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    La Floride sous le souffle d'«Irma», Cuba toujours en alerte

    Au moins 76 000 personnes sont privées d’électricité alors que l'ouragan Irma approche

    9 septembre 2017 22h35 | Leila Macor - Agence France-Presse - avec Amandine Ascensio à Marigot à Miami | États-Unis
    L'horizon s'obscurcit sur les côtes de la Floride avec l'arrivée imminente d'«Irma».
    Photo: Joe Raedle / Getty Images / Agence France-Presse L'horizon s'obscurcit sur les côtes de la Floride avec l'arrivée imminente d'«Irma».

    Miami — Des vents très violents et une mer déchaînée commencent à battre l’extrême sud de la Floride, où le gigantesque ouragan Irma doit arriver dimanche, après avoir fait 25 morts et d’énormes dégâts dans les Caraïbes.

     

    « Je vais prier beaucoup, beaucoup. Avec mon papa et mes sœurs », confie Keilyn Mora, à l’AFP dans un refuge. Comme cette adolescente de 16 ans, des dizaines de milliers de personnes évacuées vont attendre dans l’angoisse l’arrivée sur la côte ouest de la Floride de cette dépression de la taille du Texas, tôt dimanche matin.

     

    Des centaines de milliers d’autres ont pris la route pour fuir vers le nord. Au total, 6,3 millions d’habitants — plus du quart de la population floridienne — ont eu l’ordre d’évacuer.

     

    Vers 01h00 GMT, l’œil de l’ouragan se trouvait à 170 kilomètres au sud-est de Key West, le point le plus au sud des États-Unis, avec des vents de 205 km/h. Mais Irma doit se renforcer en se rapprochant et redevenir un très dangereux ouragan de catégorie 4 avec des vents de plus de 240 km/h.

     

    Irma s’éloignait lentement, à seulement 15 km/h, de la partie nord de Cuba, où il a « gravement affecté » les provinces de Camagüey et de Ciego de Avila, selon les autorités. Les « cayos », chapelet d’îlots touristiques bordant le littoral, demeuraient coupés du monde samedi soir.

     

    Les premiers bilans font état de dégâts matériels très importants, aucun décès n’a été recensé officiellement.

     

    Des vagues de sept mètres ont été enregistrées sur la côte nord et La Havane, où vivent deux millions d’habitants, a été placée en « alerte » cyclonique face au risque d’inondations.
     

    Un sort similaire attend maintenant une bonne partie de la Floride.


    Pannes et craintes

    Le gouverneur de la Floride Rick Scott a indiqué en soirée qu’au moins 76 000 personnes étaient privées d’électricité alors que les premiers signes de l’ouragan Irma ont commencé à se manifester.

    M. Scott a dit s’attendre à ce que le nombre de pannes augmentent au fur et à mesure qu’Irma poursuit son approche.

    Il a rappelé à la population que la tempête représentait une menace mortelle.
     

    « Mon Dieu, la ville ne va jamais s’en remettre ! », se désolait à Cuba la jeune Francis, 19 ans, une des premières à être venue constater samedi les ravages de l’ouragan dans la ville de pêcheurs de Caibarién.

     

    Avec des rafales à 260 km/h au moment de l’impact, Irma est le premier ouragan d’une telle force à toucher directement Cuba depuis 1932. Des vagues de sept mètres ont été enregistrées sur la côte nord par le service cubain de météorologie et La Havane, où vivent deux millions d’habitants, a été placée en « alerte » cyclonique face au risque d’inondations.

     

    Après avoir atteint la catégorie 5, la plus élevée, Irma était relégué en catégorie 3 avec des pointes de vents à 205 km/h à 21 h 00 GMT. Mais l’ouragan devrait « se renforcer en chemin vers le sud de la Floride » et l’archipel américain des Keys qu’il doit frapper dès « dimanche matin », selon le NHC.

    Dans cet État du sud-est des États-Unis, il devrait provoquer « des inondations sur plusieurs centaines de kilomètres de côte à cause d’une marée de tempête potentiellement meurtrière », ont mis en garde les météorologues américains (NWS).

     

    En prévision, 6,3 millions d’habitants ont reçu ordre d’évacuer, soit le quart de la population de la Floride, contre 5,6 millions vendredi soir, selon les autorités.

