomètres au nord de Naples, la ville de Tampa craint aussi l’impact de l’ouragan. Son maire, Bob Buckhorn, a cité l’ancien boxeur Mike Tyson : « Tout le monde a un plan jusqu’à ce qu’ils prennent un direct au visage, et bien on va bientôt en prendre un ».

    Avec des immenses plages de sable blanc, des grands hôtels et plusieurs millions d’habitants dans l’agglomération, la baie de Tampa est considérée comme la zone la plus vulnérable aux États-Unis face à un ouragan comme Irma.

    Les effets de cet ouragan de la taille du Texas n’épargnent pas la côte est. Miami est assaillie par des vents et une pluie très intenses. Au moins deux grues ont été partiellement emportées.

    Le quartier de Brickell sur le bord de mer est en partie inondé « par la marée qui passe au-dessus des digues » a témoigné à l’AFP Steven Schlacknam, un artiste de 51 ans.

    Les résidents de Floride doivent également craindre les tornades apportées par Irma. Plusieurs alertes ont été déclenchées, y compris pour la zone de Miami Beach.

    Près de deux millions de foyers et entreprises en Floride étaient privés d’électricité dimanche après-midi, selon la compagnie Florida Power and Light, qui a annoncé avoir « arrêté en toute sécurité » l’un des deux réacteurs nucléaires dans son usine de Turkey Point, à la pointe sud-est de la péninsule.

    L’enfer d’Irma est passé dimanche matin sur les Keys, dévorant bateaux et maisons abandonnés par les habitants de cet archipel au large de la Floride continentale, avec des rafales de vent calculées à 215 km/h.

    Les palmiers déracinés jonchaient les routes, des voiliers avaient rompu leurs amarres et étaient échoués sur la plage ou dans la mangrove. À Key West, célèbre station balnéaire qui abrite la maison du grand écrivain Ernest Hemingway et ses chats à six doigts, d’autres images postées sur les réseaux sociaux montraient les rues submergées par une pluie battante, des palissades et des poteaux électriques arrachés par le vent.

    Les Keys, une langue de terre très basse, avaient déjà été aux trois-quarts détruites par l’ouragan Donna il y a 57 ans jour pour jour, le 10 septembre 1960.



    Évacuation 

    La Floride a décrété des ordres d’évacuation d’une ampleur sans précédent : 6,3 millions de personnes, y compris la base aérienne de MacDill, quartier général du commandement central américain au Moyen-Orient (Centcom), située à Tampa. À Orlando, le centre spatial Kennedy était fermé.
     

    « C’est une tempête d’une énorme puissance destructrice, et je demande à tous ceux qui se trouvent sur le passage de la tempête de suivre TOUTES les consignes des responsables du gouvernement », a tweeté le président américain Donald Trump.

    Photo: Handout / NOAA/RAMMB / Agence France-Presse

    Impuissants face à Irma, des résidents de Floride ont suggéré de tirer en direction de l’ouragan, suscitant des mises en garde très officielles des autorités dans un État où le port d’une arme à feu est légal et très répandu.
     

    « Pour être clair, NE TIREZ PAS sur Irma. Cela ne l’arrêtera pas et aura des conséquences dangereuses », a cru bon de préciser le bureau du shérif du comté de Pasco, sur la côte ouest de la Floride, sur son compte Twitter.
     

    Partie comme un canular sur Internet, l’idée a rapidement été prise au sérieux, certains habitants de Floride allant jusqu’à suggérer d’utiliser des lance-flammes pour mieux disperser l’ouragan.

    «Alerte» cyclonique à La Havane

    À Cuba, où l’ouragan est arrivé dans la nuit de vendredi à samedi en catégorie 5 (la plus élevée avant d’être rétrogradé en catégorie 4 puis 3, Irma a provoqué des inondations jusqu’à La Havane et semé de nombreuses destructions dans le centre et l’est de l’île, mais sans décès recensé officiellement dans l’immédiat.
     

    Des vagues de sept mètres ont été enregistrées sur la côte nord. La Havane, où vivent deux millions d’habitants, a été placée en « alerte » cyclonique face au risque d’inondations.


    Les îles des Caraïbes ravagées

    L’ouragan Irma a dévasté auparavant plusieurs îles des Caraïbes, faisant au moins 27 morts : dix dans la partie française et deux dans la partie néerlandaise de Saint-Martin, quatre dans les îles Vierges américaines, six dans les Îles Vierges Britanniques et l’archipel d’Anguilla, deux à Porto-Rico, un à Barbuda.
     

    Les îles ravagées de Saint-Martin et Saint-Barthélemy ont vu avec soulagement un deuxième ouragan attendu, José (catégorie 4), passer samedi finalement plus loin que prévu.
     

    Confusion, désarroi et tensions régnaient toutefois chez les habitants de Saint-Martin après le passage d’Irma. Un chaos profitant aux pilleurs, qui se sont rués dans les magasins pour emporter frigos ou téléviseurs.
     

    Ailleurs dans les Caraïbes, les 1 600 habitants de l’île de Barbuda, dévastée par Irma en milieu de semaine et également menacée par José, avaient été évacués vers Antigua.













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