     

    « C’est une tempête d’une énorme puissance destructrice et je demande à tous ceux qui se trouvent sur le passage de la tempête de suivre TOUTES les consignes des responsables du gouvernement », a tweeté le président américain Donald Trump.

    Il passe le week-end dans la résidence présidentielle de Camp David, d’où il avait également suivi les ravages de l’ouragan Harvey il y a deux semaines. « Le président et son cabinet […] sont régulièrement informés » de l’avancée d’Irma et de José, puissant ouragan de catégorie 4 qui suit dans le même sillage, a expliqué un responsable de la Maison-Blanche.

     



     

    Avec leur faible altitude, les îles des Keys sont particulièrement vulnérables à la montée des eaux. Et ailleurs en Floride, « la menace d’importantes inondations causées par la marée de tempête » s’est aggravée, a averti le gouverneur Rick Scott. Elle pourrait même atteindre 4,5 mètres de haut à la pointe sud-ouest de l’État. « Ça peut recouvrir votre maison […] Vous ne survivrez pas à la montée des eaux », a martelé le gouverneur.


    Après les Bahamas, qui n’ont fait état ni de victimes ni de dégâts majeurs, l’ouragan a abordé Cuba par l’archipel de Camagüey à 23 h vendredi (heures locales), avec des rafales à 260 km/h, selon le NHC. L’oeil du cyclone se trouvait alors à 485 km au sud-est de Miami en Floride (États-Unis).

     

    L’ouragan, le premier de cette force à toucher Cuba depuis 1932, « affecte gravement » le centre de l’île, selon les médias d’État cubains. Les deux millions d’habitants de La Havane, en état d’alerte, devraient en subir les effets dès samedi.

     

    À Caibarien, principale ville de la côte nord de Villa Clara, un journaliste de l’AFP a rapporté vers 5 h (heures locales) l’irruption de violentes rafales et d’une forte houle. Les quelque 40 000 habitants demeuraient cloîtrés.

     

    Avant l’arrivée d’Irma, un million de personnes avaient été évacuées par précaution et plus de 10 000 touristes étrangers sur la côte nord transportés en lieu sûr.

     

    État d’urgence

     

    Aux États-Unis, traumatisés fin août par l’ouragan Harvey au Texas et en Louisiane (au moins 42 morts), Irma devrait frapper l’archipel touristique des Keys (sud de la Floride) samedi soir ou dimanche avant de poursuivre vers la Géorgie et la Caroline du Sud. Ces trois États ainsi que la Virginie plus au nord sont en état d’urgence.

     

    Le vent soufflait fort samedi à Miami, dont les avenues bordées de hauts palmiers et l’immense plage de sable étaient inhabituellement désertes avant l’arrivée de l’ouragan Irma. De rares habitants faisaient pourtant de la résistance malgré les appels à évacuer.

     

    Ignorant le vent soulevant le sable de Miami Beach, Phillip, sans-abri âgé de 39 ans, reste assis sur un banc non loin de cette célèbre plage américaine. « Je connais cet endroit, je vis ici. Je ne vais pas partir. J’irai juste là où ce n’est pas inondé », explique-t-il.


    Un véritable exode vers le nord embouteillait les routes, avec des matelas, des bouteilles de gaz ou des kayaks sur le toit des voitures.

     

    « Irma reste un ouragan extrêmement dangereux ! » avec de premières manifestations dans les Keys, ont twitté samedi matin les services météorologiques, « il n’est pas trop tard pour quitter les Keys ! ».

     

    Irma sera pire que l’ouragan Andrew (65 morts en 1992), a averti le gouverneur de Floride, Rick Scott, estimant que les 20,6 millions d’habitants de l’État devaient se préparer à fuir. « C’est une tempête puissante, plus grande que notre État », a-t-il insisté.

     

    Un couvre-feu a été déclaré à Miami à partir de samedi 19 h 00, heure locale, et dès 16 h 00 dans plusieurs villes plus au nord, comme Fort Lauderdale.
     

    « La tempête est déjà là », a tonné le gouverneur Scott. « Et la montée des eaux survient après le vent. Ne pensez pas que tout se termine une fois que le vent est passé », a-t-il martelé.
     

    À Miami Beach, station balnéaire au style art déco d’ordinaire remplie de touristes, l’ambiance était lunaire, avec de nombreux magasins fermés. Sur les protections en contreplaqué, des inscriptions lançaient : « dites non à Irma » ou « Irma, tu ne nous fais pas peur ». Des vagues de près de 4 mètres et des inondations dévastatrices sont redoutées.

     

    « C’est effrayant », a confié à l’AFP dans un abri à Miami Orlando Reyes, un Américano-Cubain de 82 ans contraint d’évacuer. « Nous avons dû partir sans un cent, sans prendre un bain ni emporter quoi que ce soit ».

     

    Dans le quartier de Sunnyside à Miami, où habitent surtout des Cubains aux revenus modestes, ceux qui n’ont pas encore évacué ou cherché une place dans un abri tentaient tant bien que mal de protéger leurs habitations.

     

    « Les toitures vont s’envoler de toute façon, ces mobile-homes sont pourris », ironisait, résigné, Pedro Marti, un plombier cubain de 49 ans, en fixant des planches de contreplaqué. Une protection qu’il jugeait lui-même « ridicule » : « Je ne retrouverai rien quand je reviendrai ».

     

    Pour venir en aide aux autorités fédérales ou locales, l’US Navy a annoncé vendredi l’envoi depuis le port de Norfolk, en Virginie, d’un porte-avion, l’USS Abraham Lincoln, de deux véhicules de débarquement amphibies et d’un destroyer.

     

    Ces quatre navires transportant 300 hommes et 27 hélicoptères devront apporter si besoin une aide médicale, maritime, logistique et sécuritaire aux personnes affectées.

     

    Bilan provisoire

     

    L’ouragan a déjà fait au moins 25 morts à son passage destructeur dans les Caraïbes : dix dans la partie française et deux dans la partie néerlandaise de Saint-Martin, quatre dans les îles Vierges américaines, six dans les Îles Vierges Britanniques et l’archipel d’Anguilla, deux à Porto-Rico, une à Barbuda.

     

    Les îles ravagées de Saint-Martin et Saint-Barthélemy ont été placées samedi en « alerte maximale », avec confinement des populations, avant l’arrivée de l’ouragan José.

     

    « On ne sait pas comment se préparer ni même ce qui nous attend », raconte Steeve, un habitant de Marigot, le chef-lieu de la partie française de Saint-Martin, qui va se calfeutrer dans sa maison.

     

    Confusion, désarroi et tensions régnaient chez les habitants de l’île cinq jours après le passage d’Irma. Un chaos profitant aux pilleurs, qui se sont rués dans les magasins pour emporter frigos ou téléviseurs.

     

    Ailleurs dans les Caraïbes, les 1.600 habitants de l’île de Barbuda, dévastée par Irma en milieu de semaine et également sur la route de José, ont été évacués vers Antigua.

     

    Un troisième ouragan, Katia, a été rétrogradé en tempête tropicale samedi matin après avoir touché durant la nuit de vendredi à samedi, en catégorie 1, la côte atlantique du Mexique déjà durement frappé la nuit précédente sur sa façade pacifique par un séisme d’une magnitude de 8,2 qui a fait au moins 61 morts. La tempête apportait toutefois des pluies susceptibles de générer des inondations et des glissements de terrain.

    Jose est passé plus loin que prévu, épargnant Saint-Martin et Saint-Barthélemy

    Paris — L’ouragan Jose, de niveau 4 sur une échelle de 5, est passé plus loin que prévu de Saint-Martin et Saint-Barthélemy et a eu des effets « nettement moins marqués » sur ces deux îles antillaises déjà dévastées par le cyclone Irma, selon Météo France. Les deux îles placées en alerte maximale ont été épargnées par José, d’après les journalistes de l’AFP présents sur place. « Il n’y a même plus un nuage », selon l’une d’elle. D’après Météo France, « le centre de Jose est passé à environ 135 km de Saint-Barthélemy et 125 km de Saint-Martin » et s’éloigne désormais des deux territoires. « Du fait d’un passage plus lointain que prévu, les effets en cours sur le territoire sont nettement moins marqués », selon le service de prévision.



    Avec Associated Press













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